Depuis le dernier article vous avez peut-être commencé à chercher une valise à laquelle donner un nouvel usage. Peut-être même que vous lui avez déjà offert sa propre reconversion en enceinte ou peut-être encore que vous patientez en attendant de voir les parties 2 et 3 de ce projet pour vous faire une meilleure idée du rendu. Quelle chance, on dirait que vous êtes en train de lire le deuxième article de la série :)

Dans l’épisode précédent

Dans le premier volet, on intégrait à notre valise des haut-parleurs, un ampli, et toute la câblerie qui va bien pour alimenter le dispositif en courant. Cela permettait d’avoir une première version de l’enceinte fonctionnelle, que l’on peut relier en bluetooth à un téléphone ou un ordinateur. En termes de mobilité on reste limité par rapport à notre objectif de base : disposer d’une enceinte capable de fonctionner sans fil à la patte. En termes de connectivité, on est également limité au bluetooth.

La mission du jour : ajouter une entrée mini-jack, des boutons pour contrôler le volume, et un interrupteur pour allumer/éteindre l’enceinte.

Si ça n’est pas aujourd’hui que l’on va ajouter la batterie, on va néammoins avancer en termes d’ergonomie d’utilisation en rajoutant plusieurs choses :

  • une entrée mini-jack,
  • des boutons pour monter et baisser le volume,
  • un interrupteur pour allumer et éteindre l’enceinte.

Le résultat à la fin du chantier du jour : quelques boutons et une entrée mini-jack de plus sur notre valise-enceinte !

J’aurais pu ajouter davantage de boutons mais je ne voulais pas complètement dénaturer l’objet et le faire ressembler à une calculatrice :) Si vous pensez que l’esthétique de l’appareil peut supporter quelques boutons supplémentaires, vous pourrez facilement en ajouter pour les fonctions suivantes : play/pause, « chanson précédente » et « chanson suivante » en reprenant la méthode décrite ici. Notez que ces fonctionnalités ne seront utilisables que dans le cadre d’une utilisation en bluetooth. Comme vous l’avez compris, j’ai choisi de mon côté de me limiter aux fonctionnalités qui sont communes quelle que soit l’entrée : bluetooth ou mini-jack.

Choix des pièces détachées

Bon vous allez voir la liste est courte. Pour préserver l’esthétique de cette valise-enceinte, j’ai opté pour des éléments avec le moins de plastique possible sur les parties visibles. L’ensemble est dans mon cas de couleur inox avec quelques touches de noir. Comme ces éléments seront visibles depuis l’extérieur, j’ai choisi des composants prévus pour être montés sur un panneau (expression « panel mount » en anglais). Bon trève de blabla, voici les composants que je me suis procurés.

Les pièces détachées dont on va avoir besoin aujourd’hui. Si vous n’avez pas trouvé une vieille prise jack câblée, vous pouvez acheter une prise mini-jack mâle à souder sur laquelle vous souderez les 3 fils nécessaires.

Matériel et consommables nécessaires

Pour cette étape, on va principalement percer des trous et faire des soudures. ll nous faut donc :

Montage !

Allez, il y a pas mal d’explications mais l’ensemble est très accessible. Prévoyez vous une bonne heure pour faire tout ça.

Perçage

On commence par repérer les trous à percer. Pour être sûr de faire quelque chose d’esthétique, j’ai commencé à tracer au crayon à papier une ligne bien parallèle à la façade de ma valise et j’y ai placé 4 repères espacés de 1,5 cm : ce sera mes points de perçage. Comme mes éléments font à peu près tous le même diamètre, cela permet d’avoir quelque chose de propre et harmonieux.

Ajout de l’entrée jack

C’est peut-être la partie qui demande le plus de réflexion, mais comme d’habitude, je vous ai mâché le travail :) Le truc avant d’installer notre entrée, c’est qu’il va falloir la souder à ma vieille prise mini-jack de récup. Ici on a trois fils à souder (un fil pour le canal gauche, un autre pour le canal droit, et le dernier pour la masse qui est commune aux deux canaux), et il y a cinq broches sur mon connecteur jack femelle, alors comment savoir où souder quoi ? C’est là encore une fois que vous allez pouvoir dégainer votre bon vieux multimètre en mode « testeur de continuité » (mais si tu sais, le mode où ça bipe quand tu fais toucher les deux pointes) et un câble mini-jack mâle vers mini-jack mâle.

La méthode à Papa pour trouver les bonnes broches

Pour démasquer les trois broches intéressantes, vous pouvez procéder comme suit :

  • Branchez le câble mâle-mâle dans le connecteur femelle à souder.
  • Mettez une des pointes du multimètre sur l’un des trois anneaux du connecteur mâle libre de votre câble
  • Avec l’autre pointe, touchez chacune des pattes du connecteur jack femelle jusqu’à ce que ça bipe.
  • Recommencez l’opération jusqu’à avoir déterminé les trois pattes correspondant aux trois anneaux de votre prise jack mâle : ce sont les trois pattes qu’il faudra souder !

Côté prise jack de récup, je dénude mes fils, relie les deux masses (elles sont communes) et je réalise les soudures sur mes trois pattes précédemment repérées, cela donne ça.

Ici le câble dénudé de la prise jack. On y voit 4 « fils » : le canal gauche, le canal droit, et les 2 tresses au milieu sont la masse. Vous pouvez relier ces 2 fils ensemble pour n’en avoir plus que 3.

A ce moment si vous avez bien travaillé, vous pouvez tester votre « rallonge » mini-jack maison en la branchant côté mâle sur votre téléphone, on branche un casque audio sur le côté femelle, et on lance de la musique depuis le téléphone Si vous entendez normalement le son dans votre casque audio, c’est que vous avez bien travaillé, bravo !

Ensuite le montage dans le trou associé est une formalité. Attention si vous avez opté pour les mêmes connecteurs femelles que moi, vous remarquerez assez vite que le pas de vis est hyper court. Il ne faut pas que la coque de votre valise soit trop épaisse pour que ça marche. Sur la mienne en tous cas, ça fonctionne comme sur des roulettes !

La base mini-jack femelle soudée à notre câble mini-jack mâle.

Ajout des boutons « Volume + » et « Volume -« 

Pour ajouter les boutons poussoirs, vous allez avoir besoin d’un peu de fil électrique souple. Le principe de l’opération est simple. Sur notre carte d’amplification, il y a cinq boutons : Play/Pause, Volume +, Volume -, morceau précédent, morceau suivant. Chacun de ces boutons est un mini bouton poussoir : le fait de le presser met en contact les deux broches d’un côté avec les deux broches opposées. On va donc souder des fils en parallèle de ces broches pour qu’une pression sur nos boutons poussoirs en inox fasse le même effet qu’une pression sur les boutons poussoirs présents sur notre carte d’amplification. Commencez par souder des fils sur nos nouveaux boutons poussoir inox.

Nos boutons poussoirs sur lesquels on a soudé des fils isolés via de la gaine thermo-retractable.

Comment trouver les bonnes broches sur lesquelles souder ?

Tu l’as compris, on a seulement deux fils à souder, et quatre broches possibles par bouton. Si on ne relie pas les bonnes, une pression sur nos boutons n’aura aucun effet ! Pour ne pas se tromper, j’ai deux méthodes possibles.

  1. la méthode à Papa : on met le multimètre en mode « testeur de continuité » et on repère les broches qui font biper le multimètre uniquement à la pression sur les boutons,
    la méthode de fainéant  : on soude les fils en diagonale, impossible ainsi de tomber sur deux broches en contact permanent.
  2. Je vous laisse deviner quelle méthode j’ai utilisée :)

Oui, il se pourrait que je sois un peu feignant sur les bords :)

Une fois nos deux boutons poussoirs soudés en paralèlle, il ne reste plus qu’à les positionner sur la valise à l’aide de leurs écrous/rondelles. Si vous souhaitez ajouter davantage de boutons, vous avez compris le principe :)

La boulette qui peut faire peur (testée et approuvée)

Quand j’ai terminé les soudures, mon ampli ne démarrait même plus… « Super, j’ai tout foutu en l’air » me suis-je dit ! En fait, je me suis rendu compte qu’à cause d’un petit excès d’étain sur une de mes soudures, j’avais mis en contact une des broches des boutons poussoirs avec sa carcasse en métal. Cela devait créer une anomalie dans le circuit qui le rendait inutilisable… Une fois le surplus d’étain retiré, tout est rentré dans l’ordre ! Ouf !

