Cet article fait partie de la série Domotique (18 articles au total)

Avec le changement d’heure et le temps qui se rafraîchit, la France s’apprête à rentrer dans la période la plus énergivore de l’année en terme d’électricité. Aujourd’hui je vous propose donc un moyen simple et peu cher de garder un œil sur votre consommation électrique ! Quel intérêt ? Tout simplement, le fait de voir l’impact de votre mode de vie sur votre consommation d’énergie, premier pas pour réaliser des économies dans ce domaine !

Cet article fait partie d’une série dédiée à la domotique dont vous pourrez trouver le sommaire au bas de cet article.

A qui s’adresse cet article ?

Contrairement aux autres articles de ma série domotique, vous pourrez mettre en application ces informations même si vous n’avez pas de système domotique. En fait le tuto du jour pourrait même être la première pierre de votre future solution domotique ! Bien entendu, pour ceux qui utilisent déjà Domoticz et le RFXCom, vous pourrez aller encore plus loin comme vous le verrez en fin d’article :)

Contrairement aux solutions à base de téléinfo, le type de compteur n’a pas d’importance ici (et oui, que vous ayez un compteur Linky ou un modèle plus ancien avec la roue dentée qui tourne, vous pourrez appliquer cet article chez vous).

La liste des courses

Aujourd’hui on fait dans le simple, on n’aura besoin que d’un seul nouveau jouet. Il s’agit d’un système de suivi d’énergie composé de 2 parties : un petit boitier autonome que l’on va placer près du tableau électrique, et un écran sans fil qui vous permettra de suivre votre consommation d’énergie et les dépenses associées.

J’ai choisi de tester un modèle relativement simple mais qui chez moi fait le boulot : le OWL micro+ cm180. Ce modèle gère les installations électriques classiques (monophasé, avec jusqu’à 3 plages horaires de tarifications différentes). Si votre installation électrique est plus complexe (triphasé par exemple), ou que vous souhaitez envoyer vos données vers un ordinateur ou dans le cloud, d’autres modèles sont disponibles chez OWL et s’utilisent à peu près de la même manière.

Le kit de suivi de consommation électrique CM180 de chez OWL

Le kit de suivi de consommation électrique CM180 de chez OWL

Déballage de l’appareil

Le CM180 tout juste déballé, voici ce que vous devriez obtenir :

CM180 Déballé. A gauche, l'émetteur avec sa pince ampèremétrique. A droite le récepteur/écran.

CM180 Déballé. A gauche, l’émetteur avec sa pince ampèremétrique. A droite le récepteur/écran.

On retrouve la pince ampèremétrique avec son boitier (émetteur), ainsi que l’écran de suivi (récepteur). Les piles pour alimenter tout ce petit monde sont également fournies.

Installation

Attention pour l’installation : ça n’est pas compliqué, mais comme il faut travailler à proximité de courant fort, mieux vaut travailler avec le compteur électrique coupé !

La procédure est détaillée dans le manuel (je vous en mets une copie ici), et on est guidé pour :

  • configurer l’écran de suivi(et notamment le type de tarification : heures pleines/heures creuses dans mon cas)
  • réaliser l’association entre l’émetteur et le récepteur
  • installer la pince ampèremétrique

Pour ceux qui se demandent comment cela fonctionne, c’est la pince ampèremétrique qui est positionnée sur le câble de phase entre votre compteur et votre tableau électrique. Cette pince est capable de mesurer l’intensité du courant qui passe dans le câble de phase et donc d’en déduire les kilowattheures consommés. Ces informations sont transmises à l’écran de suivi qui en fonction de la plage horaire saura le tarif à appliquer.

owl-sensor-installation-ilustration

La pince ampèremétrique du CM180 est à positionner sur le câble de phase, entre votre compteur EDF et votre tableau électrique.

Que peut-on faire avec le CM180 ?

Une fois l’heure et votre tarif réglé sur le l’écran, celui-ci va vous remonter votre consommation de la journée en kwh et en euros. Il est possible de se fixer des objectifs à ne pas dépasser, de comparer le jour actuel aux jours passés, la semaine courante avec la semaine précédente, et même chose avec le mois. Tout ça fonctionne tout seul et s’utilise plutôt simplement.

Quelle intégration possible dans Domoticz ?

