Cet article fait partie de la série Domotique (18 articles au total)

Si vous êtes sur ce blog c’est peut-être parce que vous vous intéressez à la domotique et notamment à la gestion du chauffage. Dans mon précédent logement, j’avais dompté mes radiateurs électriques (cf cet article et celui-ci), mais quand j’ai emménagé dans ma nouvelle demeure cet été, j’y ai trouvé un chauffage central… au gaz ! Il me fallait donc tout recommencer ! Depuis mon premier article sur la domotique et le chauffage j’ai vieilli grandi et le marché de la « maison intelligente » a commencé à bien se développer. Je me suis dit qu’il était donc grand temps d’endosser la tenue de monsieur tout le monde et de tester une solution un peu plus « clé en main » que ce que j’avais pu faire de par le passé. Rassurez-vous, si vous aimez la bidouille, j’ai aussi quelque chose pour vous en fin d’article :)

L’idée : remplacer un thermostat mécanique d’un autre âge par un modèle intelligent et connecté

Pour vous situer le contexte : mon nouveau logement est une maison individuelle, toujours sur la Métropole de Bordeaux, et équipée d’un chauffage central au gaz. On ne parle pas ici d’un modèle high tech à condensation qui sort du magasin, mais une vénérable chaudière d’une marque française achetée et installée en 1998. Bien que pas toute jeune celle-ci fonctionne très bien mais était pilotée via un branchement très « créatif » par un thermostat mécanique à la précision toute relative : on ajuste une température à l’aide d’une magnifique molette crantée et…c’est tout. Pas de gestion de planning, de jour/nuit, d’absence et encore moins de contrôle à distance. ça aurait été criminel de ma part de la laisser comme ça ;)

Mon magnifique thermostat mécanique. Si on me dit que c’est le plus vieux du monde je veux bien le croire tellement il est simple. Le comble, celui-ci n’était même pas branché à la chaudière, il pilotait directement l’alimentation de la prise électrique sur laquelle la chaudière était branchée ! Pas génial…

Ce qu’il y a de bien avec les chaudières à gaz, c’est justement le fait qu’elles soient prévues depuis très longtemps pour fonctionner avec un thermostat. Véritable « cerveau » du système de chauffage, c’est lui qui décide quand allumer/éteindre votre organe de chauffage et c’est donc logiquement sur lui que vous devez porter votre attention en priorité pour moderniser votre installation. Les gros acteurs du marché l’ont bien compris et on a vu ces dernières années plusieurs sociétés plus ou moins bien implantées se lancer sur le créneau. En France, 2 sortent clairement du lot, Google et Netatmo et c’est naturellement sur ceux là que je me suis focalisé.

  • Le themostat Nest de Google : c’est le pionnier, dessiné par le père de la célèbre « molette » des iPod, il est arrivé avec sur le marché avec un design novateur et s’impose comme un objet de qualité : le thermostat de chez Nest est fait pour être montré. Equipé d’un capteur de présence, le thermostat est capable de détecter quand vous êtes là. Il apprend de vos réglages vos préférences et se propose d’adapter donc la température de votre domicile de manière intelligente après quelques jours d’apprentissage.
  • Le thermostat de Netatmo : arrivé plus tard sur le marché, on sent que des efforts en terme de présentation ont là aussi était fait. Dessiné par Philippe Starck et conçu par Netatmo, une boîte française, on est face à un produit français (cocorico !) qui a su se faire une belle place sur le marché. Moins tourné vers « l’auto apprentissage » que son concurrent de chez Google, le modèle de chez Netatmo sollicite davantage l’utilisateur dans la phase de réglages pour connaitre ses habitudes en posant des questions simples (ex : « A quelle heure vous levez-vous/rentrez vous du travail, etc…). Il va également nécessiter quelques jours d’apprentissage pour connaitre l’inertie de votre logement et l’efficacité de votre système de chauffage pour ensuite vous proposer un algorithme intelligent de chauffage qui prendra tout cela en compte.

Le thermostat Nest de Google. Un très bel objet malgré son fil à la patte.

Le thermostat Netatmo au côté de l’application associé.

Pourquoi j’ai choisi le Netatmo ?