Et enfin, on ajoute l’interrupteur

Bon là ce n’est pas le plus difficile, il s’agit d’ajouter un interrupteur sur le fil positif qui relie le connecteur d’alimentation de l’enceinte au circuit d’amplification. Ainsi on va pouvoir couper ou laisser passer le courant. Si l’utilité est limitée sur une enceinte qui est branchée en permanence au secteur, cela évitera de décharger inutilement la batterie quand on l’ajoutera (teasing de malade pour la troisième partie de l’article !).

Schéma de branchement de l’interrupteur. On va modifier le câble réalisé dans la partie 1 pour que l’interrupteur puisse couper le courant.

 

L’interrupteur, câblé, prêt à être intégré sur le câble d’alimentation de l’ampli.

Là encore, on va utiliser du fil électrique et le fer à souder. Comme d’habitude, je vous conseille d’utiliser de la gaine thermo-rétractable pour bien isoler vos soudures. Attention si vous utilisez un interrupteur à trois pattes comme le mien : il faut souder un des deux fils obligatoirement sur la patte du milieu, sinon vos deux fils ne seront jamais en contact quelle que soit la position de l’interrupteur. Une fois les soudures terminées, il suffit là aussi d’installer l’interrupteur sur la coque de la valise à l’aide de la visserie fournie.

Les 4 éléments intégrés dans la valise, vus de dessous.

 

Tous nos éléments sont installés, il n’y a plus qu’à faire joujou.

Après quelques semaines d’utilisation

Ces boutons et cette entrée jack sont très utiles et agréables à utiliser, je ne regrette pas du tout d’avoir passé un peu de temps à l’installation. En termes de facilité d’usage, je regrette d’être parti sur un interrupteur à trois pattes car au lieu d’avoir deux positions (ON et OFF), je me retrouve avec trois positions (ON, OFF, et encore OFF). En écrivant cette phrase, je me rends compte que si je reliais les deux pattes extérieures de l’interrupteur entre elles, j’aurais ON / OFF / ON avec la position centrale pour le OFF, ce serait bien plus user-friendly ! Bon, je sais quoi faire en rentrant de mon weekend :)

Et voici notre valise enceinte avec quelques éléments de contrôle et surtout une entrée mini-jack.

Si c’était à refaire

Je pense que si je devais refaire le chantier, je changerais quelques détails.

  • Comme je l’écrivais juste au-dessus, je prendrais un interrupteur à bascule avec seulement deux positions, quelque chose dans ce genre là.
  • Pour le connecteur jack femelle, je prendrais une version prévue pour ce type de montage, avec un pas de vis plus grand afin de pouvoir l’ajuster plus facilement
  • Pour faciliter l’alignement, le montage, et la rigidité de l’ensemble, j’essayerais  de trouver une plaque métallique pré-percée, comme les Meccano de mon enfance. Cela pourrait servir de gabarit pour le perçage et aiderait à rigidifier l’ensemble, sans ajouter trop d’épaisseur.
  • Je me demande si je ne chercherais pas à ajouter une led sur la valise pour connaître l’état de l’appareil (ON ou OFF), voire déporter celle de l’ampli (qui permet en plus de savoir s’il est alimenté, de voir si l’amplificateur est en mode « disponible pour appairage bluetooth » ou pas). Pourquoi ne pas combiner ça avec un interrupteur à led intégrée ?

Que diriez-vous d’avoir cette enceinte chez-vous ?

Ce n’est pas une blague, je vais vous offrir cette enceinte. Elle n’est sûrement pas parfaite mais c’est un chouette objet. Je me suis dit qu’à l’issue de la troisième et dernière partie, je vous proposerai un petit concours où le plus chanceux d’entre vous pourra repartir avec ! Si vous voulez être sûr de ne pas rater le prochain article qui contiendra la parution du concours, je vous invite à suivre la page Facebook, ou vous inscrire ici pour recevoir les nouveaux articles par mail (promis, pas de spam, jamais !).

En conclusion

Ici s’achève notre deuxième phase de construction, comme d’habitude, l’idée c’est que vous ayez un objet qui reste fonctionnel après chacune de ces avancées. Dans mon métier on appelle ça « travailler en mode agile », ça me fait sourire de me dire que j’applique aussi ça pour des projets qui n’ont rien à voir avec l’informatique. Comme d’habitude, si vous avez des questions, des galères ou des succès, n’hésitez pas partager tout ça dans les commentaires où je constate que vous êtes de plus en plus nombreux à vous répondre les uns les autres, et voir cette entraide ça fait chaud à mon petit cœur :)


J’aime fabriquer des objets, pour le plaisir. J’aime qu’ils soient uniques, malins, qu’ils aient une histoire. Il y a longtemps quand j’ai commencé cette activité de maker, je voulais tout faire de A à Z, tout maîtriser. Avec le temps j’ai changé d’orientation et je me suis lancé par mon petit combat personnel : sauver ces objets que plus personne ne veut et leur donner une nouvelle vie, souvent en transformant leur usage. Si vous êtes habitués de ce site vous vous souvenez peut-être de ma radio de 1956 qui s’est mise à lire MP3, podcasts et radio en streaming (partie 1, partie 2). Aujourd’hui on ne touchera pas à la radio de papy, aujourd’hui c’est après sa valise que j’en ai !

Les valises des années 50 et 60 ont un sacré style, est-ce qu’on ne leur donnerait pas une nouvelle vie ?

Et si on transformait cette valise de carton bouilli en enceinte audio ?

On a tous vu dans le placard de mamie ou dans un film ces valises en carton bouilli aux coins métalliques. S’il ne me viendrait pas à l’idée de les utiliser pour voyager, je ne les vois plus de la même manière depuis que je suis tombé sur ce site dont la spécialité est de les convertir en enceinte audio, jugez plutôt.

Quelques modèles de chez « TheBoomCase »

Chaque pièce est évidemment unique et le budget s’en ressent : de $500 à $1500 l’objet, de quoi calmer mes ardeurs d’acheteur… tout en attisant ma réflexion. Au final une enceinte audio c’est un (ou plusieurs) haut parleur(s), un ampli et… c’est tout. Ok, on peut ajouter une batterie, des fonctionnalités plus ou moins high-tech mais rien d’insurmontable.

Ce serait quoi pour toi l’enceinte de tes rêves ?

Bon quitte à construire une enceinte, autant en faire une qui corresponde à nos attentes de 2018 ! Si je devais construire ma liste au père noël, j’en souhaiterais une qui soit suffisamment puissante pour sonoriser une soirée chez moi, que je puisse trimballer sans trop de difficulté chez des potes, voire que je pourrais utiliser en extérieur l’été. J’aimerais qu’elle puisse fonctionner en Bluetooth ou connectée en filaire via un simple câble jack.

Donc, si je résume :

  • Puissante
  • Facile à transporter
  • Utilisable sur une source Bluetooth ou via un câble jack
  • Utilisable sur secteur et batterie

Ah, et bien sûr pas cher et réparable ! Pas question donc de tout souder/coller et que la moindre modification prenne des heures !

De quoi a-t-on besoin pour fabriquer cette enceinte de rêve ?

Déjà, histoire de ne pas partir dans un chantier que je ne finirai jamais, je décide de partir sur une première version de l’enceinte que je vais pouvoir améliorer dans le temps si le concept de base me plaît. L’intérêt c’est que cette première version est plutôt simple et va permettre de profiter déjà de l’enceinte pour voir ce que ça donne en termes de puissance et de son.

Je sais que tu es pressé de voir la liste des pièces, alors la voici brute, et je te parle de chaque élément en détail plus bas pour que tu comprennes les avantages et limites de chacune.