Si vous avez la chance de posséder le même système que moi les choses vont devenir encore plus intéressantes car vous allez pouvoir récupérer les valeurs du CM180 dans Domoticz et visualiser tout cela avec des graphes plutôt explicites !

En fait, dès que vous avez mis en service le CM180, il y a de bonnes chances que votre RFXCom le repère et vous l’affiche dans la liste des périphériques avoisinants (onglet Configuration/Dispositif). Si ça n’est pas le cas (ce fut mon cas !), il vous faudra certainement mettre à jour le Firmware de votre RFXCom. Pour moi tout est rentré dans l’ordre après ça.

Comme d’habitude, on clique sur la petite flèche verte et on choisit un nom qui vous permettra ensuite de retrouver ce compteur de consommation dans l’onglet “Mesures”. Voici ensuite ce que l’on peut visionner depuis le tableaux de bord :

Variation de consommation en temps réel (Facile de repérer dessus les appareils énergivores)

Dans les appareils énergivores, on oublie souvent le petit électroménager (micro-onde, bouilloire, grille pain...)

Dans les appareils énergivores, on oublie souvent le petit électroménager (micro-onde, bouilloire, grille pain…)

Cumul de chaque jour sur une semaine

Ici on voit facilement si la consommation est homogène en fonction des journées

Ici on voit facilement si la consommation est homogène en fonction des journées

Évolution de la consommation sur un mois, ou même une année (dans ces cas là je n’ai pas assez de données pour pouvoir vous montrer quelque chose de parlant… il faudra patienter quelques temps !).

Pas très significatif pour l'instant, j'essaierai de mettre ça à jour dans quelques semaines :)

Pas très significatif pour l’instant, j’essaierai de mettre ça à jour dans quelques semaines :)

Le suivi d’énergie et moi : une longue histoire

Avant de vous laisser, sachez que je n’en suis pas à ma première tentative en matière de suivi de ma conso d’énergie. Dans mon appartement précédent j’avais opté pour un montage très geek à base d’électronique branché sur le port téléinfo de mon compteur EDF et la consommation était relevée par une Neufbox modifiée qui envoyait les données sur EmonCMS, la brique logicielle du projet OpenEnergyMonitor. Un beau système, mais compliqué à mettre en oeuvre pour ceux qui n’ont pas de compteur EDF numérique, ou ceux qui ont leur compteur EDF en bordure de propriété, voire sur leur palier.

Ici cette solution me plait car elle devrait convenir au plus grand nombre, ne nécessite pas de compétences extraordinaires et s’intègre bien dans mon système existant. Je suis toujours amusé de voir les promesses de compteurs nouvelle génération comme le Linky d’EDF, censé rendre la vie plus belle aux consommateurs en leur permettant notamment de suivre leur consommation d’électricité… Voilà, vous savez désormais aussi comment faire sans compteur du futur :)


Cet article fait partie de la série Domotique (18 articles au total)

La plupart des amateurs du RaspberryPi ont déjà eu vent de la nouvelle : en juillet 2014, la fondation Raspberry a sorti un nouveau modèle de son ordinateur à 35€, je veux bien sûr parler de la mouture “B plus” du RaspberryPi. Même si les nouveautés ne sont pas extraordinaires, il y a quand même quelques points d’attention qui m’ont poussé à migrer ma solution domotique sur ce modèle !

Quelles nouveautés sur le RaspberryPi B+ ?

  • 4 ports USB, et l’alimentation de ceux-ci peut désormais monter à 1.2A
  • Adieu la carte SD qui dépasse : On passe à une micro-sd qui est beaucoup plus discrète une fois en position
  • Consommation électrique plus faible : On parle ici de 0.5 à 1W de moins. Ca ne métamorphosera pas votre facture EDF,  mais pour un ordinateur qui en consommait 3-4W, cela fait une belle marge de progression !
  • Plus de pins GPIO : On passe de 26 à 40 pins, ce qui autorise une connectique plus riche. La compatibilité devrait être assurée avec la majorité des cartes utilisant l’ancien port 26 pins. Je dis la majorité car le connecteur P5 ayant été déplacé, les cartes qui en tiraient parti comme la Wolfson Audio card devront évoluer pour fonctionner sur ce modèle.
  • Circuit audio amélioré : rappelez-vous, je m’en plaignais et , la fondation a donc travaillé le sujet. Alors certe on n’égalera certainement pas les performances de la carte de chez Wolfson mais c’est toujours un pas en avant !
  • Intégration facilitée : On retrouve désormais 4 points de montage, disposés en rectangle, et les connecteurs USB ont enfin été alignés !
Le RaspberryPi modèle B+ Face au modèle B

Le RaspberryPi modèle B+ Face au modèle B

Quel intérêt pour domoticz ?

