Quand j’ai écrit, il y a 2 ans, l’article qui expliquait comment dupliquer le contenu d’une puce RFID, je n’imaginais pas qu’il susciterait un tel engouement. Pourtant, encore aujourd’hui c’est un des articles les plus consultés du site et c’est également un de ceux pour lequel je reçois de plus en plus de questions. Aussi, je me suis dit qu’il était temps d’écrire cette seconde partie que tant attendent : comment réaliser un clone parfait et complet d’une puce rfid.

On travaille toujours sur la famille de tag Mifare

Même s’il en existe différentes familles, les puces (ou tags) les plus répandues sont de type « Mifare Classic ». Cela tombe bien, c’est justement le type de tag sur lesquels nous allons travailler aujourd’hui. Personnellement je les ai rencontrés sur tout un tas d’applications différentes : badge de porte d’immeuble, carte d’accès à un parking, carte d’accès à une chambre d’hôtel, porte monnaie électronique pour la machine à café, ou encore carte de consommation de boissons dans certains bars et boîtes de nuit.

Pourquoi écrire un nouvel article sur la copie de tag RFID ?

Si vous êtes familier du 1er article que j’ai écrit sur le sujet, vous pouvez vous demander ce que vous allez apprendre de plus ici, voici les 2 raisons principales qui vous motiveront :

  • Si dans le 1er article on se contentait de copier les données d’un tag RFID à l’autre, aujourd’hui on va voir comment modifier l’identifiant du TAG (le fameux UID ou Unique ID) qui est gravé en usine, non modifiable et inviolable… enfin presque
  • Dans le premier article, il fallait installer linux sur une machine, avant d’installer ensuite les outils de manipulation des tags RFID. Une manoeuvre un peu compliquée pour les plus novices. Aujourd’hui je vous montre comment créer en 3 clics une clé USB sur laquelle vous pourrez démarrer votre ordinateur. Vous arriverez ainsi sur un bureau temporaire contenant tous les outils qui vous seront nécessaires, sans que cela n’altère votre machine.

C’est quoi cette histoire d’UID ?

Les tags RFID sont généralement composés de 2 zones : une zone de stockage de données, généralement ré-inscriptible, et une zone de stockage de l’identifiant du tag. Le fameux UID. L’UID est un identifiant unique au monde (il n’existe donc pas 2 tags avec le même UID). Il est gravé en usine au moment de la fabrication du tag et se trouve sur une partie du tag qui n’est pas ré-inscriptible. On ne peut donc pas le modifier.

A titre d’information, les tags Mifare Classic 1K (les plus répandus) contiennent 64 blocs de données. L’UID est stockée sur le premier bloc (souvent appelé dans la litterature « block 0 ») et les 63 suivants sont dédiés au stockage de données.

Dans ce cas comment dupliquer un UID ?

Si on ne peut pas modifier l’UID stocké sur ce fameux bloc 0, comment avoir 2 cartes avec le même identifiant ? C’est là que nos amis les chinois arrivent à la rescousse :)

Depuis quelques années, on a vu arriver sur le marché des tags mifare avec une petite particularité : légèrement modifiés, ils possèdent un bloc 0 réinscriptible. On peut donc modifier l’UID sur ces tags (et uniquement ceux-là !). La première fois que j’ai réussi à mettre la main sur un tag de ce type, c’était en 2014, et j’estimais avoir fait une bonne affaire en dépensant environ 20 dollars pour ce tag. En 2017, les prix ont été divisés par 10 et mettent donc ce type de tag à la portée de tous les curieux !

Où trouver ces tags chinois avec UID modifiable ?

Évidemment, ces tags sont moins évidents à dénicher mais une petite recherche sur ebay devrait vous permettre de trouver votre bonheur. Voici quelques exemples : par lot de 5 (depuis la Chine), par lot de 10 (depuis la Chine), par lot de 10 (depuis la France).