Pièces nécessaires pour cette première version (sans batterie et sans déporter la prise jack) avec les prix que j’ai payés :

L’ensemble des pièces nécessaires pour le projet du jour.

Bon, la base c’est la valise. Plus grande elle est, plus vous pourrez y mettre des haut-parleurs nombreux et imposants… mais plus compliqué sera le transport de la bête… J’ai trouvé la mienne dans la rue, mais vous pouvez vous tourner vers les vides-greniers, brocantes, leboncoin, ebay… ou tout simplement demander à Mamie :) Pour ma part, je souhaitais quelque chose de pas trop encombrant pour pouvoir la déplacer facilement à pied ou à vélo.

Ensuite, pour les haut-parleurs il y a deux écoles : vous pouvez vous tourner vers des haut-parleurs de voiture (c’est ce que j’ai fait), mais une bonne solution également est de partir d’enceintes de salon et de les démonter pour en récupérer les haut-parleurs. Là aussi, vous pouvez demander à votre entourage ou arpenter les marchés de seconde main. Attention de les prendre adaptées à votre valise en termes de taille !

Le reste, il vous faudra très certainement l’acheter car peu évident à trouver en « récup ».

L’amplificateur est la pièce maîtresse de l’ensemble ! J’ai sélectionné celui-ci car il est (un peu trop !) puissant avec ses 2x50W et surtout il intègre une entrée jack, la connectivité Bluetooth et il est basé sur une bonne puce d’amplification avec un rendement intéressant (elle consomme peu, ce qui lui permet de ne pas chauffer et d’avoir une bonne autonomie dans le cas d’un fonctionnement sur batterie). Bon, autant vous le dire tout de suite, avec mes enceintes de 2x35W, j’aurais pu me contenter de quelque chose de moins puissant.

Le transformateur choisi peut être substitué par n’importe quel modèle fournissant au moins 2A avec une tension entre 8 et 25VDC (c’est ce qu’accepte le circuit d’amplification). Là aussi la récup est possible, par exemple la plupart des transformateurs pour PC portable fournissent du 19VDC, ce qui convient bien. Pourquoi avoir choisi un modèle de 16.8VDC ? Tout simplement parce que si je fais évoluer l’enceinte en lui rajoutant une batterie de quatre cellules lithium, c’est la tension dont j’aurais besoin.

Et niveau outils ?

Une fois que vous aurez toutes les pièces en mains, vous aurez besoin d’outils pour mener à bien l’assemblage. Voici ce dont vous aurez besoin.

Réalisation de votre enceinte unique au monde

Vous êtes chauds ? C’est parti !

Etape 1 : Découpe de la valise

Exercice un peu délicat car il ne donne pas (trop) le droit à l’erreur. L’idée c’est d’utiliser le mètre pour déterminer exactement où placer les axes des cercles qui permettront la découpe des emplacements des haut-parleurs. Il ne faut pas les positionner trop au bord si vous voulez conserver une bonne rigidité de l’ensemble.

Pour la découpe à la scie sauteuse, il faut percer un trou à l’intérieur du cercle à évider, suffisamment large pour pouvoir y glisser la lame de la scie sauteuse. Ne stressez pas si le cercle n’est pas parfait, on ne verra rien depuis l’extérieur.

C’est parti pour la découpe. ça fait peur mais notre valise ne va pas rester longtemps comme ça :)

Etape 2 (facultatif) : Création d’une plaque de renfort

Cette étape est facultative mais améliore grandement la stabilité de l’ensemble surtout si comme moi la paroi de votre valise est assez fine. L’idée c’est de découper une planche de bois pas trop épaisse qui viendra épouser le fond de la façade de la valise. Son rôle sera double. Elle rigidifiera l’ensemble d’une part, et de l’autre elle permettra d’y visser les haut-parleurs au travers de la façade.

Là, je n’avais pas grand chose sous la main mais j’ai utilisé une chute de parquet flottant. Au final, c’est parfait pour cet usage car pas trop épais, très rigide et facile à travailler. Qui plus est ça donne une petite ambiance « bois » à l’intérieur de la valise qui me plaît bien. Astuce si vous n’avez pas moyen de récupérer une planche de ce type, vous pouvez aller dans n’importe quel magasin de bricolage qui propose du bois à la découpe. En général il leur reste sur les bras des chutes qui ne sont pas exploitables mais qui vous suffiront largement. S’ils ne les donnent pas, ils les vendent pour 1 à 3€.

En termes de technique pour découper la planche, je vous conseille de commencer par découper le rectangle qui viendra dans la valise, et ensuite de l’insérer dans son futur logement pour y détourer l’emplacement de la découpe au travers de la valise fraîchement découpée.

Une fois que le support est réalisé, il n’y a plus qu’à positionner les haut-parleurs et visser l’ensemble.

Notre planche de renfort découpée et prête à être installée. Les cercles ne sont pas parfaits mais ils ne se verront pas.

Une fois la planche positionnée, on peut visser les haut-parleur dans la valise en se servant de la planche comme support de fixation.

Etape 3 : Préparation du cordon d’alimentation et installation de la prise

Pour préparer le cordon, soit vous avez comme moi la chance d’avoir pu en récupérer un sur un vieux transfo, soit il va falloir visser/souder les 2 fils sur votre prise d’alimentation mâle. Cette partie ira se brancher sur le circuit d’amplification

Le câble récupéré sur mon vieux transfo US. Pas de panique si vous n’avez pas récupéré un transfo de ce genre, vous pouvez partir d’une fiche mâle d’alimentation sur laquelle vous souderez/visserez 2 fils. Note : le pôle positif est au centre de la fiche, le pôle négatif à l’extérieur.

Ici il va falloir percer la valise au diamètre qui va bien pour y passer le connecteur. Ensuite c’est là que vous allez potentiellement avoir besoin de faire un peu de soudure. Note pour les allergiques du fer à souder, je vous donne plus loin quelques astuces pour ne pas avoir besoin de faire de soudure.

Alors si vous ne voulez pas refaire le boulot plusieurs fois, je vous conseille de ne pas faire comme moi et de bien réfléchir à l’ordre dans lequel vous devez positionner les éléments avant de souder ! Dans l’ordre et pour ne rien oublier :

  1. Passer l’écrou sur le câble
  2. Passer le câble dans le trou de la valise
  3. Positionner la gaine thermo sur les fils du cordon
  4. Mettre le caoutchouc de protection sur l’embase jack d’alimentation
  5. Souder les fils sur l’embase
  6. Ajuster la gaine thermo
  7. Visser l’écrou

C’est terminé !

Et voilà le travail. C’est beau, c’est propre, il n’y a plus qu’à refermer. Evidemment la première fois j’ai oublié de mettre l’écrou à l’intérieur ! Ne faites pas la même étourderie.

Etape 4 : Branchement et test de l’ensemble

A ce moment là de l’installation, tout est censé être fonctionnel, c’est donc le moment idéal de tester avant de tout fixer ! Pour cela rien de plus simple, on branche notre câble d’alimentation sur l’ampli, le transformateur sur la prise d’alimentation toute neuve, les enceintes sur le circuit d’alimentation et c’est parti !

Tout est branché, il n’y a plus qu’à tester !

Quelques détails : si vous utilisez le même circuit d’amplification que moi, vous verrez qu’il possède deux petits cavaliers qui permettent d’ajuster la puissance d’amplification générale. Je pensais pouvoir diminuer un peu la puissance de l’ensemble grâce à eux quand je me suis aperçu que les cavaliers étaient positionnés sur le niveau d’amplification maximum (33.6dB)… Sauf que le son est encore plus fort quand je le passe dans les autres positions… Je les ai donc laissés dans leur position par défaut.

En bas à gauche, vous voyez les différentes positions possibles des cavaliers et le niveau d’amplification correspondant… Au moins en théorie :)

Si vous utilisez le module en Bluetooth, le nom du périphérique auquel vous devez vous connecter est « SANWU audio ».