Avant de détailler les différences entre les 2 compétiteurs, voici quelques éléments communs qui vous feront comprendre qu’on est face à 2 très bons produits :

  • Un investissement rentabilisé en 1 an : annonçant chacun une économie similaire (plus de 250€ sur 1 an), l’un comme l’autre serait rentabilisé en moins d’un an
  • La possibilité d’interagir avec l’appareil à distance. Un départ précipité ? Un retour imprévu ? Quelle que soit la raison, vous pouvez à tout moment via un smartphone ou un ordinateur contacter votre thermostat pour l’informer de votre absence/retour.
  • Une ergonomie aux petits oignons. Franchement, si vous avez déjà joué avec un thermostat non connecté qui propose des fonctionnalités avancées (planning, jour/nuit, vacances, etc..), vous savez que la majorité de ces produits proposent une ergonomie au mieux déplorable, au pire inutilisable. Là on n’est pas du tout dans ce modèle là : les fonctionnalités principales sont accessibles simplement sur l’appareil, pour celles plus avancées on aura recours à une application sur son smartphone ou un site avec une belle ergonomie dans chaque cas.

Un extrait de l’interface du site de Netatmo. En un coup d’oeil on a accès aux informations essentielles. C’est très lisible.

Et si pour ma part j’ai choisi le Netatmo, c’est pour quelques raisons dont voici les principales :

  • Le prix. A 249€ pour le modèle de Google contre 159€ chez Netatmo la différence est tout de même palpable.
  • L’évolutivité. Netatmo a annoncé récemment la sortie de vanne de radiateurs complémentaires pour ajuster de manière automatique et indépendante la température de chaque pièce. Ces vannes dialoguent avec le thermostat central pour une efficacité maximum. Il n’y a pas d’équivalent à ce système chez Google, et même si je ne sais pas encore si j’installerai ce type de vannes plus tard je ne souhaite pas me fermer de porte dès maintenant.
  • Le « fil à la patte » du modèle Google. Le termostat du Netatmo est plus chiche que celui de Google mais cette faiblesse et aussi une force : infiniment moins gourmand en énergie, le modèle de Netatmo peut fonctionner sur piles ou fil, alors que celui de Google ne peut fonctionner sans être relié en permanence à une source d’énergie filaire.
  • L’approche du modèle de Google. Même si j’admire la prouesse techno avec le capteur de présence, je préfère un système de planning sur lequel j’interagis. Après tout je n’ai pas envie que le thermostat baisse tout seul le chauffage de mon logement parce que cela fait 2 heures que je ne suis pas passé devant lui !

Fin 2016, Netatmo a annoncé l’arrivée prochaine de vannes connectées pour les radiateurs à eau. Un produit qui devrait se révéler complémentaire du thermostat de la marque !

Pourquoi ne pas se baser uniquement sur Domoticz ?

Si vous suivez un peu les sujets abordés sur la partie domotique du blog, vous aurez probablement quelques idées en tête pour arriver à une promesse similaire à ces appareils de chez Google/Netatmo pour un coût bien moindre. Mais ce serait ignorer les atouts de ces cadors, comme l’intelligence de l’algorithme, l’interface à l’ergonomie sans faille et le bel objet physique qui permet même à Mamie Josette de régler la température de votre domicile sans y connaitre quoi que ce soit en chauffage/domotique/thermostat.

Installation : et la chaudière de 1998 devint connectée !

Sans trop m’attarder sur l’installation, sachez qu’il y a plusieurs façons de brancher le thermostat de chez Netatmo suivant que vous remplacez un thermostat filaire, sans fil, ou que tout simplement vous ajoutez un thermostat à votre chaudière qui peut en être dépourvu. Quelle que soit votre configuration, prévoyez environ entre 5 et 30 minutes suivant votre habileté et votre préparation.

Voici les 2 manières d’installer le thermostat de Netatmo. A gauche, le schéma d’installation si vous remplacez un thermostat sans fil ou que vous installez un thermostat sur une chaudière qui n’en a jamais eu (c’était mon cas). A droite, le schéma d’installation pour un thermostat filaire.