Un mot sur sur la norme VIGIK

VIGIK : ce nom peut sembler barbare, mais c’est la norme créée par La Poste pour standardiser l’accès aux immeubles. On lit donc très souvent le nom de cette norme sur les interphones. C’est donc VIGIK qui permet à votre facteur, mais aussi aux pompiers, policiers et autres services d’urgence d’ouvrir n’importe quelle porte d’immeuble avec un badge unique. Si je vous en parle aujourd’hui c’est que je reçois beaucoup de questions à ce sujet, car nombreuses sont les personnes qui se rêvent la possession d’un tel badge (et oui, ces badges ne sont ni plus ni moins que des tags RFID Mifare).

Malheureusement, ce n’est pas si simple. S’il est tout à fait possible de dupliquer le badge de votre ami le facteur, la norme est faite de telle sorte que pour que le badge reste valide il faut qu’il soit « rechargé » toutes les 48h. En d’autre terme, si par je ne sais quel hasard, vous arriviez à copier un de ces passes VIGIK, il ne fonctionnerait que pendant quelques heures avant de devenir complètement inutile.

Est-ce que ça veut dire que je ne peux pas dupliquer mon badge d’accès d’immeuble si je lis « VIGIK » sur l’interphone ?

Puisque ça ne fonctionne pas pour le badge du facteur, on pourrait se dire que ça ne fonctionnera pas davantage pour les résidents… Mais en fait si ça fonctionne. Les badges résidents n’ont pas besoin d’être rechargés comme ceux des facteurs, par conséquent si vous en dupliquez un cela fonctionnera et vous donnera les mêmes accès que le badge original.

Motivés à tenter l’expérience ? Il est temps de passer aux choses sérieuses :)

Cloner un tag mifare

Matériel nécessaire

Etape 1 : Création de la clé USB de démarrage

Pour ne pas avoir à installer de Linux sur le disque dur, il faut créer une clé USB de démarrage. Le principe est simple : lors de son lancement, le PC démarrera le système d’exploitation présent sur la clé USB comme s’il s’agissait de son propre disque dur. Cela nous permettra d’obtenir un système linux complet pour notre session de travail sur les tags RFID. A l’extinction de l’ordinateur, il suffira de retirer cette clé USB pour que la machine retrouve son fonctionnement normal.

J’ai choisi de travailler avec la distribution linux « Kali ». Cette distribution, orientée sécurité, contient de nombreux outils dont les fameux « NFC Tools » qui nous seront utiles aujourd’hui. Il faut commencer par télécharger kali (version 64 bits full) ici https://www.kali.org/downloads/. Ce tuto a été réalisé avec la version 2017.1 qui est sortie voilà quelques jours au moment où j’écris ces lignes.

Une fois le fichier ISO récupéré, il va falloir le transférer sur la clé. Pour cela j’utilise comme à mon habitude le logiciel RUFUS qui est très simple. Une fois RUFUS téléchargé et installé, il suffit de sélectionner la clé USB sur laquelle installer Kali, et de lui indiquer l’endroit où votre fichier ISO de kali est situé. Chez moi cela donne quelque chose comme ça :

L’écran de RUFUS, prêt à créer la clé USB de démarrage avec Kali.

Cliquez ensuite sur le bouton Démarrer pour lancer l’opération.

Etape 2 : Lancement du système et préparation de l’environnement

Une fois votre clé préparée, éteignez l’ordinateur que vous souhaitez utiliser, branchez la clé et démarrez sur la clé USB. Attention pour sélectionner un périphérique de démarrage, sur certains ordinateur il faut appuyer sur une touche particulière. Sur le mien par exemple, il s’agit de la touche Echap, mais j’ai déjà croisé des ordinateurs où il fallait utiliser la touche F2F8, F10, F11 ou Suppr par exemple…

Après quelques instants nécessaires au chargement du système, vous devriez atterrir sur un bureau vierge. On y est presque.