Etape 5 : Fixation du circuit d’amplification

On touche au but ! Si vous avez suivi les étapes précédentes, vos haut-parleurs sont bien en place, votre prise d’alimentation aussi, il ne reste plus que le circuit d’amplification qui se balade dans votre valise. Pour ça j’ai testé deux solutions dont le succès dépendra du revêtement de votre valise !

  • Solution 1 : la colle chaude. On colle les quatre plots en plastique avec un peu de colle chaude, et le tour est joué !
  • Solution 2 : le velcro autocollant. On se débarrasse des plots en plastique et on vient coller le circuit au velcro sur le fond de la valise. (En moins mobile, le ruban adhésif double face fait aussi bien le travail).

Attention, je vous livre ici une de mes boulettes à ne pas reproduire : si vous décidez de fixer votre ampli près d’un bord de la valise, faites attention à laisser suffisamment d’espace pour ne pas gêner le branchement/débranchement des câbles, ça pourrait être handicapant pour la suite !

4 « points » de colle chaude et le tour est joué.

Possible de réaliser tout ça sans soudure ?

Quelques uns de mes proches qui ont suivi toute l’opération pendant ma semaine de vacances m’ont demandé s’il était possible de réaliser cette enceinte sans avoir recours au fer à souder. C’est effectivement possible pour ce premier volet en tous cas ! Si vous souhaitez tenter le coup, je vous conseille de partir sur des haut-parleur de voiture (plutôt que des enceintes « bibliothèque » de récupération) car ceux-ci sont prévus pour être montés à l’aide de cosses, que l’on peut monter sans soudure. Pour le connecteur d’alimentation il existe également des fiches mâles/femelles avec des borniers à vis, ce qui simplifie le travail. Après, si vous voulez mon avis personnel, n’hésitez pas à investir dans un fer à souder simple, il vous en coûtera moins de 20€ et pourra vous dépanner plus souvent que vous ne l’imaginez ! Et pour apprendre à faire de bonnes soudures, ce ne sont pas les démos sous Youtube qui manquent !

Résultat : une enceinte Bluetooth au look unique !

Et voilà, au terme de ce petit guide, je me retrouve avec une enceinte au style unique et qui est bien plus puissante que celles que j’ai pu croiser jusqu’à présent ! Après quelques jours d’utilisation, je suis hyper satisfait de l’esthétique et du rendu sonore. Un bémol qui peut vous aider dans le choix de votre valise : la poignée métallique de la mienne vibre quand il y a beaucoup de basse ce qui produit un son pas très agréable. Pour éviter le phénomène, soit je la suspends par la poignée, soit je cale du tissu sous la poignée (une paire de gants par exemple). Une solution serait de la rendre détachable, il faut que j’y réfléchisse !

Dans les prochains articles, je vous montrerai comment j’ai rajouté quelques boutons de contrôle, une entrée jack, et surtout une batterie au lithium pour la rendre complètement transportable ! Comme d’habitude, vos questions et critiques sont les bienvenues, n’hésitez pas non plus à partager vos réalisations !

Je vous ai également préparé une petite surprise pour la fin de cette série d’articles mais je n’en dis pas plus pour le moment :)

Notre enceinte prête à envoyer du son ! Petite astuce si vous avez quelques rayures comme moi : un petit coup de cirage de la couleur adaptée les camoufleront plutôt bien :)


Quand j’ai écrit, il y a 2 ans, l’article qui expliquait comment dupliquer le contenu d’une puce RFID, je n’imaginais pas qu’il susciterait un tel engouement. Pourtant, encore aujourd’hui c’est un des articles les plus consultés du site et c’est également un de ceux pour lequel je reçois de plus en plus de questions. Aussi, je me suis dit qu’il était temps d’écrire cette seconde partie que tant attendent : comment réaliser un clone parfait et complet d’une puce rfid.

On travaille toujours sur la famille de tag Mifare

Même s’il en existe différentes familles, les puces (ou tags) les plus répandues sont de type « Mifare Classic ». Cela tombe bien, c’est justement le type de tag sur lesquels nous allons travailler aujourd’hui. Personnellement je les ai rencontrés sur tout un tas d’applications différentes : badge de porte d’immeuble, carte d’accès à un parking, carte d’accès à une chambre d’hôtel, porte monnaie électronique pour la machine à café, ou encore carte de consommation de boissons dans certains bars et boîtes de nuit.

Pourquoi écrire un nouvel article sur la copie de tag RFID ?

Si vous êtes familier du 1er article que j’ai écrit sur le sujet, vous pouvez vous demander ce que vous allez apprendre de plus ici, voici les 2 raisons principales qui vous motiveront :

  • Si dans le 1er article on se contentait de copier les données d’un tag RFID à l’autre, aujourd’hui on va voir comment modifier l’identifiant du TAG (le fameux UID ou Unique ID) qui est gravé en usine, non modifiable et inviolable… enfin presque
  • Dans le premier article, il fallait installer linux sur une machine, avant d’installer ensuite les outils de manipulation des tags RFID. Une manoeuvre un peu compliquée pour les plus novices. Aujourd’hui je vous montre comment créer en 3 clics une clé USB sur laquelle vous pourrez démarrer votre ordinateur. Vous arriverez ainsi sur un bureau temporaire contenant tous les outils qui vous seront nécessaires, sans que cela n’altère votre machine.

C’est quoi cette histoire d’UID ?

Les tags RFID sont généralement composés de 2 zones : une zone de stockage de données, généralement ré-inscriptible, et une zone de stockage de l’identifiant du tag. Le fameux UID. L’UID est un identifiant unique au monde (il n’existe donc pas 2 tags avec le même UID). Il est gravé en usine au moment de la fabrication du tag et se trouve sur une partie du tag qui n’est pas ré-inscriptible. On ne peut donc pas le modifier.

A titre d’information, les tags Mifare Classic 1K (les plus répandus) contiennent 64 blocs de données. L’UID est stockée sur le premier bloc (souvent appelé dans la litterature « block 0 ») et les 63 suivants sont dédiés au stockage de données.

Dans ce cas comment dupliquer un UID ?

Si on ne peut pas modifier l’UID stocké sur ce fameux bloc 0, comment avoir 2 cartes avec le même identifiant ? C’est là que nos amis les chinois arrivent à la rescousse :)

Depuis quelques années, on a vu arriver sur le marché des tags mifare avec une petite particularité : légèrement modifiés, ils possèdent un bloc 0 réinscriptible. On peut donc modifier l’UID sur ces tags (et uniquement ceux-là !). La première fois que j’ai réussi à mettre la main sur un tag de ce type, c’était en 2014, et j’estimais avoir fait une bonne affaire en dépensant environ 20 dollars pour ce tag. En 2017, les prix ont été divisés par 10 et mettent donc ce type de tag à la portée de tous les curieux !

Où trouver ces tags chinois avec UID modifiable ?

Évidemment, ces tags sont moins évidents à dénicher mais une petite recherche sur ebay devrait vous permettre de trouver votre bonheur. Voici quelques exemples : par lot de 5 (depuis la Chine), par lot de 10 (depuis la Chine), par lot de 10 (depuis la France).

Un mot sur sur la norme VIGIK

VIGIK : ce nom peut sembler barbare, mais c’est la norme créée par La Poste pour standardiser l’accès aux immeubles. On lit donc très souvent le nom de cette norme sur les interphones. C’est donc VIGIK qui permet à votre facteur, mais aussi aux pompiers, policiers et autres services d’urgence d’ouvrir n’importe quelle porte d’immeuble avec un badge unique. Si je vous en parle aujourd’hui c’est que je reçois beaucoup de questions à ce sujet, car nombreuses sont les personnes qui se rêvent la possession d’un tel badge (et oui, ces badges ne sont ni plus ni moins que des tags RFID Mifare).

Malheureusement, ce n’est pas si simple. S’il est tout à fait possible de dupliquer le badge de votre ami le facteur, la norme est faite de telle sorte que pour que le badge reste valide il faut qu’il soit « rechargé » toutes les 48h. En d’autre terme, si par je ne sais quel hasard, vous arriviez à copier un de ces passes VIGIK, il ne fonctionnerait que pendant quelques heures avant de devenir complètement inutile.