En fait c’est un ensemble de petites choses qui m’ont incité à franchir le pas. Si vous avez lu la description des différences avec le modèle B vous les aurez peut-être devinées :

  • une consommation électrique plus faible
  • les 4 ports USB natifs permettent désormais de brancher plus de 2 périphériques USB sans avoir recours à un hub
  • Et enfin… une meilleure portée avec le RFXCom ! Comment est-ce possible ? Auparavant, la limitation du courant disponible était telle que le rayon d’action du RFXCom était assez limité, et j’avais dû avoir recours à un hub USB alimenté séparément pour avoir une portée décente. Avec le modèle B+ du RaspberryPi, j’ai pu ranger mon hub dans un tiroir, sans voir mon RFXCom bridé.

Migration de domoticz du modèle B vers B+

Dans mon cas j’ai préféré partir d’une plateforme propre plutôt que de faire une copie complète de ma carte SD existante. J’ai donc installé la dernière version de Raspbian, une nouvelle instance de domoticz, et pour finir, j’ai utilisé la fonctionnalité de sauvegarde/restauration de base, accessible dans les options de domoticz. Tout a fonctionné à merveille, la bascule aura été bouclée en quelques minutes.

Le bouton qui vous permettra de sauvegarder données et config de Domoticz

Le bouton qui vous permettra de sauvegarder données et config de Domoticz

Si cela vous dit de faire le grand saut, vous trouverez le nouveau modèle de RaspberryPi sur Amazon et dans toutes les autres bonnes crèmeries habituelles ! Et pour la carte micro-sd j’ai opté pour ce modèle de chez Sandisk qui me donne entière satisfaction. N’hésitez pas à me faire part de vos retours dans les commentaires si vous tentez le coup !


Cet article fait partie de la série Domotique (18 articles au total)

Après les dernières aventures matérielles pour piloter nos chauffages électriques, je vous propose un épisode où l’on gardera les mains propres :) Aujourd’hui, on va implémenter un thermostat logiciel qui va permettre de maintenir une pièce à une température donnée. Pour cet épisode, vous n’aurez même besoin d’aucun matériel supplémentaire !

Cet article est le 6ème d’une série dédiée à la domotique dont vous pourrez trouver le sommaire au bas de cet article.

Le principe du thermostat de chauffage

Dans chacune de mes pièces, j’ai une sonde de température (cf Episode 2), ainsi qu’un chauffage électrique (cf Episode 4). L’objet de l’exercice du jour sera donc d’asservir le chauffage à cette sonde : on va donc l’allumer ou l’éteindre en fonction de la température mesurée dans la pièce ! Pour éviter que le chauffage passe son temps à s’allumer et à s’éteindre, on va ajouter une “marge d’erreur” (on appelle cette marge l’hystérésis). Concrètement, si l’on souhaite maintenir une pièce à une température de consigne de 20°C et que l’on choisit une hystérésis de 0.5°C, on va allumer le chauffage quand la température va passer en dessous de 19.5°C et l’éteindre au delà de 20.5°C.

L'évolution de la température d'une pièce avec une régulation par hystérésis. Ici on cible une température de 20°C avec une marge d'erreur de 1°C

L’évolution de la température d’une pièce avec une régulation par hystérésis. Ici on cible une température de 20°C avec une marge d’erreur de 1°C. (Crédits : domotique-store.fr)

Mon cahier des charges

J’ai choisi de commencer avec quelque chose de simple.

  • Un interrupteur virtuel pour chacune de mes pièces dans Domoticz.
  • Le thermostat de la pièce en question sera actif quand l’interrupteur virtuel sera en position ON.
  • La température de consigne n’est pas modifiable directement depuis l’interface de Domoticz
  • La techno utilisée ne supportant pas le retour d’état, je cherche un moyen de fiabiliser le système

La mise en oeuvre

Etape 1 : Créer l’interrupteur virtuel

Si vous ne l’avez pas déjà fait, dans la partie Configuration/Matériel de Domoticz, ajouter un périphérique de type “Dummy”. Tous nos interrupteurs virtuels y seront rattachés.