Le bureau de Kali au démarrage

Par défaut, le clavier est configuré en QWERTY, ce qui n’est pas très pratique si votre ordinateur est équipé comme le mien d’un clavier AZERTY. Pour rétablir cela, il suffit de lancer le terminal via l’icône suivante :

L’icône du terminal se trouve sur la barre de gauche.

Une fenêtre d’invite de commande va s’ouvrir, et il faudra saisir à l’intérieur la commande suivante : setxkbmap fr (ce qui nécessitera sur votre clavier d’appuyer sur les touches setxb,qp fr). Cette fenêtre de terminal va nous servir dans toutes les manipulations suivantes, vous pouvez donc la garder ouverte.

La commande doit être tapée dans le terminal, ce sera la même chose pour toutes les autres commandes de ce tuto.

Maintenant que le clavier est en français, il va falloir configurer le système pour que les NFC Tools puissent interagir correctement avec votre lecteur RFID. Pour ce faire, commencez par branchez votre lecteur RFID (si ça n’est pas déjà fait). Kali va alors charger automatiquement en arrière plan des modules qui vont perturber les NFC Tools. Pour décharger ces modules, toujours dans votre fenêtre du terminal, entrez les commandes suivantes.

root@kali:~# modprobe -r pn533_usb
root@kali:~# modprobe -r pn533

On dsactive avec ces 2 commandes les modules standard de linux qui perturberaient les NFC Tools

L’environnement est désormais fin prêt pour notre petite expérience, on va pouvoir entrer dans le vif du sujet.

Etape 3 : Vérifier le bon fonctionnement du lecteur

Pour être sûr que le lecteur fonctionne correctement avec les NFC Tools, il suffit de lancer la commande suivante et de passer un tag RFID devant le lecteur.
sudo nfc-list
Si tout est bien configuré, le lecteur devrait vous afficher quelques informations sur le tag, dont le fameux UID, comme dans la capture ci-dessous. Ici mon UID, ce fameux numéro unique est le ea b5 8f 4b. Si vous essayez maintenant avec votre puce RFID chinoise, vous devriez obtenir un numéro d’UID différent, ce qui est tout à fait normal.

L’UID est visible avec la commande nfc-list, sur la ligne « UID ». Ici la puce à copier à un UID avec la valeur suivante : eab58f4b.

Si jamais vous obtenez un message d’erreur ou si rien ne s’affiche plusieurs possibilités :
Votre tag n’est pas un tag RFID compatible avec votre lecteur
Il y a eu une erreur lors de l’étape 2, recommencez donc à cette étape en vérifiant méticuleusement vos commandes.

Etape 4 : Extraire les clés de chiffrement de la puce RFID chinoise dans un fichier

Cette étape au nom un peu barbare ne devrait vous prendre que quelques secondes. Son principe ? Pour pouvoir écrire sur une puce RFID, il faut en posséder les clés de chiffrement. Une sorte de mot de passe qui permet d’encoder et de décoder les informations de la puce. Ces clés de chiffrements vont être stockées avec le contenu de la clé, dans un fichier. Ce fichier nous servira lors de l’étape finale pour copier les données de la puce originale sur la puce chinoise.

Pour lancer l’extraction des clés de chiffrement, placez votre puce sur le lecteur et saisissez dans un terminal la commande suivante.

root@kali:~# mfoc -P 500 -O carte-vierge.dmp

Les clés de chiffrement seront stockées dans le fichier « carte-vierge.dmp ».

La commande mfoc permet de copier le contenu d’une puce dans un fichier. Cette commande va notamment se charger de trouver les différentes clés de chiffrement qui empêchent normalement de lire le contenu de la puce RFID.