Est-ce que ça veut dire que je ne peux pas dupliquer mon badge d’accès d’immeuble si je lis « VIGIK » sur l’interphone ?

Puisque ça ne fonctionne pas pour le badge du facteur, on pourrait se dire que ça ne fonctionnera pas davantage pour les résidents… Mais en fait si ça fonctionne. Les badges résidents n’ont pas besoin d’être rechargés comme ceux des facteurs, par conséquent si vous en dupliquez un cela fonctionnera et vous donnera les mêmes accès que le badge original.

Motivés à tenter l’expérience ? Il est temps de passer aux choses sérieuses :)

Cloner un tag mifare

Matériel nécessaire

Etape 1 : Création de la clé USB de démarrage

Pour ne pas avoir à installer de Linux sur le disque dur, il faut créer une clé USB de démarrage. Le principe est simple : lors de son lancement, le PC démarrera le système d’exploitation présent sur la clé USB comme s’il s’agissait de son propre disque dur. Cela nous permettra d’obtenir un système linux complet pour notre session de travail sur les tags RFID. A l’extinction de l’ordinateur, il suffira de retirer cette clé USB pour que la machine retrouve son fonctionnement normal.

J’ai choisi de travailler avec la distribution linux « Kali ». Cette distribution, orientée sécurité, contient de nombreux outils dont les fameux « NFC Tools » qui nous seront utiles aujourd’hui. Il faut commencer par télécharger kali (version 64 bits full) ici https://www.kali.org/downloads/. Ce tuto a été réalisé avec la version 2017.1 qui est sortie voilà quelques jours au moment où j’écris ces lignes.

Une fois le fichier ISO récupéré, il va falloir le transférer sur la clé. Pour cela j’utilise comme à mon habitude le logiciel RUFUS qui est très simple. Une fois RUFUS téléchargé et installé, il suffit de sélectionner la clé USB sur laquelle installer Kali, et de lui indiquer l’endroit où votre fichier ISO de kali est situé. Chez moi cela donne quelque chose comme ça :

L’écran de RUFUS, prêt à créer la clé USB de démarrage avec Kali.

Cliquez ensuite sur le bouton Démarrer pour lancer l’opération.

Etape 2 : Lancement du système et préparation de l’environnement

Une fois votre clé préparée, éteignez l’ordinateur que vous souhaitez utiliser, branchez la clé et démarrez sur la clé USB. Attention pour sélectionner un périphérique de démarrage, sur certains ordinateur il faut appuyer sur une touche particulière. Sur le mien par exemple, il s’agit de la touche Echap, mais j’ai déjà croisé des ordinateurs où il fallait utiliser la touche F2F8, F10, F11 ou Suppr par exemple…

Après quelques instants nécessaires au chargement du système, vous devriez atterrir sur un bureau vierge. On y est presque.

Le bureau de Kali au démarrage

Par défaut, le clavier est configuré en QWERTY, ce qui n’est pas très pratique si votre ordinateur est équipé comme le mien d’un clavier AZERTY. Pour rétablir cela, il suffit de lancer le terminal via l’icône suivante :

L’icône du terminal se trouve sur la barre de gauche.

Une fenêtre d’invite de commande va s’ouvrir, et il faudra saisir à l’intérieur la commande suivante : setxkbmap fr (ce qui nécessitera sur votre clavier d’appuyer sur les touches setxb,qp fr). Cette fenêtre de terminal va nous servir dans toutes les manipulations suivantes, vous pouvez donc la garder ouverte.

La commande doit être tapée dans le terminal, ce sera la même chose pour toutes les autres commandes de ce tuto.

Maintenant que le clavier est en français, il va falloir configurer le système pour que les NFC Tools puissent interagir correctement avec votre lecteur RFID. Pour ce faire, commencez par branchez votre lecteur RFID (si ça n’est pas déjà fait). Kali va alors charger automatiquement en arrière plan des modules qui vont perturber les NFC Tools. Pour décharger ces modules, toujours dans votre fenêtre du terminal, entrez les commandes suivantes.

root@kali:~# modprobe -r pn533_usb
root@kali:~# modprobe -r pn533

On dsactive avec ces 2 commandes les modules standard de linux qui perturberaient les NFC Tools

L’environnement est désormais fin prêt pour notre petite expérience, on va pouvoir entrer dans le vif du sujet.

Etape 3 : Vérifier le bon fonctionnement du lecteur

Pour être sûr que le lecteur fonctionne correctement avec les NFC Tools, il suffit de lancer la commande suivante et de passer un tag RFID devant le lecteur.
sudo nfc-list
Si tout est bien configuré, le lecteur devrait vous afficher quelques informations sur le tag, dont le fameux UID, comme dans la capture ci-dessous. Ici mon UID, ce fameux numéro unique est le ea b5 8f 4b. Si vous essayez maintenant avec votre puce RFID chinoise, vous devriez obtenir un numéro d’UID différent, ce qui est tout à fait normal.

L’UID est visible avec la commande nfc-list, sur la ligne « UID ». Ici la puce à copier à un UID avec la valeur suivante : eab58f4b.

Si jamais vous obtenez un message d’erreur ou si rien ne s’affiche plusieurs possibilités :
Votre tag n’est pas un tag RFID compatible avec votre lecteur
Il y a eu une erreur lors de l’étape 2, recommencez donc à cette étape en vérifiant méticuleusement vos commandes.

Etape 4 : Extraire les clés de chiffrement de la puce RFID chinoise dans un fichier

Cette étape au nom un peu barbare ne devrait vous prendre que quelques secondes. Son principe ? Pour pouvoir écrire sur une puce RFID, il faut en posséder les clés de chiffrement. Une sorte de mot de passe qui permet d’encoder et de décoder les informations de la puce. Ces clés de chiffrements vont être stockées avec le contenu de la clé, dans un fichier. Ce fichier nous servira lors de l’étape finale pour copier les données de la puce originale sur la puce chinoise.

Pour lancer l’extraction des clés de chiffrement, placez votre puce sur le lecteur et saisissez dans un terminal la commande suivante.

root@kali:~# mfoc -P 500 -O carte-vierge.dmp

Les clés de chiffrement seront stockées dans le fichier « carte-vierge.dmp ».

La commande mfoc permet de copier le contenu d’une puce dans un fichier. Cette commande va notamment se charger de trouver les différentes clés de chiffrement qui empêchent normalement de lire le contenu de la puce RFID.

Etape 5 : Copiez le contenu de la puce RFID d’origine dans un fichier

Maintenant que les clés de chiffrement de la puce chinoise sont extraites, il va falloir faire de même avec la puce originale. Cette opération va copier les clés de chiffrement et le contenu de la puce d’origine dans un fichier. Ce fichier contiendra toutes les données de la puce, ainsi que son UID. C’est en quelques sorte une « sauvegarde » de votre puce RFID. N’hésitez pas à la conserver en lieu sûr, ainsi si vous perdez votre puce RFID vous pourrez en créer de nouvelles à l’identique à partir de ce fichier de sauvegarde.

Pour ce faire, placez la puce originale sur votre lecteur, et entrez la commande suivante : mfoc -P 500 -O carte-originale.dmp

Vous l’aurez surement compris, cette commande va créer un fichier « carte-originale.dmp » c’est le fameux fichier de sauvegarde de votre puce originale.

A nouveau on a recourt à la commande mfoc, toujours pour les mêmes raisons que dans l’étape précédente. Avec la puce originale c’est généralement plus long car les clés de chiffrements sont rarement celles d’origine, et la commande mfoc doit donc exploiter une faille des puces mifare pour réussir à obtenir les clés de chiffrement manquantes.

Etape 6 : Ecrire le contenu de la puce originale sur la puce chinoise

On arrive au bout ! Vous n’êtes plus qu’à une dernière commande de la victoire ! Maintenant que l’on possède une copie du contenu de la puce originale, ainsi que les clés de chiffrement de la puce chinoise, nous allons pouvoir transférer le contenu et l’UID de la puce originale sur la puce chinoise.