Périphérique virtuel auquel seront rattachés nos interrupteurs virtuels

Périphérique virtuel auquel seront rattachés nos interrupteurs virtuels

Dans l’onglet “Interrupteurs”, cliquez sur “Ajout manuel” et ajoutez un interrupteur ON/OFF du type qui vous plaira (seul impératif : le rattacher au périphérique “Dummy” créé précédemment).

Création d'un interrupteur virtuel. Les valeurs sélectionnées (Type, Code...) n'ont pas d'importance.

Création d’un interrupteur virtuel. Les valeurs sélectionnées (Switch Type, Unit Code…) n’ont pas d’importance.

A partir de ce moment, vous avez un bel interrupteur, en l’occurrence “Thermostat salon”, que vous pouvez allumer et éteindre à loisir ! Rajoutons un peu de magie derrière tout cela ;)

Interrupteur virtuel finalisé. Il ne reste plus qu'à animer tout cela !

Interrupteur virtuel finalisé. Il ne reste plus qu’à animer tout cela !

Etape 2 : Création du script

Domoticz permet d’écrire des scripts LUA pour exécuter de petits scénarios. Aujourd’hui on va justement s’en servir pour implémenter cette logique de thermostat ! Chaque script est à placer dans le répertoire scripts/lua de domoticz. Pour cet exemple, j’ai donc créé un fichier script_device_thermostat-salon.lua dans ce dossier (le nom du fichier doit impérativement commencer par “script_device_” comme expliqué dans le wiki de domoticz).

Le contenu du fichier

Pour adapter ce script à votre installation, il suffit de modifier les quelques variables entre les lignes surlignées en jaune (8 à 12).

Comment le script fonctionne ?

Chaque fois qu’une nouvelle valeur est reçue de la part de la sonde du salon (et si l’interrupteur virtuel du thermostat est actif), on compare la température actuelle de la pièce à la température de consigne (+ ou – l’hystérésis). Si nécessaire on allume le radiateur (en coupant le signal sur le fil pilote) ou on lui demande de s’éteindre (en envoyant un signal sur le fil pilote).

Le fait que le script soit rattaché à un interrupteur est super pratique. Déjà cela permet de lancer le thermostat en 1 clic, mais surtout cela permet d’y associer des plannings, pour faire en sorte par exemple que le chauffage se coupe la nuit, qu’il se mette en route 1h avant votre retour du travail etc…

Quelles améliorations ?

Ce système a le mérite de fonctionner, je l’ai mis en œuvre tout cet hiver mais il existe plusieurs améliorations possibles :

  • utiliser un algorithme de régulation plus performant (thermostat à base de régulateur PID par exemple)
  • prendre en compte la gestion de plusieurs sondes/radiateurs par pièce (pour les grandes pièces)
  • fournir à l’utilisateur la possibilité de spécifier sa température souhaitée dans l’interface de Domoticz, plutôt que dans le script

Voilà, j’espère que cet article vous aura plu et vous donnera envie d’aller encore plus loin dans la domotique ! N’hésitez pas à partager vos pensées et questions dans les commentaires.


Cet article fait partie de la série Domotique (18 articles au total)

Enfin ! Après des mois de silence me revoici :) Aujourd’hui au programme, un article qu’un bon nombre de personnes attendait : comment piloter son chauffage électrique ! Et quand je parle de chauffage, je désigne par là tout ce qui va du grille pain old-school au dernier radiateur à inertie solide, en passant par les panneaux rayonnants, les radiateurs à fluide etc, etc…

Cet article est le 5ème d’une série dédiée à la domotique dont vous pourrez trouver le sommaire au bas de cet article.

Une contrainte : la présence d’un “fil pilote”

La seule contrainte à respecter est la présence d’un “fil pilote”. Une invention franco-française qui permet normalement de contrôler le déclenchement du chauffage via un thermostat. Physiquement cela se traduit par un fil supplémentaire pour brancher le chauffage (généralement de couleur noire), en plus des habituels fils de phase et neutre (il n’y a souvent pas de prise de terre sur les convecteurs).

Les 3 fils du radiateur. On voit bien ici le fil pilote, en noir.

Les 3 fils du radiateur. On voit bien ici le fil pilote, en noir.

