Quelles que soient vos raisons, vous pouvez avoir besoin de laisser vos clés à quelqu’un en cas d’absence. Femme de ménage, locataires Airbnb, un ami de passage… Ce ne sont pas les motifs qui manquent ! Quand un de mes amis m’a demandé ce que je pourrais lui conseiller pour cet usage, moi qui suis très tourné vers la « maison intelligente », je lui ai immédiatement répondu « une serrure connectée » ! Sauf que, si sur le papier, la serrure connectée c’est le top, dans la pratique cela ne s’adapte pas à toutes les portes (et certainement pas celle qui nous intéressait), et les tarifs dépassent souvent les 400€. Une belle somme pour un usage qui n’est pas forcément très fréquent…

Et pourquoi pas une boîte  à clés connectée ?

La boîte à clés, c’est la solution de simplicité : pas besoin de changer de serrure ou de clé, cela se matérialise par un boîtier sécurisé de la taille de 2 paquets de cigarettes. Elle se fixe sur un mur et permet d’y stocker des clés. Pour accéder au précieux sésame, c’est généralement via une combinaison chiffrée que l’on déverrouille l’appareil pour y récupérer les clés.

Ce type d’appareil n’est pas nouveau, mais j’ai découvert lors de mes recherches que la société Master Lock en proposait un modèle « connecté » ! Il fallait donc que je teste ça au plus vite :)

La promesse

Avec sa boîte à clés connectée, MasterLock nous promet les choses suivantes :

  • Savoir qui ouvre la boîte et quand
  • La possibilité de générer des codes temporaires, que l’on peut faire expirer à tout moment (pratique pour ne donner accès aux clés que sur une période limitée !)
  • La possibilité de déverrouiller la boîte sans code, uniquement avec son smartphone.

Découverte de l’objet

La boîte à clés connectée de MasterLock n’est visuellement pas très différente des modèles que l’on peut croiser dans la ville où je vis. D’aspect robuste, le poids conséquent de l’appareil rassure (1kg sur la balance !). La communication avec l’extérieur se fait via bluetooth : c’est simple mais cela engendre évidemment quelques limites, j’en reparlerai plus loin. En terme de fixation, il existe 2 versions de la boîte à clés. Une qui visuellement ressemble à un gros cadenas (ce qui permet de la fixer temporairement du moment que vous avez un point d’arrimage solide). L’autre version, celle que je me suis procurée, est à fixer sur un mur via 4 vis de maçonnerie. Ce modèle est évidemment destiné à un usage plus sédentaire.

Plus d’1kg pour cette boîte à clés connectée de chez Master Lock, cela inspire confiance.

Aussitôt déballée, aussitôt testée ! Première limitation de l’appareil : sa contenance. Cette boîte à clés connectée n’existe que dans un seul format, contrairement aux modèles non connectés de la marque. Le volume n’est pas négligeable mais si vous avez un gros trousseau, ou comme moi, une grande clé, cela peut s’avérer limitant (ma clé de 10 cm passe tout juste, et dans une seule position). Par défaut c’est un code bateau qui permet de déverrouiller la boîte, le temps que vous configuriez l’appareil.

Un petit trousseau avec une grande clé ! ça passe mais on est au max niveau dimensions.

Une appli qui n’est pas des plus ergonomiques

Pour configurer ce mini « coffre-fort », il faut passer par une application disponible sur iPhone et Android. Celle-ci n’est pas un monstre d’ergonomie mais elle permet gérer tout un tas de choses :

  • Ouvrir la boîte via la connexion bluetooth
  • Consulter l’historique des ouvertures / fermetures
  • Définir le code principal d’ouverture de la boîte
  • Définir des codes secondaires d’ouverture de la boîte (par exemple pour vos proches)
  • Récupérer un code temporaire qui ne sera valide que quelques heures (par exemple pour la récupération des clés d’un invité)
  • Donner un accès à quelqu’un avec un planning particulier (par exemple pour la femme de ménage, vous pouvez l’autoriser à déverrouiller la boîte uniquement en journée le jeudi)

Historique de la boîte à clés. Ici on peut voir les différentes ouverture(s) ou tentatives d’ouverture(s).