Pour ma part, il a fallu :

  • Ouvrir la façade de la chaudière (6 vis à retirer)
  • Repérer sur le bornier de la chaudière les bornes dédiées au thermostat (si vous galérez, j’ai une belle anecdote à vous raconter qui vous redonnera foi en l’humanité en plus de vous aider)
  • Connecter sur ces 2 bornes les fils du relais sans fil du thermostat (2 vis à serrer)
  • Refermer la façade

Au final j’y ai passé un petit quart d’heure. Au passage, je vous conseille de ne pas faire comme moi, et de réaliser avant toute chose la configuration du relais en lui indiquant votre adresse, votre réseau wifi, etc…). ça vous évitera de tout débrancher/rebrancher ensuite !

Au terme de l’opération, vous aurez probablement comme chez moi votre chaudière pas toute jeune affublée d’un petit boitier beaucoup plus jeune.

Ici vous voyez posé sur mon antique chaudière le relais du thermostat Netatmo. Il ne me reste plus qu’à le fixer au mur.

Ici la partie « commande et affichage » du thermostat Netatmo. On peut le fixer au mur ou le poser tout simplement sur un meuble. Le voici ici sous la garde de ma sentinelle personnelle.

 

Configuration

La configuration de l’ensemble est très simple et à la fois ingénieuse. On s’inscrit sur le site, et on va répondre à quelques questions dont en voici quelques unes :

  • A quelle heure vous levez-vous le matin ?
  • A quelle heure partez-vous au travail ?
  • A quelle heure rentrez-vous du travail ?
  • etc…

Un exemple de question posée lors de la configuration du thermostat. L’exercice ne prend que quelques secondes.

A partir de vos réponses et des recommandations de l’ADEME, Netatmo va établir un planning de base sur lequel vous pourrez intervenir ensuite pour en modifier les horaires/températures. Notez qu’il est possible d’avoir plusieurs plannings, personnellement j’en ai configuré 2 : un « classique » pour les semaines travaillées et un « vacances » pour les semaines où je suis en congés. Ainsi je ne dérègle pas tout d’une semaine à l’autre, je switche simplement de planning. Là aussi, en tout et pour tout j’ai dû y passer 30 minutes, mais ça c’est parce que j’ai pas mal traîné pour bien pouvoir vous en parler :)

Un exemple de planning. Les couleurs permettent de visualiser les périodes de chauffe.

Ajout du thermostat dans Domoticz

Je confesse que bien que j’utilise toujours Domoticz pour tout un tas de choses, je le sollicite très peu pour le chauffage. Sachez cependant qu’on peut tout à fait intégrer le thermostat de Netatmo (et même le Nest d’ailleurs) au système pour pouvoir influer sur le chauffage ou tout simplement en récupérer certaines informations comme la température définie, le fait que mode « Absence » du thermostat est (des)activé, etc…

  1. Pour cela on se rend dans le menu Setup > Hardware, on ajoute le Hardware « Netatmo » en saisissant login + mot de passe du compte Netatmo
  2. On accède ensuite au menu Setup > Devices où doivent apparaitre les différents périphériques disponibles en rapport avec votre Thermostat.
  3. Comme d’habitude, un petit clic sur la flèche verte des lignes qui vous intéressent vous permettra de sélectionner un nom qui vous sied pour chaque capteur/actionneur. A vous ensuite d’utiliser ces nouveaux paramètres dans vos différents scripts et scénarios !

Ajout du compte Netatmo dans l’onglet « Setup > Hardware »

Les différents périphériques disponibles remontent ensuite dans l’onglet « Setup > Devices ». A vous de sélectionner ceux qui vous intéresse.

Les informations du thermostat (comme la température de consigne actuelle par exemple, visible ici à droite) remontent directement dans Domoticz.

1 mois plus tard, qu’est-ce que j’en pense ?