Pour se faire, et toujours dans le terminal, saisissez la commande suivante.
root@kali:~# nfc-mfclassic W a carte-originale.dmp carte-vierge.dmp

On touche au but avec la dernière commande du tuto. On va ici demander à la commande mfc-classic d’écrire le cntenu de la puce originale sur la puce chinoise vierge, UIS compris.

L’opération devrait prendre 1 grosse seconde avant d’aboutir sur un message de succès. Si vous êtes attentifs, vous remarquerez que la seule différence par rapport au précédent article est le fait que le « W » est écrit en capital. ça n’est pas une erreur, cela demande au lecteur de transférer le contenu de la puce ainsi que le bloc 0 qui contient l’UID. En cas de succès, un message devrait vous confirmer l’écriture de 64 secteurs sur 64 (dans le précédent article, on n’en copiait que 63 car il manquait le fameux bloc 0).

Vous pouvez vérifier le succès de l’opération en répétant l’étape 3 avec votre puce chinoise. Si tout a correctement fonctionné, la commande nfc-list appliquée à votre puce chinoise vous affichera un UID identique à celui de votre puce originale.

Et voilà, vous venez de contourner l’incontournable :)

En conclusion

Avec quelques dizaine d’euros de matériel et une poignée de minutes, vous aurez pu dupliquer à la perfection une puce RFID officielle. Aucun lecteur ne pourra faire la différence entre la copie et l’originale. Vous comprenez désormais que la sécurité des systèmes basés sur ce type de puce est toute relative. Comme d’habitude, vous êtes seuls responsables de l’usage que vous faites de ces connaissances. Si vous avez des questions, ou souhaitez tout simplement partager vos expériences sur le sujet, n’hésitez pas à vous exprimer dans les commentaires !


Cet article fait partie de la série Domotique (18 articles au total)

Aujourd’hui j’inaugure avec cet article une nouvelle section du blog qui, je l’espère vous rendra service ! Cela fait maintenant quelques années que j’ai démarré tous mes « bricolages » autour de la domotique, l’électricité ou les batteries. Autant d’années durant lesquelles je me suis équipé d’outils qui m’ont plus ou moins servi, que j’ai usé, cassé, racheté, éprouvé ! Les années et l’expérience aidant, j’ai pu me constituer une véritable « caisse à outils », non pas forcément pour toutes les situations mais au moins celles qui me concernent : électricité sur courant fort, courant faible, électronique, mécanique vélo, etc, etc… Bien que j’essaie de préciser dans chacun de mes articles le type d’outil que j’utilise, je ne précise pas toujours quel modèle exact, ce qui me vaut beaucoup de questions !

Un bon outil, c’est déjà la moitié du travail de fait.

Je ne sais plus d’où me vient cette citation, mais j’ai pu la vérifier à maintes reprises. Le domaine de l’outillage est une vraie jungle, pour un même type de tournevis, de clé, ou de pince ce sont plusieurs centaines de références qui sont disponibles, et la qualité n’est pas toujours en rapport avec le prix ! S’il y a des marques établies avec des prix souvent peu accessibles aux particuliers, il existe parfois d’autres « challengers » moins connus aux prix plus doux ! Cette section de l’Atelier du Geek est donc là pour combler les attentes de certains : domaine par domaine, je vais essayer de vous lister les outils qui me sont _vraiment_ utiles et les modèles qui me satisfont, souvent avec un rapport qualité/prix (très) intéressant.

Pour ce premier épisode, je vous propose de de vous dévoiler le contenu de ma caisse à outil en matière de domotique !

Domotique et électricité

Si vous vous lancez dans la domotique, assez vite vous allez devoir « mettre les mains dans le cambouis », ou plus concrètement « derrière la prise électrique ». Cela peut faire peur mais avec un minimum de précaution et les outils adaptés vous pourrez travailler sans prise de tête et en toute sécurité. Voici outil par outil ceux que je ne quitte jamais !

Le plus fidèle compagnon du bricoleur en électricité : le multimètre

Autant il y a des outils dont on peut se passer ou facilement substituable, autant celui-ci est indispensable et irremplaçable. Le multimètre est l’élément de base pour détecter la présence de courant, vérifier la continuité d’un fil ou mesurer une tension. Contrairement à certaines idées reçues, il n’y a pas besoin d’une formation intensive en électricité pour l’utiliser correctement et choisir le bon modèle peut grandement vous faciliter la vie.

Dans le domaine, les références sont les marques Fluke et Métrix mais les prix de ces appareils les réservent habituellement aux professionnels. Pour ce type d’appareil, le meilleur côtoie le pire et pour avoir eu un multimètre de chez Auchan à 10€, je peux vous dire que l’on trouve beaucoup mieux pour pas beaucoup plus cher ! J’ai découvert il y a quelques années la marque « UNI-T » qui fait de bons appareils à tous les prix. Plusieurs comparatifs mettent en avant la précision de leurs modèles face à de grandes marques pour un prix beaucoup plus doux.

Mon multimètre est donc un modèle de chez eux, le modèle UNI-T UT136B pour être précis. Parfait pour un usage amateur, voici quelques unes de ses fonctions clés :

  • Très bonne finition, ce multimètre est loin de faire « cheap »
  • Calibrage automatique (fini les fusibles grillés parce qu’on a décalé la molette d’un cran)
  • Rétro-éclairage (pour y voir même à la cave)
  • Testeur de continuité avec buzzer (ça a l’air bête, mais mon précédent multimètre ne l’avait pas, et bien ça n’était pas du tout pratique !)
  • Permet de mesurer courant, tension continue ou alternative, résistance, capacité (rare à ce prix !), continuité…
  • Extinction automatique (parfait pour les étourdis comme moi !).

Suivant la période, on le trouve sans trop de mal entre 25 et 35€. Cela doit faire 2 ans que j’ai le mien et il ne montre aucun signe de faiblesse.

De bonnes pinces pour sauver vos doigts (et votre temps)

Quand on manipule des fils électriques pour la première fois, on est souvent surpris par leur rigidité, particulièrement quand la section du fil dépasse 2,5mm². Quand on fait des travaux d’électricité « classiques », ça n’est pas forcément un problème, mais quand on se retrouve à devoir caser un (gros) module domotique derrière un interrupteur, on se rend vite compte de la difficulté de tout rentrer « à mains nues ».

Manche qui glisse, mâchoires mal ajustées, trop grande épaisseur sont les symptômes des pinces de mauvaise qualité. J’ai démarré avec ça, mais heureusement je n’en ai (presque) plus :)

Parmi les différentes marques de pinces, il y en a une qui pour moi surpasse toutes les autres, c’est la marque Knipex. Difficile à trouver en magasin de bricolage, on peut en trouver à des prix corrects sur Amazon. C’est fabriqué en Allemagne et garanti à vie. Ceux qui en ont eu en main ne jurent que par le confort et la qualité de cette marque, je ne dérogerai pas à la règle. Comptez entre 20 et 30€ par paire de pinces. Si vous devez vous en acheter une seule pour démarrer, je vous recommande la pince à bec courbé qui est celle que j’utilise le plus. Elle permet de manipuler aisément les fils récalcitrants et peut également les couper.

Quelle que soit la marque qui fait craquer, prenez un modèle isolé. En général le surcoût est faible (3-4€ chez Knipex) mais c’est toujours ça de pris pour votre sécurité !

Adieu les dominos, bonjour les bornes automatiques

Quand j’étais plus jeune et que je regardais mon père travailler sur de l’électricité, je ne le voyais utiliser que les fameux « dominos » pour raccorder des fils entre eux. Ça fait le boulot, mais ça n’est pas toujours pratique à manipuler quand on est dans des endroits difficiles d’accès. Il existe depuis d’autres types de raccordement, les « bornes automatiques », dont la marque Wago s’est fait la spécialiste.

Les bornes automatiques, pour connecter vos fils sans outil et en toute sécurité.

Concrètement, plus besoin de tournevis : on enfiche les câbles dénudés dans une borne… Et c’est tout :) Je peux vous dire que ça fait gagner un temps monstrueux ! On en trouve pour des fils électriques jusqu’à 4mm². S’il vous faut plus gros il faudra se contenter des dominos !