Un mot sur les accès temporaires

L’avantage d’une boîte à clés connectée, pour moi, est de pouvoir donner un accès temporaire à celle-ci. Premier cas de figure auquel je pense : des gens de passage à qui on souhaite donner l’accès uniquement pour X jours (et ainsi être sûr qu’ils ne viennent pas ouvrir la boîte sur une période non autorisée). Autre exemple qui me vient en tête : la femme de ménage à qui on souhaite donner accès un jour particulier uniquement.

Sur cette fonctionnalité, il y a de bonnes idées et d’autres moins bien. Par exemple pour donner un accès limité dans le temps, ou selon un planning particulier, votre « invité » est obligé de créer un compte MasterLock (et le moins que l’on puisse dire c’est que l’inscription est particulièrement fastidieuse), impossible de passer par un simple code ! Je trouve cela très contraignant et pas cohérent avec la cible que pourraient représenter des utilisateurs d’un service comme AirBnB.

Si l’on accepte de s’astreindre à l’utilisation de l’application, on peut configurer un accès à la boîte à clés de manière très fine. Dommage que l’on ne puisse pas associer cet accès à un simple code numérique.

De même, le bluetooth exigeant une certaine proximité avec l’objet, vous pouvez vous demander comment « créer » un code temporaire pour quelqu’un si vous êtes loin de la boîte à clés. Pour cela MasterLock a prévu quelque chose de bien pensé : l’application est capable de vous donner un code valide pour un créneau de 4h dans le futur. Ainsi, si je veux donner accès à la boîte à Tante Yvonne le 1er septembre 2018 entre 10h du matin et 14h, je peux d’ores et déjà lui dire qu’il faudra utiliser le code 09072.

Un exemple pour partager un « code futur » : des codes sont déjà paramétrés dans la boîte en fonction de la date, vous pouvez donc donner accès aux clés sur une fenêtre de temps bien limité, et cela sans avoir à être à proximité de la boîte à clés. L’inconvénient : les créneaux ne sont pas configurables.

Les limites de la communication en bluetooth

Bien que cette boîte à clés connectée soit un produit intéressant, elle souffre pour moi d’une limite de taille : son mode de communication. En effet, le fait qu’elle ne communique que via Bluetooth implique qu’il faille être à proximité de l’appareil pour bénéficier de la plupart des fonctionnalités (historique, changement du code principal et des codes secondaires, ouverture sans code, etc…). Si vous êtes éloigné du produit, vous pourrez seulement utiliser les fonctions qui permettent de créer des « codes temporaires » ou des accès selon des plannings particuliers. Ok, c’est le principal attrait du produit mais mieux vaut avoir en tête ces limites.

Gestion de l’énergie

Je n’ai pas trouvé d’information sur l’autonomie de la pile à l’intérieur. En cas de batterie faible, vous serez notifié par email et par l’application à condition de passer à proximité avec votre téléphone bluetooth. Visuellement, le voyant central s’allume en jaune pour vous alerter également. La pile doit bien durer plus d’un an et reste facile à changer (il s’agit d’une pile CR123A, accessible via 2 petites vis à l’intérieur du boîtier). En cas de panne de batterie, vous ne pourrez plus ouvrir la boîte à clés de manière classique, vous serez obligés de passer par une procédure d’urgence avec une pile 9V. Tout est expliqué ici : https://www.youtube.com/watch?v=geK2frzx4LI

Le dessous de la boîte à clés connectée avec les fameux contacts nécessaires à l’utilisation de la pile 9V.