La version courte, c’est que je suis conquis ! De manière un peu plus détaillée, je suis épaté par le confort que ce type d’appareil procure au quotidien : il fait toujours bon chez moi et je n’ai plus à penser au chauffage ! L’ergonomie « cinq étoiles » fait aussi que les imprévus ne prennent pas plus de 3 secondes à être gérés, et pas seulement par moi ;) Ceux qui cherchent donc un système utilisable par les moins technophiles seront donc séduits. Ensuite, il y a tout un tas de petites fonctionnalités dont je n’étais pas au courant au moment de l’achat qui m’ont agréablement surpris, en voici quelques unes :

  • La gestion des absences. Quand j’indique au thermostat que je vais être absent, cet état est défini jusqu’à « nouvel ordre » mais je peux aussi dire que je reviens mardi à 17h, et le thermostat rebasculera sur le planning de mon choix à ce moment là sans que j’ai besoin d’y penser plus tard
  • La gestion des « exceptions ». Pour avoir un niveau de chauffage correct et respecter certaines considérations éco(no/lo)giques nous avons choisi d’avoir une température de confort à 19°C chez nous, selon les recommandations de l’ADEME. Mais si pour un dîner entre amis je pousse le thermostat un peu plus haut, celui-ci comprend le caractère exceptionnel de la manoeuvre et reprendra sa température de consigne habituelle quelques heures plus tard.
  • Les rapports en fin de mois. Bonne surprise également, à la fin de chaque mois, Netatmo m’envoie un rapport avec le nombre d’heures de chauffage utilisées ce mois-ci, ce qui doit permettre de comparer son usage d’un mois sur l’autre. Autre rapport fourni, une comparaison de ma consommation de chauffage avec celle de mes « voisins » (des gens qui ont un domicile au caractéristiques similaires et situé dans un environnement équivalent). Utile pour remettre en question sa consommation

Mon premier rapporte mensuel Netatmo sur un mois complet ! Les données ne sont pas encore vraiment significatives (normal, c’est mon premier mois !) mais cela vous donne une idée de ce que l’on peut y trouver comme informations.

Bilan

Au final, vous l’aurez compris, je suis très satisfait de ce thermostat. Si je devais reprocher quelque chose, c’est du système de chauffage que je me plaindrais plutôt que du thermostat en lui même. Je m’explique : le thermostat fait bien son boulot, mais le fait que le chauffage soit « central » fait que sans intervention manuelle, il chauffera toujours toutes les pièces de la même manière, alors que je n’ai pas besoin d’avoir ma salle de bain à la même température du matin au soir. Pour arriver à ce niveau de finesse, cela devra passer par l’ajout de vannes connectées sur chaque radiateur de la maison, et là on se parle d’un chantier un peu plus ambitieux (et coûteux). Peut-être l’occasion de vous faire un nouvel article d’ici l’hiver prochain ?

En n’attendant n’hésitez pas à poser vos questions et partager vos expériences dans les commentaires, que vous ayez choisi la solution Netatmo ou pas ! Et si vous désirez vous équiper, vous pouvez acheter le thermostat de Netatmo sur Amazon.

Quelques liens utiles qui peuvent vous intéresser :


Cet article fait partie de la série Domotique (18 articles au total)

Après les dernières aventures matérielles pour piloter nos chauffages électriques, je vous propose un épisode où l’on gardera les mains propres :) Aujourd’hui, on va implémenter un thermostat logiciel qui va permettre de maintenir une pièce à une température donnée. Pour cet épisode, vous n’aurez même besoin d’aucun matériel supplémentaire !

Cet article est le 6ème d’une série dédiée à la domotique dont vous pourrez trouver le sommaire au bas de cet article.

Le principe du thermostat de chauffage

Dans chacune de mes pièces, j’ai une sonde de température (cf Episode 2), ainsi qu’un chauffage électrique (cf Episode 4). L’objet de l’exercice du jour sera donc d’asservir le chauffage à cette sonde : on va donc l’allumer ou l’éteindre en fonction de la température mesurée dans la pièce ! Pour éviter que le chauffage passe son temps à s’allumer et à s’éteindre, on va ajouter une « marge d’erreur » (on appelle cette marge l’hystérésis). Concrètement, si l’on souhaite maintenir une pièce à une température de consigne de 20°C et que l’on choisit une hystérésis de 0.5°C, on va allumer le chauffage quand la température va passer en dessous de 19.5°C et l’éteindre au delà de 20.5°C.