Si vous ignorez si vos radiateurs sont munis de fil pilote, une manière simple de le deviner est de regarder les “réglages” proposés par votre radiateur. Si en plus de la traditionnelle molette, vous avez un curseur avec des positions (“off”, “on”, …) dont une symbolisée par une petite horloge, alors c’est que votre radiateur possède un fil pilote :)

Si votre radiateur possède la position avec l'icône d'horloge, alors il a un fil pilote.

Si votre radiateur possède la position avec l’icône d’horloge, alors il a un fil pilote.

Attention cher lecteur

Dans l’article d’aujourd’hui, on va manipuler les branchements du radiateur, où circule du 220V ! Toutes ces manipulations doivent être effectuées avec le compteur électrique coupé ! Merci de ne te lancer dans l’aventure que si tu comprends ce que tu fais. Je ne saurais être tenu comme responsable de toute dégradation ou dommage, qu’ils soient matériels ou pas !

Un rappel de mes contraintes

Depuis le départ, je me suis imposé un certains nombres de règles dans la domotisation de mon appartement :

  • Le système domotique doit être le moins traumatisant possible : je suis locataire, pas question d’abîmer quoi que ce soit !
  • En cas de panne du système domotique, il doit être possible de continuer d’utiliser le chauffage manuellement

Bonne nouvelle, l’article d’aujourd’hui permet de respecter tout ça ;)

Un peu de théorie sur le fil pilote

Le fil pilote est un circuit de commande pour le chauffage. En fonction du signal qui circule sur ce fil, le chauffage peut-être allumé, arrêté, mis en mode hors gel, confort, etc… Il y a jusqu’à 6 modes différents. Voici un petit tableau qui récapitule les différents ordres possibles :

Les différents ordres existants sur fil pilote, avec le signal associé.

Les différents ordres existants sur fil pilote, avec le signal associé.

Le principe aujourd’hui, sera donc d’utiliser un module sans-fil branché sur le fil pilote, afin de pouvoir envoyer un signal dessus, et donc piloter le radiateur. On va faire simple puisqu’on ne va gérer que 2 ordres différents : le mode confort et l’arrêt du chauffage. Pour que le chauffage réagisse à ces ordres, il faudra positionner le curseur du radiateur sur la position “Horloge”, sans quoi les ordres seraient ignorés. C’est là aussi tout l’avantage de ce procédé : en cas de dysfonctionnement du fil pilote (ou du système qui l’utilise), on pourra toujours utiliser les radiateurs manuellement en sélectionnant un autre mode que cette “position horloge”.

L’accessoire du jour : le module ON/OFF encastrable

Pour parvenir à cet objectif, nous allons utiliser un nouveau type de module sans-fil : les modules ON/OFF encastrables. On les installera derrière chaque chauffage, dans la boite d’encastrement existante, il n’y aura donc aucun fil à tirer ou mur à attaquer. Cette intervention sera complètement invisible une fois terminée.

Module encastrable sans-fil chacon

Module encastrable sans-fil chacon

La liste des courses

Pour l’opération du jour, nous aurons besoin  par radiateur des éléments suivants
Niveau matériel, je vous recommande d’avoir sous la main :

Après t’es grand, si tu préfères tenter le coup avec tes ciseaux “Maped” t’as le droit… Il n’empêche que les bons outils facilitent bien la vie ! Et en plus tu pourras t’en resservir !

Si en plus tu as choisi l’option “bricoleur fou”, il te faudra un fer à souder, de l’étain, et un briquet (c’est pour la gaine thermo, mais s’il sert habituellement à allumer tes cigarettes ça marche aussi).

Pour les tests, je vous recommande d’avoir une télécommande compatible avec votre module. Moi j’ai celle-ci, mais n’importe quelle télécommande chacon ou DIO fera l’affaire.

Étape 1/6 : Préparer la diode (facultatif)

Cette étape ne concerne que les bricoleurs fous n’ayant pas choisi d’acheter la diode précablée.

L’opération est simple : on veut rallonger les pattes de la diode et sécuriser le tout. Concrètement, on va souder un bout de fil électrique de chaque côté (dans mon cas un fil de terre), et on va “emballer” le tout dans de la gaine thermo-retractable pour que ce soit propre et sans risque (bon là aussi, si tu préfères utiliser du ruban isolant électrique tu as le droit, ça fera la même chose).

Ici la diode a été soudée, il ne reste plus qu'à protéger le tout dans de la gaine thermo-retractable

Ici la diode a été soudée, il ne reste plus qu’à protéger le tout dans de la gaine thermo-retractable

Ici la diode a été isolée avec de la gaine thermo-retractable.