Si je devais créer le produit parfait

Je n’ai pas trouvé sur le marché d’autres boîtes à clés connectées, il faut donc saluer MasterLock pour son innovation. Si je devais concevoir le produit parfait, je proposerais de remplacer la liaison bluetooth par du wifi ou un réseau de communication longue portée (comme SigFox ou Lora, ou tout simplement un réseau cellulaire classique via une carte SIM) afin de pouvoir bénéficier de l’ensemble des fonctionnalités à distance. De même, je ferais en sorte que l’on puisse systématiquement passer par des codes de déverrouillage (plutôt que l’app) afin de limiter la complexité de l’appareil au propriétaire de l’objet.

En conclusion : un produit plus adapté aux résidences principales que secondaires

Au final, de part sa conception, cette boîte à clés me semble davantage s’adresser à une utilisation en résidence principale où l’on aura un accès régulier afin de communiquer avec le produit. Pour une résidence secondaire dans laquelle on ne mettra les pieds que quelques fois dans l’année, on fera une croix sur les fonctionnalités d’historique et il faudra opter pour une stratégie de remplacement de la pile préventive pour ne pas se retrouver avec une boîte à clés inanimée. A 150€ pour cette boite à clé « Select Access Smart » de chez MasterLock, on est quand même 100€ plus cher que pour une boîte à clés standard, à vous de décider si cela vaut le coup. Pour ma part, bien que perfectible, je garde une impression positive de ce produit. Si vous avez des retours d’expérience sur cet appareil, des idées de produits alternatifs pour cet usage, n’hésitez pas à m’en faire part dans les commentaires.

 


Quand j’ai écrit, il y a 2 ans, l’article qui expliquait comment dupliquer le contenu d’une puce RFID, je n’imaginais pas qu’il susciterait un tel engouement. Pourtant, encore aujourd’hui c’est un des articles les plus consultés du site et c’est également un de ceux pour lequel je reçois de plus en plus de questions. Aussi, je me suis dit qu’il était temps d’écrire cette seconde partie que tant attendent : comment réaliser un clone parfait et complet d’une puce rfid.

On travaille toujours sur la famille de tag Mifare

Même s’il en existe différentes familles, les puces (ou tags) les plus répandues sont de type « Mifare Classic ». Cela tombe bien, c’est justement le type de tag sur lesquels nous allons travailler aujourd’hui. Personnellement je les ai rencontrés sur tout un tas d’applications différentes : badge de porte d’immeuble, carte d’accès à un parking, carte d’accès à une chambre d’hôtel, porte monnaie électronique pour la machine à café, ou encore carte de consommation de boissons dans certains bars et boîtes de nuit.

Pourquoi écrire un nouvel article sur la copie de tag RFID ?

Si vous êtes familier du 1er article que j’ai écrit sur le sujet, vous pouvez vous demander ce que vous allez apprendre de plus ici, voici les 2 raisons principales qui vous motiveront :

  • Si dans le 1er article on se contentait de copier les données d’un tag RFID à l’autre, aujourd’hui on va voir comment modifier l’identifiant du TAG (le fameux UID ou Unique ID) qui est gravé en usine, non modifiable et inviolable… enfin presque
  • Dans le premier article, il fallait installer linux sur une machine, avant d’installer ensuite les outils de manipulation des tags RFID. Une manoeuvre un peu compliquée pour les plus novices. Aujourd’hui je vous montre comment créer en 3 clics une clé USB sur laquelle vous pourrez démarrer votre ordinateur. Vous arriverez ainsi sur un bureau temporaire contenant tous les outils qui vous seront nécessaires, sans que cela n’altère votre machine.

C’est quoi cette histoire d’UID ?

Les tags RFID sont généralement composés de 2 zones : une zone de stockage de données, généralement ré-inscriptible, et une zone de stockage de l’identifiant du tag. Le fameux UID. L’UID est un identifiant unique au monde (il n’existe donc pas 2 tags avec le même UID). Il est gravé en usine au moment de la fabrication du tag et se trouve sur une partie du tag qui n’est pas ré-inscriptible. On ne peut donc pas le modifier.