L'évolution de la température d'une pièce avec une régulation par hystérésis. Ici on cible une température de 20°C avec une marge d'erreur de 1°C

L’évolution de la température d’une pièce avec une régulation par hystérésis. Ici on cible une température de 20°C avec une marge d’erreur de 1°C. (Crédits : domotique-store.fr)

Mon cahier des charges

J’ai choisi de commencer avec quelque chose de simple.

  • Un interrupteur virtuel pour chacune de mes pièces dans Domoticz.
  • Le thermostat de la pièce en question sera actif quand l’interrupteur virtuel sera en position ON.
  • La température de consigne n’est pas modifiable directement depuis l’interface de Domoticz
  • La techno utilisée ne supportant pas le retour d’état, je cherche un moyen de fiabiliser le système

La mise en oeuvre

Etape 1 : Créer l’interrupteur virtuel

Si vous ne l’avez pas déjà fait, dans la partie Configuration/Matériel de Domoticz, ajouter un périphérique de type « Dummy ». Tous nos interrupteurs virtuels y seront rattachés.

Périphérique virtuel auquel seront rattachés nos interrupteurs virtuels

Périphérique virtuel auquel seront rattachés nos interrupteurs virtuels

Dans l’onglet « Interrupteurs », cliquez sur « Ajout manuel » et ajoutez un interrupteur ON/OFF du type qui vous plaira (seul impératif : le rattacher au périphérique « Dummy » créé précédemment).

Création d'un interrupteur virtuel. Les valeurs sélectionnées (Type, Code...) n'ont pas d'importance.

Création d’un interrupteur virtuel. Les valeurs sélectionnées (Switch Type, Unit Code…) n’ont pas d’importance.

A partir de ce moment, vous avez un bel interrupteur, en l’occurrence « Thermostat salon », que vous pouvez allumer et éteindre à loisir ! Rajoutons un peu de magie derrière tout cela ;)

Interrupteur virtuel finalisé. Il ne reste plus qu'à animer tout cela !

Interrupteur virtuel finalisé. Il ne reste plus qu’à animer tout cela !

Etape 2 : Création du script

Domoticz permet d’écrire des scripts LUA pour exécuter de petits scénarios. Aujourd’hui on va justement s’en servir pour implémenter cette logique de thermostat ! Chaque script est à placer dans le répertoire scripts/lua de domoticz. Pour cet exemple, j’ai donc créé un fichier script_device_thermostat-salon.lua dans ce dossier (le nom du fichier doit impérativement commencer par « script_device_ » comme expliqué dans le wiki de domoticz).

Le contenu du fichier

Pour adapter ce script à votre installation, il suffit de modifier les quelques variables entre les lignes surlignées en jaune (8 à 12).

Comment le script fonctionne ?

Chaque fois qu’une nouvelle valeur est reçue de la part de la sonde du salon (et si l’interrupteur virtuel du thermostat est actif), on compare la température actuelle de la pièce à la température de consigne (+ ou – l’hystérésis). Si nécessaire on allume le radiateur (en coupant le signal sur le fil pilote) ou on lui demande de s’éteindre (en envoyant un signal sur le fil pilote).

Le fait que le script soit rattaché à un interrupteur est super pratique. Déjà cela permet de lancer le thermostat en 1 clic, mais surtout cela permet d’y associer des plannings, pour faire en sorte par exemple que le chauffage se coupe la nuit, qu’il se mette en route 1h avant votre retour du travail etc…

Quelles améliorations ?

Ce système a le mérite de fonctionner, je l’ai mis en œuvre tout cet hiver mais il existe plusieurs améliorations possibles :

  • utiliser un algorithme de régulation plus performant (thermostat à base de régulateur PID par exemple)
  • prendre en compte la gestion de plusieurs sondes/radiateurs par pièce (pour les grandes pièces)
  • fournir à l’utilisateur la possibilité de spécifier sa température souhaitée dans l’interface de Domoticz, plutôt que dans le script

Voilà, j’espère que cet article vous aura plu et vous donnera envie d’aller encore plus loin dans la domotique ! N’hésitez pas à partager vos pensées et questions dans les commentaires.