Ici la diode a été isolée avec de la gaine thermo-retractable.

Étape 2/6 : On coupe le courant !

cette étape est indispensable et concerne tout le monde ! On coupe le courant ! De préférence le disjoncteur général, comme ça on est sûr de ne pas écourter bêtement cette vie de geek.

Étape 3/6 : On débranche le radiateur

Déposer le radiateur et défaire ses branchements

Cette étape dépend du type de radiateur électrique installé. Pour les miens, il faut les incliner pour les décrocher du mur, laissant apparaitre un cadre métallique et le branchement mural du chauffage.

Le radiateur déposé laisse apparâitre son cadre de fixation et ses branchements

Le radiateur déposé laisse apparâitre son cadre de fixation et ses branchements

On décroche alors le cache de la prise (souvent il suffit de tirer sur les coins pour dévoiler les vis de maintien). On pourra alors accéder au câblage du radiateur. Normalement si votre installation électrique est aux normes, vous devez vous retrouver avec un fil rouge ou marron (phase ?), un bleu (neutre ?), un noir (le fil pilote), et un bicolore vert et jaune (la mise à la terre).

De base, il y a au moins 2 câbles (phase + neutre) du radiateur qui sont branchés, il faut tout débrancher !

Étape 4/6 : On installe le module sans-fil

Avant de vous lancer sur les câbles du radiateur, je vous conseille de préparer votre module en lui fixant la diode et de petits morceaux de fil électrique pour faciliter le branchement.

Le module chacon prêt à brancher ! Attention au sens de la diode (cf schéma)

Le module chacon prêt à brancher ! Attention au sens de la diode (cf schéma ci-dessous)

C’est l’étape la plus importante, car un mauvais branchement peut occasionner le décès du module, du radiateur, ou le vôtre suivant votre erreur… Donc encore une fois, ne faites ces manipulations que si vous comprenez ce que vous faites, et faites le toujours avec le courant coupé ! Le schéma suivant montre le câblage à réaliser !

Schéma de câblage pour connecter radiateur, diode et module sans-fil Chacon CH54555

Schéma de câblage pour connecter radiateur, diode et module sans-fil Chacon CH54555

Pour cette étape, les borniers WAGO sont utiles car très compacts et manipulables sans outils. Parfois, avec les câbles multibrins (c’était le cas sur mon radiateur), la flexibilité du câble peut poser soucis pour l’enficher dans le bornier. Une solution que j’ai trouvé pour ne pas me prendre la tête est d’étamer le bout du câble du radiateur, ce qui aura pour effet de le rigidifier !

Une fois terminé, si vous avez bien travaillé, vous ne devriez plus voir aucun morceau de câble dénudé !

Module chacon installé. Là vous devinez que le plus difficile ça va être de tout rentrer dans le mur !

Module chacon installé. Là vous devinez que le plus difficile ça va être de tout rentrer dans le mur !

Étape 5/6 : On teste

Pour cette étape il faut remettre le courant. Avant de le faire, vérifier que toutes les connexions sont isolées électriquement.

Avant de tout rentrer dans la boîte d’encastrement, il faut procéder à l’association du module avec votre télécommande. Cette étape dépend du module acheté, sur les miens il faut presser un petit bouton pour que le module passe en mode “association” et ensuite appuyer sur le bouton ON de la télécommande qui pilotera votre module.

Si vous avez réussi l’étape d’association, vous devriez être en mesure de piloter le module (et donc le radiateur) depuis votre télécommande. Un appui sur OFF va ALLUMER le radiateur, tandis qu’un appui sur ON va l’ETEINDRE. Ce n’est pas une erreur ! C’est le mode de fonctionnement du fil pilote : en l’absence de courant (OFF) sur le fil pilote, le radiateur s’allume. Pour nous le fil pilote se limite donc à ces deux ordres :

Sans courant, on sera en mode "Confort". Avec courant, la diode filtrera les demi-alternances négatives ce qui nous permettra de positionner le radiateur dans le mode "Arrêt".

Sans courant, on sera en mode “Confort”. Avec courant, la diode filtrera les demi-alternances négatives ce qui nous permettra de positionner le radiateur dans le mode “Arrêt”.