A titre d’information, les tags Mifare Classic 1K (les plus répandus) contiennent 64 blocs de données. L’UID est stockée sur le premier bloc (souvent appelé dans la litterature « block 0 ») et les 63 suivants sont dédiés au stockage de données.

Dans ce cas comment dupliquer un UID ?

Si on ne peut pas modifier l’UID stocké sur ce fameux bloc 0, comment avoir 2 cartes avec le même identifiant ? C’est là que nos amis les chinois arrivent à la rescousse :)

Depuis quelques années, on a vu arriver sur le marché des tags mifare avec une petite particularité : légèrement modifiés, ils possèdent un bloc 0 réinscriptible. On peut donc modifier l’UID sur ces tags (et uniquement ceux-là !). La première fois que j’ai réussi à mettre la main sur un tag de ce type, c’était en 2014, et j’estimais avoir fait une bonne affaire en dépensant environ 20 dollars pour ce tag. En 2017, les prix ont été divisés par 10 et mettent donc ce type de tag à la portée de tous les curieux !

Où trouver ces tags chinois avec UID modifiable ?

Évidemment, ces tags sont moins évidents à dénicher mais une petite recherche sur ebay devrait vous permettre de trouver votre bonheur. Voici quelques exemples : par lot de 5 (depuis la Chine), par lot de 10 (depuis la Chine), par lot de 10 (depuis la France).

Un mot sur sur la norme VIGIK

VIGIK : ce nom peut sembler barbare, mais c’est la norme créée par La Poste pour standardiser l’accès aux immeubles. On lit donc très souvent le nom de cette norme sur les interphones. C’est donc VIGIK qui permet à votre facteur, mais aussi aux pompiers, policiers et autres services d’urgence d’ouvrir n’importe quelle porte d’immeuble avec un badge unique. Si je vous en parle aujourd’hui c’est que je reçois beaucoup de questions à ce sujet, car nombreuses sont les personnes qui se rêvent la possession d’un tel badge (et oui, ces badges ne sont ni plus ni moins que des tags RFID Mifare).

Malheureusement, ce n’est pas si simple. S’il est tout à fait possible de dupliquer le badge de votre ami le facteur, la norme est faite de telle sorte que pour que le badge reste valide il faut qu’il soit « rechargé » toutes les 48h. En d’autre terme, si par je ne sais quel hasard, vous arriviez à copier un de ces passes VIGIK, il ne fonctionnerait que pendant quelques heures avant de devenir complètement inutile.

Est-ce que ça veut dire que je ne peux pas dupliquer mon badge d’accès d’immeuble si je lis « VIGIK » sur l’interphone ?

Puisque ça ne fonctionne pas pour le badge du facteur, on pourrait se dire que ça ne fonctionnera pas davantage pour les résidents… Mais en fait si ça fonctionne. Les badges résidents n’ont pas besoin d’être rechargés comme ceux des facteurs, par conséquent si vous en dupliquez un cela fonctionnera et vous donnera les mêmes accès que le badge original.

Motivés à tenter l’expérience ? Il est temps de passer aux choses sérieuses :)

Cloner un tag mifare

Matériel nécessaire

Etape 1 : Création de la clé USB de démarrage

Pour ne pas avoir à installer de Linux sur le disque dur, il faut créer une clé USB de démarrage. Le principe est simple : lors de son lancement, le PC démarrera le système d’exploitation présent sur la clé USB comme s’il s’agissait de son propre disque dur. Cela nous permettra d’obtenir un système linux complet pour notre session de travail sur les tags RFID. A l’extinction de l’ordinateur, il suffira de retirer cette clé USB pour que la machine retrouve son fonctionnement normal.

J’ai choisi de travailler avec la distribution linux « Kali ». Cette distribution, orientée sécurité, contient de nombreux outils dont les fameux « NFC Tools » qui nous seront utiles aujourd’hui. Il faut commencer par télécharger kali (version 64 bits full) ici https://www.kali.org/downloads/. Ce tuto a été réalisé avec la version 2017.1 qui est sortie voilà quelques jours au moment où j’écris ces lignes.