Cet article fait partie de la série Domotique (18 articles au total)

Enfin ! Après des mois de silence me revoici :) Aujourd’hui au programme, un article qu’un bon nombre de personnes attendait : comment piloter son chauffage électrique ! Et quand je parle de chauffage, je désigne par là tout ce qui va du grille pain old-school au dernier radiateur à inertie solide, en passant par les panneaux rayonnants, les radiateurs à fluide etc, etc…

Cet article est le 5ème d’une série dédiée à la domotique dont vous pourrez trouver le sommaire au bas de cet article.

Une contrainte : la présence d’un « fil pilote »

La seule contrainte à respecter est la présence d’un « fil pilote ». Une invention franco-française qui permet normalement de contrôler le déclenchement du chauffage via un thermostat. Physiquement cela se traduit par un fil supplémentaire pour brancher le chauffage (généralement de couleur noire), en plus des habituels fils de phase et neutre (il n’y a souvent pas de prise de terre sur les convecteurs).

Les 3 fils du radiateur. On voit bien ici le fil pilote, en noir.

Les 3 fils du radiateur. On voit bien ici le fil pilote, en noir.

Si vous ignorez si vos radiateurs sont munis de fil pilote, une manière simple de le deviner est de regarder les « réglages » proposés par votre radiateur. Si en plus de la traditionnelle molette, vous avez un curseur avec des positions (« off », « on », …) dont une symbolisée par une petite horloge, alors c’est que votre radiateur possède un fil pilote :)

Si votre radiateur possède la position avec l'icône d'horloge, alors il a un fil pilote.

Si votre radiateur possède la position avec l’icône d’horloge, alors il a un fil pilote.

Attention cher lecteur

Dans l’article d’aujourd’hui, on va manipuler les branchements du radiateur, où circule du 220V ! Toutes ces manipulations doivent être effectuées avec le compteur électrique coupé ! Merci de ne te lancer dans l’aventure que si tu comprends ce que tu fais. Je ne saurais être tenu comme responsable de toute dégradation ou dommage, qu’ils soient matériels ou pas !

Un rappel de mes contraintes

Depuis le départ, je me suis imposé un certains nombres de règles dans la domotisation de mon appartement :

  • Le système domotique doit être le moins traumatisant possible : je suis locataire, pas question d’abîmer quoi que ce soit !
  • En cas de panne du système domotique, il doit être possible de continuer d’utiliser le chauffage manuellement

Bonne nouvelle, l’article d’aujourd’hui permet de respecter tout ça ;)

Un peu de théorie sur le fil pilote

Le fil pilote est un circuit de commande pour le chauffage. En fonction du signal qui circule sur ce fil, le chauffage peut-être allumé, arrêté, mis en mode hors gel, confort, etc… Il y a jusqu’à 6 modes différents. Voici un petit tableau qui récapitule les différents ordres possibles :

Les différents ordres existants sur fil pilote, avec le signal associé.

Les différents ordres existants sur fil pilote, avec le signal associé.

Le principe aujourd’hui, sera donc d’utiliser un module sans-fil branché sur le fil pilote, afin de pouvoir envoyer un signal dessus, et donc piloter le radiateur. On va faire simple puisqu’on ne va gérer que 2 ordres différents : le mode confort et l’arrêt du chauffage. Pour que le chauffage réagisse à ces ordres, il faudra positionner le curseur du radiateur sur la position « Horloge », sans quoi les ordres seraient ignorés. C’est là aussi tout l’avantage de ce procédé : en cas de dysfonctionnement du fil pilote (ou du système qui l’utilise), on pourra toujours utiliser les radiateurs manuellement en sélectionnant un autre mode que cette « position horloge ».

L’accessoire du jour : le module ON/OFF encastrable

Pour parvenir à cet objectif, nous allons utiliser un nouveau type de module sans-fil : les modules ON/OFF encastrables. On les installera derrière chaque chauffage, dans la boite d’encastrement existante, il n’y aura donc aucun fil à tirer ou mur à attaquer. Cette intervention sera complètement invisible une fois terminée.