Le basic souvent de piètre qualité : le tournevis

Qui a des tournevis ? Tout le monde. Qui a des tournevis de qualité ? Beaucoup moins de monde :)
En domotique ou en électricité, on use et on abuse des tournevis. Pour remplacer un domino, installer un module domotique, démonter un interrupteur, modifier le tableau électrique, etc… Il faut toujours un tournevis. Ajoutez à cela le fait que les anciennes installations électriques nécessitent des tournevis plats, alors que les nouvelles installations font plutôt appel à des tournevis cruciformes et vous comprenez qu’il va vous en falloir quelques uns ! Après en avoir ruiné 3 ou 4 différents, j’ai opté pour un jeu de tournevis isolés Facom.

Mon assortissement de tournevis isolés Facom. Garantie à vie, ils mélangent empreintes plates et cruciformes.

Ces outils sont garantis à vie, et à moins de 20€ les 5 tournevis on ne prend pas de grand risque. Cela fait pas mal de temps que je maltraite les miens sans qu’ils ne montrent de signe de faiblesse.

Mon parent pauvre : la pince à dénuder

Dénuder les fils électriques, c’est certainement l’opération la plus répétitive et rébarbative quand on fait de la domotique, ou tout simplement que l’on travaille sur l’électricité. Et à l’heure où je vous dévoile les entrailles de ma caisse à outils, je ne peux que reconnaître la piètre qualité de mon matériel dans le domaine :

Ma pauvre pince à dénuder, bientôt au bout de sa vie. Il est temps de lui chercher un remplaçant !

Tranchant usé, poignées qui menacent de s’échapper, mâchoire mal ajustée, mais comment ai-je pu laisser passer ça ? Je crois que là j’ai trouvé mon prochain outil à remplacer ! Si je pense choisir une pince de ma nouvelle marque fétiche, Knipex, je ne sais pas si je dois opter pour : une pince à sertir, une pince à dénuder manuelle, une pince à dénuder automatique ou encore un « outil universel à dégainer« …

De gauche à droite et de haut en bas : une pince à sertir/dénuder, une pince à dénuder manuelle, une pince à dénuder automatique et un outil universel à dénuder/dégainer. Et ça n’est qu’une partie des outils à dénuder proposés par knipex !

Parmi tous ces outils permettant de dégainer du fil électrique, l’outil universel semble le meilleur et le plus polyvalent, c’est donc aussi en toute logique le plus cher ! Voilà qui va me donner l’occasion de réfléchir ! Et vous, vous prendriez quel outil ? Plusieurs ?

Pour terminer

On arrive au bout de cette liste d' »essentiels » pour tout bricoleur en domotique et électricité qui se respecte. Chaque fois que je me suis équipé d’un de ces outils cités, je n’ai cessé de m’en féliciter, mais je pense que c’est aussi quelque part parce que j’ai déjà travaillé avec du matériel pas terrible ! Un proverbe anglais dit « You buy cheap, you buy twice » que l’on pourrait traduire « qui achète peu cher, achète deux fois ». Faites moi plaisir, si vous pouvez vous le permettre, prenez des outils de qualité ! J’ai testé pour vous le pas cher, maintenant je suis en train de remplacer tous mes outils ! Enfin, si vous avez vous aussi des outils fétiches dans le domaine, n’hésitez pas à les partager dans les commentaires !

 


Des batteries, encore des batteries, toujours des batteries. Ceux qui suivent le site depuis quelques temps vont finir par se dire que je n’ai que ce mot là à la bouche… Et ils n’auraient pas vraiment tort. Comme toujours, cet article est en lien fort avec mon quotidien : je sors de 2 mois de travaux assez intenses dans ma nouvelle demeure, travaux réalisés à grand renfort d’outils électro-portatifs : perceuse, visseuse, meuleuse etc… une vraie succursale de Leroy merlin.

Que faire quand une batterie rend l’âme ?

Parmi ces différents outils, celui que j’ai le plus utilisé est une perceuse/visseuse 10,8V que j’ai acheté avec 2 batteries. De marque peu connue (en tous cas pour moi), cette perceuse dégage un vrai sentiment de qualité et m’a été extrêmement utile. Alors quand une de ses 2 batteries au lithium est décédée, j’étais bien embêté : l’outil fonctionne toujours très bien, il serait dommage de le remplacer complètement.

Ma perceuse/visseuse avec sa batterie malade.

Ma perceuse/visseuse avec sa batterie malade.

La solution évidente pour moi était donc de racheter une nouvelle batterie, mais comment faire quand on ne trouve pas à la vente de batterie ou quand le prix de celle-ci équivaut quasiment au prix de l’ensemble « outil + 2 batteries » ? Et bien comme souvent une autre solution existe : mettre les main dans le cambouis et reconditionner soit même sa batterie.

Attention
Dans la suite de cet article, je manipule des cellules de batterie au Lithium. D’apparence inoffensive, ces éléments contiennent une énergie folle, et une mauvaise manipulation peut entraîner des dégâts sur votre matériel, mais surtout sur votre petite personne. Merci donc de prendre toutes les précautions nécessaires si vous souhaitez vous lancer dans l’aventure.

Diagnostic du problème

Bon avant de dire que la batterie est fichue, il y a quand même quelques vérifications à faire. Pour cette étape, votre multimètre sera votre meilleur allié. Si vous avez comme moi la chance d’avoir une deuxième batterie, vous allez pouvoir comparer les valeurs entre votre batterie de référence et votre batterie suspecte.

Anatomie d’une batterie au lithium.

Une batterie au lithium est composée de plusieurs éléments mis en série et/ou en parallèle pour arriver aux caractéristiques de la batterie. Ces éléments aux lithium, plus communément appelés « cellules » présentent individuellement une tension qui peut varier entre 3V et 4,2V suivant leur niveau de charge. La tension nominale est de 3,6V et donc pour ma batterie estampillée 10,8V, il est facile de comprendre qu’elle renferme 10,8/3,6 = 3 éléments mis en série.

Avec 3 éléments en série, la tension en sortie du pack varie donc entre 9V (3 éléments x 3V) et 12,6V (3 éléments x 4,2V). Là sans démonter quoi que ce soit, vous allez vite détecter si une batterie est défectueuse. Ici, avec 7,97V c’est beaucoup trop bas.

Sans démontage, on peut déjà constater le dysfonctionnement. Le niveau de la batterie de gauche n'est pas crédible pour une batterie composée de 3 éléments au lithium.

Sans démontage, on peut déjà constater le dysfonctionnement. Le niveau de la batterie de gauche n’est pas crédible pour une batterie composée de 3 éléments au lithium.

C’est parti pour le grand démontage.

Dans mon cas, la batterie était simplement fermée par quelques vis torx. Encore une fois, mon jeu de tournevis de chez iFixit en aura eu raison en quelques secondes. A l’ouverture, on découvre 3 cellules au lithium. Elles sont de type « 18650 », le type le plus connu. On en trouve dans les PC portable, les outils électro-portatifs et même les vélos électriques. Le nom de ce type de cellule vient de leur format : elles font 18mm de diamètre, pour 65mm de long et sont de forme cylindrique (d’où le « 0 »). Par conséquent, n’importe quelle autre cellule au format « 18650 » devrait rentrer dans le boitier.

A peine les premières visses ôtées, on devine facilement les cellules au lithium que renferme la batterie

A peine les premières visses ôtées, on devine facilement les cellules au lithium que renferme la batterie

Débarassée de sa carcasse, on peut voir que cette batterie se compose de 3 celulles au lithium au format 18650.

Débarrassée de sa carcasse, on peut voir que cette batterie se compose de 3 celulles au lithium au format 18650.

Choix des cellules lithium de remplacement.