Une fois le fichier ISO récupéré, il va falloir le transférer sur la clé. Pour cela j’utilise comme à mon habitude le logiciel RUFUS qui est très simple. Une fois RUFUS téléchargé et installé, il suffit de sélectionner la clé USB sur laquelle installer Kali, et de lui indiquer l’endroit où votre fichier ISO de kali est situé. Chez moi cela donne quelque chose comme ça :

L’écran de RUFUS, prêt à créer la clé USB de démarrage avec Kali.

Cliquez ensuite sur le bouton Démarrer pour lancer l’opération.

Etape 2 : Lancement du système et préparation de l’environnement

Une fois votre clé préparée, éteignez l’ordinateur que vous souhaitez utiliser, branchez la clé et démarrez sur la clé USB. Attention pour sélectionner un périphérique de démarrage, sur certains ordinateur il faut appuyer sur une touche particulière. Sur le mien par exemple, il s’agit de la touche Echap, mais j’ai déjà croisé des ordinateurs où il fallait utiliser la touche F2F8, F10, F11 ou Suppr par exemple…

Après quelques instants nécessaires au chargement du système, vous devriez atterrir sur un bureau vierge. On y est presque.

Le bureau de Kali au démarrage

Par défaut, le clavier est configuré en QWERTY, ce qui n’est pas très pratique si votre ordinateur est équipé comme le mien d’un clavier AZERTY. Pour rétablir cela, il suffit de lancer le terminal via l’icône suivante :

L’icône du terminal se trouve sur la barre de gauche.

Une fenêtre d’invite de commande va s’ouvrir, et il faudra saisir à l’intérieur la commande suivante : setxkbmap fr (ce qui nécessitera sur votre clavier d’appuyer sur les touches setxb,qp fr). Cette fenêtre de terminal va nous servir dans toutes les manipulations suivantes, vous pouvez donc la garder ouverte.

La commande doit être tapée dans le terminal, ce sera la même chose pour toutes les autres commandes de ce tuto.

Maintenant que le clavier est en français, il va falloir configurer le système pour que les NFC Tools puissent interagir correctement avec votre lecteur RFID. Pour ce faire, commencez par branchez votre lecteur RFID (si ça n’est pas déjà fait). Kali va alors charger automatiquement en arrière plan des modules qui vont perturber les NFC Tools. Pour décharger ces modules, toujours dans votre fenêtre du terminal, entrez les commandes suivantes.

root@kali:~# modprobe -r pn533_usb
root@kali:~# modprobe -r pn533

On dsactive avec ces 2 commandes les modules standard de linux qui perturberaient les NFC Tools

L’environnement est désormais fin prêt pour notre petite expérience, on va pouvoir entrer dans le vif du sujet.

Etape 3 : Vérifier le bon fonctionnement du lecteur

Pour être sûr que le lecteur fonctionne correctement avec les NFC Tools, il suffit de lancer la commande suivante et de passer un tag RFID devant le lecteur.
sudo nfc-list
Si tout est bien configuré, le lecteur devrait vous afficher quelques informations sur le tag, dont le fameux UID, comme dans la capture ci-dessous. Ici mon UID, ce fameux numéro unique est le ea b5 8f 4b. Si vous essayez maintenant avec votre puce RFID chinoise, vous devriez obtenir un numéro d’UID différent, ce qui est tout à fait normal.

L’UID est visible avec la commande nfc-list, sur la ligne « UID ». Ici la puce à copier à un UID avec la valeur suivante : eab58f4b.

Si jamais vous obtenez un message d’erreur ou si rien ne s’affiche plusieurs possibilités :
Votre tag n’est pas un tag RFID compatible avec votre lecteur
Il y a eu une erreur lors de l’étape 2, recommencez donc à cette étape en vérifiant méticuleusement vos commandes.