Etape 5 : Copiez le contenu de la puce RFID d’origine dans un fichier

Maintenant que les clés de chiffrement de la puce chinoise sont extraites, il va falloir faire de même avec la puce originale. Cette opération va copier les clés de chiffrement et le contenu de la puce d’origine dans un fichier. Ce fichier contiendra toutes les données de la puce, ainsi que son UID. C’est en quelques sorte une « sauvegarde » de votre puce RFID. N’hésitez pas à la conserver en lieu sûr, ainsi si vous perdez votre puce RFID vous pourrez en créer de nouvelles à l’identique à partir de ce fichier de sauvegarde.

Pour ce faire, placez la puce originale sur votre lecteur, et entrez la commande suivante : mfoc -P 500 -O carte-originale.dmp

Vous l’aurez surement compris, cette commande va créer un fichier « carte-originale.dmp » c’est le fameux fichier de sauvegarde de votre puce originale.

A nouveau on a recourt à la commande mfoc, toujours pour les mêmes raisons que dans l’étape précédente. Avec la puce originale c’est généralement plus long car les clés de chiffrements sont rarement celles d’origine, et la commande mfoc doit donc exploiter une faille des puces mifare pour réussir à obtenir les clés de chiffrement manquantes.

Etape 6 : Ecrire le contenu de la puce originale sur la puce chinoise

On arrive au bout ! Vous n’êtes plus qu’à une dernière commande de la victoire ! Maintenant que l’on possède une copie du contenu de la puce originale, ainsi que les clés de chiffrement de la puce chinoise, nous allons pouvoir transférer le contenu et l’UID de la puce originale sur la puce chinoise.

Pour se faire, et toujours dans le terminal, saisissez la commande suivante.
root@kali:~# nfc-mfclassic W a carte-originale.dmp carte-vierge.dmp

On touche au but avec la dernière commande du tuto. On va ici demander à la commande mfc-classic d’écrire le cntenu de la puce originale sur la puce chinoise vierge, UIS compris.

L’opération devrait prendre 1 grosse seconde avant d’aboutir sur un message de succès. Si vous êtes attentifs, vous remarquerez que la seule différence par rapport au précédent article est le fait que le « W » est écrit en capital. ça n’est pas une erreur, cela demande au lecteur de transférer le contenu de la puce ainsi que le bloc 0 qui contient l’UID. En cas de succès, un message devrait vous confirmer l’écriture de 64 secteurs sur 64 (dans le précédent article, on n’en copiait que 63 car il manquait le fameux bloc 0).

Vous pouvez vérifier le succès de l’opération en répétant l’étape 3 avec votre puce chinoise. Si tout a correctement fonctionné, la commande nfc-list appliquée à votre puce chinoise vous affichera un UID identique à celui de votre puce originale.

Et voilà, vous venez de contourner l’incontournable :)

En conclusion

Avec quelques dizaine d’euros de matériel et une poignée de minutes, vous aurez pu dupliquer à la perfection une puce RFID officielle. Aucun lecteur ne pourra faire la différence entre la copie et l’originale. Vous comprenez désormais que la sécurité des systèmes basés sur ce type de puce est toute relative. Comme d’habitude, vous êtes seuls responsables de l’usage que vous faites de ces connaissances. Si vous avez des questions, ou souhaitez tout simplement partager vos expériences sur le sujet, n’hésitez pas à vous exprimer dans les commentaires !


Vous êtes de plus en plus nombreux à me poser des questions sur les puces RFID. Pour ceux qui ne connaissent pas ce sigle, sachez que c’est cette techno qui se cache bien souvent derrière vos carte d’accès à votre parking/immeuble/local vélo etc… Depuis quelques années, de plus en plus de systèmes « à clés » sont remplacés par des cartes/badges RFID, sous prétexte de fournir une plus grande sécurité. Mais du coup, vous êtes vous déjà renseignés s’il était possible de se faire un double ?

Pourquoi vouloir faire une copie ?