Une fois que le module réagit correctement, il est temps de tout ranger tout ça dans la boîte d’encastrement et de remettre le “capot”. Je vous conseille de couper le courant à nouveau le temps de cette opération.
Le module est enfin casé ! Notez que j'ai du lui couper ses "oreilles" pour le faire loger là !

Le module est enfin casé ! Notez que j’ai du lui couper ses “oreilles” pour le faire loger là !

 

Terminé ! Impossible de faire la différence avec l'installation précédente vu d'ici

Terminé ! Impossible de faire la différence avec l’installation précédente vu d’ici

Etape 6/6 : On règle dans Domoticz

Suite à vos essais avec la télécommande, Domoticz devrait avoir capté le signal émis par celle-ci et afficher un nouvel appareil inconnu dans la section “Périphérique”. Cliquez sur la flèche verte de la ligne correspondante, donnez un nom à votre radiateur (dans mon cas “Radiateur salon”) et tadaaaa ! Votre radiateur est maintenant pilotable en un clic !

Le radiateur est désormais visible dans Domoticz

Le radiateur est désormais visible dans Domoticz

Si vous avez bien respecté la procédure (d’abord l’association à la télécommande puis l’ajout dans Domoticz), vous devriez voir le statut du radiateur se mettre à jour même lorsque vous le changez d’état à l’aide de la télécommande. Ainsi, même en cas de panne de Domoticz, le radiateur est toujours contrôlable sans se lever du canapé ;)

En conclusion

On a vu aujourd’hui comment piloter proprement un radiateur électrique, et cela sans avoir à tirer le moindre câble et pour un budget très correct. Dans un prochain article (que j’espère ne pas mettre 6 mois à écrire), je vous présenterai comment j’ai asservi le déclenchement du radiateur en fonction de la température mesurée dans la pièce, ce qui permet de simuler un thermostat multi-zones… pour 0€.

Au niveau des contraintes initiales, le chauffage reste fonctionnel manuellement comme avant, et si l’on souhaite le gérer dans Domoticz, ou à l’aide de la télécommande, il suffit de passer le radiateur sur la position “fil pilote” (avec la petite horloge en picto). De la même manière, le jour où je déménage il me suffit d’enlever diode et module pour rétablir l’installation d’origine.

En attendant, libre à vous de profiter du déclenchement à distance ou des plannings de Domoticz pour retrouver votre chez-vous à température en rentrant du boulot, ou être sûr qu’il se coupe bien la nuit !


Cet article fait partie de la série Domotique (18 articles au total)
Nouveau volet dans notre série d’articles présentant mon petit système domotique, on va voir aujourd’hui comment programmer/piloter nos appareils électriques ! Si vous avez envie de vous lever avec le café prêt, que votre machine à laver ne tourne qu’en heures creuses ou d’allumer vos luminaires à distance pour simuler une présence : ce billet est pour vous ! Celui-ci laissera de côté la question du chauffage : plus complexe, je lui consacrerai un article prochainement.

 

Que piloter ?

Tous vos appareils électriques ne pourront pas bénéficier de ce traitement… En effet, par “pilotage”, j’entends : pouvoir activer ou couper la source d’alimentation de votre appareil, comme si vous branchiez/débranchiez la prise du mur.
Et c’est là tout le paradoxe : plus les appareils sont simples, plus vos chances de pouvoir les piloter sont grandes… Par exemple le fait de “brancher” une simple cafetière à filtre pourra permettre de déclencher l’écoulement du café (il suffit que son interrupteur soit dans la bonne position), alors qu’avec une machine Nespresso, il faudra forcément une intervention supplémentaire. Donc en résumé, si vous avez un moyen de faire en sorte qu’un appareil démarre en branchant sa prise électrique, alors vous pourrez le piloter simplement !
Quelques idées d’appareils qui peuvent se prêter au jeu
  • Lave-linge
  • Lave-vaisselle
  • Machine à café
  • Chauffe-eau
  • Ventilateur
  • Luminaires
  • La “prise anti-moustiques” (celle qu’on oublie de débrancher le matin;)

 

La liste des courses

Toujours pas besoin de fer à souder ! Pour piloter nos appareils on va réutiliser les prises télécommandées vendues par différentes marques comme Chacon, DI-O, Blyss (Castorama) etc…
Une prise radiocommandée et sa télécommande

Une prise radiocommandée et sa télécommande

Ces prises sont généralement vendues avec une télécommande qui sert à les activer/désactiver. Ici on va simplement simuler ces télécommandes avec le RFXCom piloté par Domoticz. Les références de prises compatibles ne manquent pas, il va falloir les choisir en fonction des critères qui les différencient :