Module encastrable sans-fil chacon

Module encastrable sans-fil chacon

La liste des courses

Pour l’opération du jour, nous aurons besoin  par radiateur des éléments suivants
Niveau matériel, je vous recommande d’avoir sous la main :

Après t’es grand, si tu préfères tenter le coup avec tes ciseaux « Maped » t’as le droit… Il n’empêche que les bons outils facilitent bien la vie ! Et en plus tu pourras t’en resservir !

Si en plus tu as choisi l’option « bricoleur fou », il te faudra un fer à souder, de l’étain, et un briquet (c’est pour la gaine thermo, mais s’il sert habituellement à allumer tes cigarettes ça marche aussi).

Pour les tests, je vous recommande d’avoir une télécommande compatible avec votre module. Moi j’ai celle-ci, mais n’importe quelle télécommande chacon ou DIO fera l’affaire.

Étape 1/6 : Préparer la diode (facultatif)

Cette étape ne concerne que les bricoleurs fous n’ayant pas choisi d’acheter la diode précablée.

L’opération est simple : on veut rallonger les pattes de la diode et sécuriser le tout. Concrètement, on va souder un bout de fil électrique de chaque côté (dans mon cas un fil de terre), et on va « emballer » le tout dans de la gaine thermo-retractable pour que ce soit propre et sans risque (bon là aussi, si tu préfères utiliser du ruban isolant électrique tu as le droit, ça fera la même chose).

Ici la diode a été soudée, il ne reste plus qu'à protéger le tout dans de la gaine thermo-retractable

Ici la diode a été soudée, il ne reste plus qu’à protéger le tout dans de la gaine thermo-retractable

Ici la diode a été isolée avec de la gaine thermo-retractable.

Ici la diode a été isolée avec de la gaine thermo-retractable.

Étape 2/6 : On coupe le courant !

cette étape est indispensable et concerne tout le monde ! On coupe le courant ! De préférence le disjoncteur général, comme ça on est sûr de ne pas écourter bêtement cette vie de geek.

Étape 3/6 : On débranche le radiateur

Déposer le radiateur et défaire ses branchements

Cette étape dépend du type de radiateur électrique installé. Pour les miens, il faut les incliner pour les décrocher du mur, laissant apparaitre un cadre métallique et le branchement mural du chauffage.

Le radiateur déposé laisse apparâitre son cadre de fixation et ses branchements

Le radiateur déposé laisse apparâitre son cadre de fixation et ses branchements

On décroche alors le cache de la prise (souvent il suffit de tirer sur les coins pour dévoiler les vis de maintien). On pourra alors accéder au câblage du radiateur. Normalement si votre installation électrique est aux normes, vous devez vous retrouver avec un fil rouge ou marron (phase ?), un bleu (neutre ?), un noir (le fil pilote), et un bicolore vert et jaune (la mise à la terre).

De base, il y a au moins 2 câbles (phase + neutre) du radiateur qui sont branchés, il faut tout débrancher !

Étape 4/6 : On installe le module sans-fil

Avant de vous lancer sur les câbles du radiateur, je vous conseille de préparer votre module en lui fixant la diode et de petits morceaux de fil électrique pour faciliter le branchement.

Le module chacon prêt à brancher ! Attention au sens de la diode (cf schéma)

Le module chacon prêt à brancher ! Attention au sens de la diode (cf schéma ci-dessous)

C’est l’étape la plus importante, car un mauvais branchement peut occasionner le décès du module, du radiateur, ou le vôtre suivant votre erreur… Donc encore une fois, ne faites ces manipulations que si vous comprenez ce que vous faites, et faites le toujours avec le courant coupé ! Le schéma suivant montre le câblage à réaliser !

Schéma de câblage pour connecter radiateur, diode et module sans-fil Chacon CH54555

Schéma de câblage pour connecter radiateur, diode et module sans-fil Chacon CH54555

Pour cette étape, les borniers WAGO sont utiles car très compacts et manipulables sans outils. Parfois, avec les câbles multibrins (c’était le cas sur mon radiateur), la flexibilité du câble peut poser soucis pour l’enficher dans le bornier. Une solution que j’ai trouvé pour ne pas me prendre la tête est d’étamer le bout du câble du radiateur, ce qui aura pour effet de le rigidifier !