Vous l’aurez compris, remplacer les cellules de lithium que renferme votre batterie lui donnera une nouvelle jeunesse ! Mais reste à choisir les bonnes cellules de remplacement ! Plusieurs caractéristiques sont à prendre en compte :

  • la capacité. Exprimée en Ampère Heure (Ah) ou milliampère heure (mAh) cela détermine la durée de fonctionnement de votre outil entre deux charges. Les cellules d’origine de ma batterie sont de 1300mAh ce qui est plutôt classique, mais on en trouve de 2900mAh, de quoi multiplier par 2,5 l’autonomie !
  • le courant de décharge. Exprimé en Ampère, il détermine le débit d’énergie que peut fournir la cellule à un instant T. Plus il est élevé mieux c’est. Attention, certaines cellules de fortes capacités ont un très petit courant de décharge (parfois quelques ampères à peine) ce qui risque de limiter votre outil dans ses performances.
  • le poids de la cellule. On trouve des variations de l’ordre de 30% entre les cellules les plus légères et les plus lourdes. Pour un appareil que l’on tient à bout de bras pendant parfois plusieurs heures, ça compte !
  • la présence d’onglets de soudures. Aussi appelé « tabs » en anglais, cela permet de souder les cellules les unes aux autres sans passer par du matériel plus professionnel, comme une « soudeuse à point ». Avec des onglets, un simple fer à souder à 15€ suffit ! Si vous essayez de souder directement sur le corps de la cellule (sans onglet donc) vous verrez que c’est une autre paire de manche, et surtout c’est dangereux pour elle (et donc pour vous).

Mon candidat du jour

Si j’ai un conseil à vous donner, c’est de partir sur des cellules avec onglet. J’ai déjà eu l’occasion de tenter des soudures sur des cellules qui n’en n’étaient pas pourvues et j’ai galéré comme pas permis. Pour mon chantier du jour j’ai choisi des cellules Sanyo de 2600mAh. Un peu plus lourdes que mes cellules d’origine, elles peuvent contenir 2 fois plus d’énergie. Je les avais initialement commandées pour un autre projet. Reste à voir si leur courant de décharge ne limitera pas les performances de la perceuse.

Reconditionner la batterie de la perceuse

Prérequis

Niveau outillage vous aurez besoin des choses suivantes

Et dans une moindre mesure (suivant la batterie)

  • Du ruban d’électricien
  • Une pince coupante (pour découper certaines bandes de nickel soudées « par point »)
  • Une pince (pour manipuler les onglets des cellules sans se brûler pendant les soudures)

Niveau « consommables », il vous faut évidemment autant de cellules neuves qu’il y en avait à l’origine dans votre batterie. Si vous ne savez pas où en acheter, vous pouvez vous rendre sur Amazon ou Ebay. Comptez entre 6 et 12€ par cellule suivant ses caractéristiques. Les meilleures marques dans ce domaine sont les suivantes : Panasonic, Samsung, LG, Sanyo… j’en oublie probablement. Pas facile d’en trouver sur les magasins « grand public », j’ai tout de même déniché quelques références qui devraient faire l’affaire :

Vous pouvez en trouver quelques unes sur Amazon :

Et si vous n’êtes pas pressé, vous pouvez aussi tenter votre chance sur Ebay :)

Etape 1 : Démontage de la batterie

Si vous n’êtes pas encore passé à l’action, il faut démonter la batterie d’origine. Prenez soin d’en étudier la construction, car il faudra tout remonter à l’identique. En général pour limiter les erreurs je n’hésite pas à prendre de nombreuses photos. Pour dessouder les cellules, j’utilise le fer à souder sur les connectiques soudées à l’étain. Pour les soudures « par point », il faut malheureusement souvent se résoudre à les couper à la pince coupante.

Quand les celulles sont soudées par point, le fer à souder basique ne suffit pas... il est temps de sortir la pince coupante !

Quand les celulles sont soudées par point, le fer à souder basique ne suffit pas… il est temps de sortir la pince coupante !

Pour certaines soudures, cela peut se révéler un peu acrobatique car il y a parfois très peu d’espace entre les cellules et leur support.

Attendez vous à quelques acrobaties pour détacher les celulles soudées.. par dessous.

Attendez vous à quelques acrobaties pour détacher les celulles soudées.. par dessous.

Et voilà notre superbe jeu de légos pour adultes !

Et voilà notre superbe jeu de légos pour adultes !

Etape 2 : Assemblage des nouvelles cellules 18650 entre elles

Pour commencer, je vous conseille d’assembler hors de leur support les cellules entre-elles. Pour que l’ensemble fasse bloc et ne bouge pas, vous pouvez utiliser du ruban d’électricien pour solidariser les cellules, voire carrément un pistolet à colle chaude. Cela facilitera les soudures. Ensuite il va falloir souder les cellules entre elles suivant le même principe que celles d’origine. Les onglets sont très utiles pour ça, mais attention pendant leur manipulation de ne pas toucher les mauvais pôles des cellules ensemble, cela pourrait entraîner une forte décharge de courant avec les conséquences que vous connaissez.

Etape 3 : Soudure du pack de cellules dans le support de la batterie

Cette phase peut être plus ou moins compliquée suivant l’agencement de votre batterie. Dans la mienne qui est très compacte, j’ai du m’y reprendre à 2 fois pour arriver à tout caser à l’intérieur. Si comme moi certains fils sont un peu courts, préparez-vous à devoir les rallonger. Dans ce cas de figure, la gaine thermo vous permettra de faire quelque chose de propre sans occuper trop de place. Prenez votre temps, ne laissez pas traîner d’outils métalliques autour et tout devrait bien se passer :)

Assembalge en cours... On fait attention de ne pas laisser entrer en contact 2 pôles qui ne le devraient pas.

Assembalge en cours… On fait attention de ne pas laisser entrer en contact 2 pôles qui ne le devraient pas.

Etape 4 : remonter l’empilage de cellules dans le boitier

On touche ici au but. Avant de tout fermer/revisser, je vous conseille de mesurer avec votre multimètre en position « voltmètre sur courant continu » que la tension entre les bornes + et – de la batterie est bien celle attendue. Dans mon cas j’ai 11,4V, ce qui est cohérent avec la plage de fonctionnement des cellules (entre 9V et 12,6V en théorie). Attention en refermant de ne pas arracher de fils, et si je vous mets en garde contre ça c’est justement parce que ça m’est arrivé ;) On revisse l’ensemble, une dernière mesure au multimètre et on peut tester !

On touche au but : l n'y a plus qu'à tout refermer.

On touche au but : l n’y a plus qu’à tout refermer.

Bilan de l’opération

Ma nouvelle batterie dure beaucoup plus longtemps que l’ancienne, logique puisque je suis passé de 1,3Ah à 2,6Ah. Cela prend également 2 fois plus de temps à recharger, ce qui est parfaitement logique bien qu’un peu long ! En terme de fonctionnement, je ne vois pas de différence que j’utilise l’une ou l’autre des batteries, je suis donc soulagé sur ce point. En terme de poids, ma batterie maison a pris un peu d’embonpoint (20g environ) ce qui me parait très raisonnable par rapport au gain d’autonomie. Sur le plan tarifaire, la manœuvre est intéressante : pour 3 cellules, on peut s’en sortir entre 15 et 30€ suivant la qualité et les caractéristiques de celles choisies. Quand on compare au prix d’une batterie (souvent entre 60 et 100€ pour ce type d’outil, voire beaucoup plus pour les grandes marques) il n’y a pas photo !

Et voilà la batterie terminée aux côtés de celle d'origine. Pensez à identifier la batterie reconditionée ! Ici un coup de marqueur fait l'affaire.

Et voilà la batterie terminée aux côtés de celle d’origine. Pensez à identifier la batterie reconditionée ! Ici un coup de marqueur fait l’affaire.

En conclusion

Plus je creuse ces histoires de batteries et plus cela me passionne. Il faut dire que notre environnement en est rempli ! Avec cette astuce vous pouvez aussi acheter à vil prix un outil électro HS sur leboncoin et lui donner une nouvelle jeunesse pour pas cher ! Bref voilà surtout un moyen de faire durer plus longtemps des objets appelés à être renouveler un peu trop souvent. J’espère que cette petite expérience vous aura plu et n’hésitez pas à partager critiques et insultes dans les commentaires…