Peut-être que comme moi, vous n’avez qu’une carte d’accès à votre parking alors que vous êtes deux à utiliser une même voiture. Et si auparavant pour obtenir un double de clé il suffisait de se déplacer chez le cordonnier du quartier, pour une carte RFID c’est une autre paire de manches ! Dans mon cas la réponse du gestionnaire du parking est simple : impossible de me fournir un double, le seul moyen d’avoir une deuxième carte est de louer une place de parking supplémentaire ! Qu’à cela ne tienne, si on ne peut pas me fournir de double, je peux peut-être m’en faire un moi-même ?

Il y a RFID et RFID

Des familles de puces RFID, il y en a quelques unes. Chacune a ses propres caractéristiques et sa fréquence de fonctionnement. Dans mon cas, la puce cachée dans ma carte de parking est une puce Mifare Classic 1K. Un type de puce très courant. En terme de caractéristiques, celle-ci fonctionne a une fréquence de 13.56Mhz, peut contenir jusqu’à 1kilo-octet de données et est protégée par plusieurs clés de chiffrement pour justement empêcher de lire tout le contenu de celle-ci (et donc d’en faire une copie).

Mifare Classic 1K et sécurité

Là où les choses deviennent intéressantes c’est qu’en 2007/2008/2009, plusieurs chercheurs européens ont mis en évidence des vulnérabilités sur la méthode de sécurisation des puces Mifare Classic et il n’aura pas fallu attendre longtemps pour que des outils exploitant ces faiblesses voient le jour. C’est le cas de toute une suite d’outils que j’aime bien et dont je vais vous parler dans cet article : les NFC-Tools.

Notez que les techniques mises en œuvre dans cet article ne sont pas les plus efficaces : cela prendra une dizaine de minutes sur un PC standard, là où les techniques les plus avancées peuvent récupérer le contenu d’une carte complète instantanément.

Dupliquer le contenu d’une puce Mifare Classic 1K

La liste des courses

Pas d’inquiétudes ici, la liste est courte ! Pour dupliquer le contenu de la puce (nos fameux 1 kilo-octets de données) on va avoir besoin d’un PC sous Linux et de 2 éléments qu’il faudra bien choisir :

  • un lecteur RFID compatible avec les NFC Tools
  • une puce RFID vierge (du type Mifare 1K)

Pour le lecteur RFID, il n’y a pas 50 modèles de lecteurs compatibles avec les nfc-tools, et je vous avoue que j’ai un peu galéré à dénicher le mien ! Heureusement il est un petit peu plus facile à trouver désormais voici son petit nom : Identive SCL3711. Si vous souhaitez l’acheter, cliquez sur sa photo ci-dessous.

Pour la puce RFID vierge, il faut très logiquement en choisir une du même type que celle à dupliquer, en l’occurrence nous avons donc besoin du puce Mifare Classic 1K vierge. La forme importe peu, qu’il s’agisse d’une carte, d’un badge ou d’un autocollant, tant que la puce est du bon type. Choisissez le plus pratique pour vous !

Pour la suite de ce tuto, j’utilise une distribution Linux dérivée de Debian, Linux Mint. Cela devrait donc fonctionner sur toutes les distributions avec la même base (Ubuntu, Linux Mint, Kali, Debian…).

Installation des outils logiciels

Pour jouer avec les puces RFID et notamment les puces Mifare, on va avoir besoin de 2 outils du projet NFC-Tools : libnfc et mfoc. Je n’ai pas trouvé de paquets « prêt à l’emploi » et il faut donc récupérer les sources de ces outils pour les compiler avant de les installer. Pour cela, il va falloir jouer de la ligne de commande :

Installation de libnfc

Installation de mfoc

Maintenant que nos outils logiciels sont installés, on branche le lecteur SCL3711, on pose notre carte RFID dessus et on entre la commande suivante :

Et si tout est correctement installé, votre console devrait afficher quelque chose de ce genre là :

Ok, maintenant on est prêt à passer aux choses sérieuses.