Une fois terminé, si vous avez bien travaillé, vous ne devriez plus voir aucun morceau de câble dénudé !

Module chacon installé. Là vous devinez que le plus difficile ça va être de tout rentrer dans le mur !

Module chacon installé. Là vous devinez que le plus difficile ça va être de tout rentrer dans le mur !

Étape 5/6 : On teste

Pour cette étape il faut remettre le courant. Avant de le faire, vérifier que toutes les connexions sont isolées électriquement.

Avant de tout rentrer dans la boîte d’encastrement, il faut procéder à l’association du module avec votre télécommande. Cette étape dépend du module acheté, sur les miens il faut presser un petit bouton pour que le module passe en mode « association » et ensuite appuyer sur le bouton ON de la télécommande qui pilotera votre module.

Si vous avez réussi l’étape d’association, vous devriez être en mesure de piloter le module (et donc le radiateur) depuis votre télécommande. Un appui sur OFF va ALLUMER le radiateur, tandis qu’un appui sur ON va l’ETEINDRE. Ce n’est pas une erreur ! C’est le mode de fonctionnement du fil pilote : en l’absence de courant (OFF) sur le fil pilote, le radiateur s’allume. Pour nous le fil pilote se limite donc à ces deux ordres :

Sans courant, on sera en mode "Confort". Avec courant, la diode filtrera les demi-alternances négatives ce qui nous permettra de positionner le radiateur dans le mode "Arrêt".

Sans courant, on sera en mode « Confort ». Avec courant, la diode filtrera les demi-alternances négatives ce qui nous permettra de positionner le radiateur dans le mode « Arrêt ».

Une fois que le module réagit correctement, il est temps de tout ranger tout ça dans la boîte d’encastrement et de remettre le « capot ». Je vous conseille de couper le courant à nouveau le temps de cette opération.
Le module est enfin casé ! Notez que j'ai du lui couper ses "oreilles" pour le faire loger là !

Le module est enfin casé ! Notez que j’ai du lui couper ses « oreilles » pour le faire loger là !

 

Terminé ! Impossible de faire la différence avec l'installation précédente vu d'ici

Terminé ! Impossible de faire la différence avec l’installation précédente vu d’ici

Etape 6/6 : On règle dans Domoticz

Suite à vos essais avec la télécommande, Domoticz devrait avoir capté le signal émis par celle-ci et afficher un nouvel appareil inconnu dans la section « Périphérique ». Cliquez sur la flèche verte de la ligne correspondante, donnez un nom à votre radiateur (dans mon cas « Radiateur salon ») et tadaaaa ! Votre radiateur est maintenant pilotable en un clic !

Le radiateur est désormais visible dans Domoticz

Le radiateur est désormais visible dans Domoticz

Si vous avez bien respecté la procédure (d’abord l’association à la télécommande puis l’ajout dans Domoticz), vous devriez voir le statut du radiateur se mettre à jour même lorsque vous le changez d’état à l’aide de la télécommande. Ainsi, même en cas de panne de Domoticz, le radiateur est toujours contrôlable sans se lever du canapé ;)

En conclusion

On a vu aujourd’hui comment piloter proprement un radiateur électrique, et cela sans avoir à tirer le moindre câble et pour un budget très correct. Dans un prochain article (que j’espère ne pas mettre 6 mois à écrire), je vous présenterai comment j’ai asservi le déclenchement du radiateur en fonction de la température mesurée dans la pièce, ce qui permet de simuler un thermostat multi-zones… pour 0€.

Au niveau des contraintes initiales, le chauffage reste fonctionnel manuellement comme avant, et si l’on souhaite le gérer dans Domoticz, ou à l’aide de la télécommande, il suffit de passer le radiateur sur la position « fil pilote » (avec la petite horloge en picto). De la même manière, le jour où je déménage il me suffit d’enlever diode et module pour rétablir l’installation d’origine.

En attendant, libre à vous de profiter du déclenchement à distance ou des plannings de Domoticz pour retrouver votre chez-vous à température en rentrant du boulot, ou être sûr qu’il se coupe bien la nuit !