Etape 4 : Extraire les clés de chiffrement de la puce RFID chinoise dans un fichier

Cette étape au nom un peu barbare ne devrait vous prendre que quelques secondes. Son principe ? Pour pouvoir écrire sur une puce RFID, il faut en posséder les clés de chiffrement. Une sorte de mot de passe qui permet d’encoder et de décoder les informations de la puce. Ces clés de chiffrements vont être stockées avec le contenu de la clé, dans un fichier. Ce fichier nous servira lors de l’étape finale pour copier les données de la puce originale sur la puce chinoise.

Pour lancer l’extraction des clés de chiffrement, placez votre puce sur le lecteur et saisissez dans un terminal la commande suivante.

root@kali:~# mfoc -P 500 -O carte-vierge.dmp

Les clés de chiffrement seront stockées dans le fichier « carte-vierge.dmp ».

La commande mfoc permet de copier le contenu d’une puce dans un fichier. Cette commande va notamment se charger de trouver les différentes clés de chiffrement qui empêchent normalement de lire le contenu de la puce RFID.

Etape 5 : Copiez le contenu de la puce RFID d’origine dans un fichier

Maintenant que les clés de chiffrement de la puce chinoise sont extraites, il va falloir faire de même avec la puce originale. Cette opération va copier les clés de chiffrement et le contenu de la puce d’origine dans un fichier. Ce fichier contiendra toutes les données de la puce, ainsi que son UID. C’est en quelques sorte une « sauvegarde » de votre puce RFID. N’hésitez pas à la conserver en lieu sûr, ainsi si vous perdez votre puce RFID vous pourrez en créer de nouvelles à l’identique à partir de ce fichier de sauvegarde.

Pour ce faire, placez la puce originale sur votre lecteur, et entrez la commande suivante : mfoc -P 500 -O carte-originale.dmp

Vous l’aurez surement compris, cette commande va créer un fichier « carte-originale.dmp » c’est le fameux fichier de sauvegarde de votre puce originale.

A nouveau on a recourt à la commande mfoc, toujours pour les mêmes raisons que dans l’étape précédente. Avec la puce originale c’est généralement plus long car les clés de chiffrements sont rarement celles d’origine, et la commande mfoc doit donc exploiter une faille des puces mifare pour réussir à obtenir les clés de chiffrement manquantes.

Etape 6 : Ecrire le contenu de la puce originale sur la puce chinoise

On arrive au bout ! Vous n’êtes plus qu’à une dernière commande de la victoire ! Maintenant que l’on possède une copie du contenu de la puce originale, ainsi que les clés de chiffrement de la puce chinoise, nous allons pouvoir transférer le contenu et l’UID de la puce originale sur la puce chinoise.

Pour se faire, et toujours dans le terminal, saisissez la commande suivante.
root@kali:~# nfc-mfclassic W a carte-originale.dmp carte-vierge.dmp

On touche au but avec la dernière commande du tuto. On va ici demander à la commande mfc-classic d’écrire le cntenu de la puce originale sur la puce chinoise vierge, UIS compris.

L’opération devrait prendre 1 grosse seconde avant d’aboutir sur un message de succès. Si vous êtes attentifs, vous remarquerez que la seule différence par rapport au précédent article est le fait que le « W » est écrit en capital. ça n’est pas une erreur, cela demande au lecteur de transférer le contenu de la puce ainsi que le bloc 0 qui contient l’UID. En cas de succès, un message devrait vous confirmer l’écriture de 64 secteurs sur 64 (dans le précédent article, on n’en copiait que 63 car il manquait le fameux bloc 0).

Vous pouvez vérifier le succès de l’opération en répétant l’étape 3 avec votre puce chinoise. Si tout a correctement fonctionné, la commande nfc-list appliquée à votre puce chinoise vous affichera un UID identique à celui de votre puce originale.