Copie des données de la puce mifare : la cinématique

Pour faire une copie des données de la puce mifare, il va falloir procéder en 3 étapes :

  1. Trouver les clés de chiffrement de la puce vierge
  2. Sauvegarder le contenu de la puce mifare dans un fichier
  3. Transférer le contenu du fichier de sauvegarde sur la puce vierge

L’opération prend environ une quinzaine de minutes et demandera là aussi de saisir des commandes dans le terminal.

Etape 1/3 : Trouver les clés de chiffrement de la puce vierge

Placer la puce vierge sur votre lecteur RFID et entrez la commande suivante :

Le contenu , et les clés de chiffrement de votre carte vierge est désormais sauvegardé dans le fichier carte-vierge.dmp

Etape 2/3 : Sauvegarder le contenu de la puce mifare à copier dans un fichier

Placer la puce mifare à copier sur votre lecteur RFID et entrez la commande suivante :

Le contenu de la carte originale est sauvegardé dans le fichier carte-originale.dmp. Je vous conseille de garder de côté ce fichier : en cas de perte de la carte originale, il vous permettra d’en créer de nouvelle.

Etape 3/3 : Transférer le contenu du fichier de sauvegarde sur la puce vierge

A nouveau, placez la puce RFID vierge sur votre lecteur RFID et entrez la commande suivante :

Un message devrait vous informer du succès de l’opération. Et voilà, vous avez désormais 2 puces RFID avec le même contenu !

Ces cartes sont-elles vraiment identiques ?

Hélas pas vraiment ! Si dans mon cas je peux désormais accéder à ma place de parking avec mon badge original ou mon badge copié, il n’en va pas forcément de même avec tous les lecteurs d’accès RFID. La faute à l’identifiant unique de la puce (dans le jargon on appelle ça l’UID pour Unique IDentifier). Cet identifiant est gravé en usine et chaque puce possède un UID unique au monde. Si produire un clone parfait de votre carte vous intéresse n’ayez crainte, il existe des solutions ! J’en parlerai dans un prochain article ;)


Nous y voilà. Nombre de personnes me demandaient « est-ce vrai que l’on peut cracker un réseau wifi  ? ».  La réponse est évidemment oui, et je dirais même que c’est très facile si ce dernier est sécurisé avec du wep…

Si aujourd’hui j’écris ce tuto ce n’est pas pour inciter au piratage mais pour montrer à tout un chacun que même sans grande connaissances en informatique, il est tout à fait possible de pirater un réseau wifi protégé par du wep. Ce tuto est donc plus un coup de gueule contre

  • les FAI qui continuent de distribuer des box « prêtes à l’emploi »sécurisées avec des clés WEP (on est en 2010, la loi Hadopi c’est pour bientôt donc une protection WPA serait un minimum)
  • les constructeurs qui fabriquent des périphériques grand public qui ne supportent que le protocole WEP (et obligent donc les particuliers voulant connecter ces appareils à réduire la protection de leur réseau wifi).

Le principe

Il existe une faille de sécurité dans le protocole WEP et un algorithme particulier permet d’exploiter cette faille pour retrouver la fameuse « clé wep ». Ce tuto est destiné à être appliqué dans un environnement bien précis : vous captez le réseau wifi cible et il y a au moins une machine connectée sur ce réseau au moment de débuter l’attaque.

Ce tuto se découpe en trois parties que voici :

  1. On analyse l’environnement wifi : réseaux à portée, machines connectées. C’est dans cette étape que l’on va déterminer le réseau dont on veut découvrir la clé wep.
  2. On stimule le réseau cible : en se faisant passer pour un équipement autorisé, on va forcer le point d’accès cible à « bavarder » avec notre machine. On récupèrera ainsi un maximum de données émises par le point d’accès wifi.
  3. On déchiffre la clé : grâce aux données collectées à l’étape précédente, notre programme sera capable d’analyser la manière dont le point d’accès wifi « discute » avec nous pour en déduire la clé wep utilisée.