  • avec (ou sans) variateur,
  • avec (ou sans) bouton pour activer la prise
  • prise d’intérieur ou d’extérieur
  • la puissance max supportée par la prise (300W ? 1800W ? 3500W ?)
Ce dernier critère est le plus important ! N’essayer pas de commander un chauffe-eau de 1000W avec une prise qui n’en supporte que 300W ! Quelques références d’exemple :
Pour ma part, je n’ai que des prises Chacon/DI-O (ces deux marques sont compatibles entre elles : la télécommande Chacon peut piloter la prise DI-O et inversement) : j’en suis extrêmement content ! Je ne saurais que trop vous conseiller d’avoir au moins une télécommande : si jamais le système domotique tombe en panne, la télécommande permettra de ne pas vous retrouver avec une maison paralysée !

 

A propos des prises avec variateurs
Les prises avec variateurs sont utiles pour l’éclairage car elles permettent de changer l’ambiance d’une pièce au gré de vos envies. Attention cependant aux ampoules utilisées, toutes ne sont pas compatibles ! Si vous souhaitez adopter un éclairage variable, il faudra éviter les ampoules fluocompactes (aussi appelées “ampoules à économies d’énergie”), et la majorité des ampoules LED (il existe des leds compatibles – on parle de leds “dimmables”- mais elle sont très chères). Personnellement j’utilise des ampoules halogènes pour cet usage. Après niveau consommation, même si c’est mieux que des ampoules à incandescence, on reste loin du rendement des fluocompactes et des leds.

 

Intégration des prises dans Domoticz

J’ai pour habitude de commencer par associer la prise à sa télécommande (voir le manuel de votre modèle, les procédures changent en fonction des marques).
Une fois l’association faite et que votre prise réagit bien à la télécommande, allez faire un tour dans l’onglet “Devices” de Domoticz. Vous devriez-voir une ligne correspondant à votre prise (si ce n’est pas le cas, appuyez sur le bouton de la télécommande correspondant à votre prise avant de rafraîchir la page : Domoticz détecte automatiquement ce genre d’équipements).
L'écran "Devices" (Périphériques) de Domoticz : chaque prise va correspondre à une ligne dans ce tableau

L’écran “Devices” (Périphériques) de Domoticz : chaque prise va correspondre à une ligne dans ce tableau

Comme pour les sondes de températures, un clic sur la flèche verte permettra de signaler à domoticz que vous souhaitez enregistrer cette prise. Vous pourrez rentrer un nom pour votre prise (Ex : Machine à café). A partir de ce moment,votre prise devrait être accessible dans l’onglet “Switches” de Domoticz.
L'écran switches (interrupteurs) de Domoticz : Chaque bloc correspond à un appareil (=prise) différent

L’écran switches (interrupteurs) de Domoticz : Chaque bloc correspond à un appareil (=prise) différent

Un clic sur l’ampoule permet d’allumer éteindre l’appareil. Si vous avez correctement associé la télécommande à la prise, vous remarquerez que le logiciel détecte l’allumage/l’extinction de l’appareil même lorsque vous passez directement par la télécommande ! Cela vous permet d’utiliser la télécommande et/ou Domoticz !

 

Gérer le planning de votre appareil

C’est une fonction très utile, elle permet de planifier le fonctionnement d’un appareil. Par exemple ci-dessous, je planifie l’allumage de la machine à café à 7h en semaine et 9h le weekend, avec une extinction prévue à chaque fois 30minutes après le départ.
L'écran "Timer" de mon appareil de test : c'est ici que l'on gère le planning de déclenchement de l'appreil

L’écran “Timer” de mon appareil de test : c’est ici que l’on gère le planning de déclenchement de l’appreil

 

C’est tout… pour le moment :)

L’article du jour touche à sa fin, je suis sûr que déjà plein d’idées vous viennent à l’esprit sur ce que vous pourriez automatiser. Pouvoir avoir la main sur tout cela au quotidien permet un gain de confort et de sérenité ! Pour ma part, j’ai donc utilisé ce procédé pour mon chauffe-eau, les lampadaires de mon salon et ma fameuse prise anti-moustiques !
A bientôt pour la suite, et n’oubliez pas que vous pouvez consulter les autres articles de cette série si besoin !