Et voilà, vous venez de contourner l’incontournable :)

En conclusion

Avec quelques dizaine d’euros de matériel et une poignée de minutes, vous aurez pu dupliquer à la perfection une puce RFID officielle. Aucun lecteur ne pourra faire la différence entre la copie et l’originale. Vous comprenez désormais que la sécurité des systèmes basés sur ce type de puce est toute relative. Comme d’habitude, vous êtes seuls responsables de l’usage que vous faites de ces connaissances. Si vous avez des questions, ou souhaitez tout simplement partager vos expériences sur le sujet, n’hésitez pas à vous exprimer dans les commentaires !


La TV et moi c’est une longue histoire, beaucoup regardée quand j’étais ado, je m’en suis peu à peu détaché au point de la supprimer purement et simplement de mon domicile. J’aime avoir une attitude active sur les médias que je consomme. Films, séries, documentaires : je regarde de tout, probablement en quantité un peu plus faible que la plupart des gens. Il y a pourtant des types de contenu que j’affectionne particulièrement et qu’il est difficile de suivre sans TV. Tout en haut de ce classement se trouve les retransmissions sportives et les documentaires. Alors comment suivre tout cela sans TV ?

Molotov, l’application pour regarder la TV… sans TV

J’ai découvert il y a peu cette application pourtant sortie en juillet dernier. Proposant une interface intuitive et surtout compatible avec la quasi totalité des appareils qui m’entourent, cette application gratuite vous permet de regarder en direct (ou pas) le contenu proposé par les différentes chaînes de TV. Ce qui m’a séduit, au delà de l’interface, c’est le fait que cette application propose un mode de consommation radicalement différent du modèle actuel des chaînes de TV. Au sein de l’appli c’est le contenu qui est mis en avant et qui devient votre point d’entrée. La chaîne qui diffuse votre émission devient une information anecdotique.

Une interface propre et intuitive. Ça donne envie !

Contenu : Trier le bon grain de l’ivraie

C’est là pour moi le principal point fort de Molotov. Ici au lieu de choisir par plusieurs dizaines de chaînes, la part belle est faite au contenu. Un menu simple nous permet de choisir ce que l’on veut regarder. Du sport, des films, une série ? Et votre documentaire vous le souhaiteriez sur quoi exactement : Animaux, Culture du monde, Voyage, Consommation ? C’est vous qui choisissez ! Pour moi cela transforme l’usage que j’ai connu du « petit écran » qui généralement n’est plus si petit que ça :).

Sur la gauche, vous voyez le sous-menu de la catégorie documentaire. L’ensemble est plutôt bien trié.

Sur les plates bandes du replay

Autre petite fonctionnalité sympa : vous pouvez accéder dans l’appli au contenu proposé sur les sites de replay de plusieurs chaines. Cela vous évitera l’inscription sur le site de la chaîne et l’ajout de pub auquel on ne peut que difficilement se soustraire habituellement.

Pour chaque chaîne, Molotov vous propose l’accès au replay quand c’est possible. Cela ne fonctionne pas pour toutes les chaînes malheureusement. Ici une partie du contenu en replay proposé par Arte

Vous arrivez en retard pour le début de votre émission favorite ? Tant qu’elle n’est pas terminée, Molotov vous donne le choix : reprendre le direct ou lancer le programme depuis le début.

Suivre e direct ou reprendre depuis le début ? C’est vous qui choisissez.

PC / Tablette / Téléphone : il y en a pour tout le monde

C’est pour moi un des gros points fort de cette appli. Elle est disponible sur ordinateur (pc/mac/linux), tablette (android et ios), et smartphone (android et ios là aussi). C’est suffisamment rare pour le mentionner. Pour moi qui cherchais une manière de compléter mon pc mediacenter avec la possibilité de regarder la TV sans avoir à me brancher sur une antenne rateau, c’est parfait. Entre ça et Kodi, il y a de moins en moins d’excuses pour ne pas benner la box de son FAI :)

Une installation très simple

Là aussi, les choses ont été simplifiées au maximum. Sur Android et iOS, Molotov s’installe comme n’importe quelle app du Google Play/App Store. Sur windows et Linux, c’est un fichier qu’on télécharge et qui s’execute simplement : pas besoin d’installation préalable. C’est vraiment du très bon pour moi.