Le mode d’emploi

Je pars du principe que vous êtes capables de télécharger et graver Backtrack 4r1 sur un DVD (ou une clé USB) et de démarrer votre PC/mac dessus. Sachez que votre PC ne sera absolument pas modifié lors du déroulement des manipulations décrites ci-dessous et au prochain démarrage il n’y aura aucune trace de vos actions. De même, quel que soit votre niveau en informatique, ce tuto ne marchera que si votre carte wifi est reconnue par Bactrack. Pour savoir si c’est le cas, je vous encourage à faire un tour sur les forums officiels.

Ce tuto est a été réalisé sur le LiveDVD Backtrack 4r1 mais peut être adapté à de nombreuses distributions Linux sur lesquelles on aura au préalable installé la suite « aircrack-ng ».

Pour utiliser backtrack 4r1, il faut démarrer sur le DVD. Quand le prompt apparait, chargez l’interface graphique avec la commande startx (attention, si le clavier est anglais à ce moment, vous devrez donc taper stqrtx). L’interface graphique se charge alors et vous pouvez modifier si besoin la disposition du clavier grâce aux drapeaux situés en bas à droite de l’écran, aux côtés de l’heure.

bt4r1 - VMware Workstation.jpg

Vocabulaire et Abbréviations :

  • « AP » désigne le point d’accès wifi cible (celle dont on cherche la clé wep),
  • « station » désigne un appareil connecté en wifi à cette même box.
  • « @mac » désigne l’adresse mac d’un périphérique réseau (votre carte wifi, le composant wifi de votre box, etc…). Il s’agit d’un code unique, propre à chaque appareil de la forme 00:11:22:33:44:55
  • « terminal » il s’agit du programme qui permet d’accéder à l’invite de commande de Backtrack (vous savez la fenêtre noire moche avec les petites écritures blanches ;)

L’ensemble de ces commandes sont à entrer dans un terminal sur la machine attaquante. Dans chaque ligne de commande, les parties fixes sont en gras, les parties qui ne le sont pas doivent être adaptées à chaque attaque. Les commandes sont à effectuer dans l’ordre de l’article.

Pour accéder au terminal, vous pouvez utiliser l’icône dédiée à cet effet présente dans la barre des tâches. Vous aurez besoin de trois fenêtres du terminal pour mener à bien ce tuto.

shell.png

PARTIE 1 : L’état des lieux et la collecte des données

Dans cette partie, on affiche les réseaux environnants, on sélectionne la cible et on lance la collecte des paquets (colonne « Data »). Les commandes sont à entrer dans une fenêtre du terminal.

1.1 Lister les interfaces wifi disponibles (ex : « wlan0 », « rausb0″…)

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Commentaire : Je constate que ma carte wifi est reconnue par le système et que backtrack la désigne par le nom wlan0. C’est donc cet identifiant que je vais devoir utiliser.

1.2 Passer notre interface en mode monitor (pour « écouter » le trafic wifi aux alentours)

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Commentaire : Suite à cette commande, airmon-ng crée parfois une nouvelle interface virtuelle (ici « mon0 ») qu’il faudra utiliser à la place de l’interface d’origine « wlan0 ». C’est le cas pour moi (d’où le message visible sur la capture ci-dessus) ici mais il se peut que chez vous cela fonctionne différemment.

1.3 Lancer un scan des réseaux wifi environnants une fois l’interface wifi passée en mode monitor

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Commentaire : Ici la fenêtre se présente en deux parties : dans la partie supérieure, on trouve les informations relatives aux points d’accès wifi du voisinage. La partie inférieure quant à elle contient les informations relatives aux ordinateurs/appareils wifi du coin. On sait qu’un ordinateur est connecté sur un réseau particulier grâce à l’adresse mac de la colonne BSSID. Comme annoncé en préambule, pour mener à bien ce tuto on a besoin qu’au moins un appareil soit connecté sur le réseau dont on cherche la clé. Ici j’ai mis en valeur le point d’accès que l’on va attaquer et l’ordinateur client qui y est connecté.

1.4 Capturer les paquets émis par le point d’accès cible. On utilise pour cela les infos récupérées précédemment.

Astuce : avant de pouvoir lancer la capture des paquets il vous faudra interrompre le scan des réseaux en cours (cf Etape 1.3). Pour cela utilisez le raccourci Ctrl+C.

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Commentaire : cette commande doit tourner jusqu’à la fin du tuto car c’est elle qui collecte les données et qui nous intéresse ! Une fois la commande lancée, votre carte wifi va se concentrer sur le trafic émis sur ce réseau wifi et va sauvegarder dans un fichier tous les échanges qui passent à sa portée qui concerne notre réseau. L’indicateur crucial pour le crack est le nombre de packets « data » collectés (colonne Data). On peut espérer arriver à nos fins quand ce nombre atteint 30000 même s’il faut généralement patienter au moins jusqu’à 100 000 (quand l’affaire est bien menée, c’est l’histoire de dix minutes).

 

PARTIE 2 : La stimulation du point d’accès

Cette partie est facultative mais sans elle le crack peut prendre plusieurs heures. Elle permet de stimuler le point d’accès wifi pour augmenter le nombre de paquets transmis (et donc collectés). Lancez ces commandes dans une nouvelle fenêtre du terminal.

2.1 Fake Authentication (en cas de filtrage mac) : facultative, cette étape permet de se faire passer pour l’ordinateur légitimement connecté.

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Commentaire : parfois cette commande échoue sans que cela pose le moindre problème pour la suite des opérations

2.2 Injection (aussi facultatif, toutes les cartes réseaux wifi ne sont pas compatibles). Ici démarre la « stimulation » du point d’accès wifi de manière à accélérer la collecte des données

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Commentaire : On sait que l’injection fonctionne car le nombre de trames ARP envoyées augmente. Si ce n’est pas le cas, vous pouvez un peu forcer le destin en déconnectant l’ordinateur client à l’aide de la commande si dessous (lancez la dans une nouvelle fenêtre du terminal) :

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Commentaire : lors de sa reconnexion, l’ordinateur client va émettre en direction du point d’accès wifi et ce petit échange de données (une ARP request) permet bien souvent de faire démarrer l’injection (cf le nombre de paquets envoyés, ici 5576 au moment de la capture).

 

PARTIE 3 : Le crack de la clé à partir des données collectées

Cette partie est la finale, c’est ici que l’on lance l’algorithme capable de casser la clé wep à partir des paquets collectés.

3.1 Lancer le crack de la clé. Vous pouvez tenter à partir de 30000 data pour une clé wep 64bits, à partir de 100 000 data pour une clé wep 128bits. De toute manière, en cas d’échec le crack sera relancé automatiquement à chaque fois que 5000 data supplémentaires seront collectés. Important : veillez à lancer cette commande dans une autre fenêtre du terminal.

Si tout se passe bien, le programme devrait trouver la clé au bout de quelques instants (cf l’écran ci-dessous).

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Commentaire : Et voilà, ce tuto touche à sa fin, vous voyez que le programme a réussi à trouver la clé (message « Key Found »), voilà une affaire rondement menée.

 

Le mot de la fin

Cracker un réseau wifi protégé avec du wep est loin d’être compliqué. Avec un tuto comme celui-ci et le matériel adéquate c’est l’histoire d’un gros quart d’heure. J’espère que la multiplication de ce genre de démonstration fera réfléchir quelques uns de nos dirigeants quant à certaines lois récentes… Mais je ne me fais pas d’illusions. Notez que ce tuto n’a pas pour vocation d’inciter au piratage donc je ne répondrai volontairement pas aux questions un peu trop orientées ;) Sachez que ma motivation première est de faire comprendre « la logique » du processus, donc si vous avez des remarques pour m’aider à clarifier ce tuto, vos commentaires sont les bienvenus.