Un double clic sur le fichier télécharger affiche ceci. On valide est c’est parti.

En conclusion : ce n’est pas parfait mais on s’en approche

Pour moi qui ne possède plus de TV, mais qui souhaite regarder de temps en temps un match de rugby ou un documentaire c’est exactement ce dont j’avais besoin. Est-ce que ça change le contenu de la TV ? Évidemment non, mais je trouve beaucoup plus simple de détecter le contenu intéressant sur Molotov. Pour moi cela a également l’avantage d’éduquer un peu le téléspectateur et de ne pas scotcher pendant X heures sur une chaîne. A voir dans le temps si l’app reste toujours dénuée de publicité ! En terme d’usage cela ouvre de nouvelles portes : par exemple si l’application tourne sur un raspberry pi, il suffira d’un écran et du micro ordinateur pour créer une station multimédia complète, même loin d’une prise TV !


Aujourd’hui j’inaugure avec cet article une nouvelle section du blog qui, je l’espère vous rendra service ! Cela fait maintenant quelques années que j’ai démarré tous mes « bricolages » autour de la domotique, l’électricité ou les batteries. Autant d’années durant lesquelles je me suis équipé d’outils qui m’ont plus ou moins servi, que j’ai usé, cassé, racheté, éprouvé ! Les années et l’expérience aidant, j’ai pu me constituer une véritable « caisse à outils », non pas forcément pour toutes les situations mais au moins celles qui me concernent : électricité sur courant fort, courant faible, électronique, mécanique vélo, etc, etc… Bien que j’essaie de préciser dans chacun de mes articles le type d’outil que j’utilise, je ne précise pas toujours quel modèle exact, ce qui me vaut beaucoup de questions !

Un bon outil, c’est déjà la moitié du travail de fait.

Je ne sais plus d’où me vient cette citation, mais j’ai pu la vérifier à maintes reprises. Le domaine de l’outillage est une vraie jungle, pour un même type de tournevis, de clé, ou de pince ce sont plusieurs centaines de références qui sont disponibles, et la qualité n’est pas toujours en rapport avec le prix ! S’il y a des marques établies avec des prix souvent peu accessibles aux particuliers, il existe parfois d’autres « challengers » moins connus aux prix plus doux ! Cette section de l’Atelier du Geek est donc là pour combler les attentes de certains : domaine par domaine, je vais essayer de vous lister les outils qui me sont _vraiment_ utiles et les modèles qui me satisfont, souvent avec un rapport qualité/prix (très) intéressant.

Pour ce premier épisode, je vous propose de de vous dévoiler le contenu de ma caisse à outil en matière de domotique !

Domotique et électricité

Si vous vous lancez dans la domotique, assez vite vous allez devoir « mettre les mains dans le cambouis », ou plus concrètement « derrière la prise électrique ». Cela peut faire peur mais avec un minimum de précaution et les outils adaptés vous pourrez travailler sans prise de tête et en toute sécurité. Voici outil par outil ceux que je ne quitte jamais !

Le plus fidèle compagnon du bricoleur en électricité : le multimètre

Autant il y a des outils dont on peut se passer ou facilement substituable, autant celui-ci est indispensable et irremplaçable. Le multimètre est l’élément de base pour détecter la présence de courant, vérifier la continuité d’un fil ou mesurer une tension. Contrairement à certaines idées reçues, il n’y a pas besoin d’une formation intensive en électricité pour l’utiliser correctement et choisir le bon modèle peut grandement vous faciliter la vie.

Dans le domaine, les références sont les marques Fluke et Métrix mais les prix de ces appareils les réservent habituellement aux professionnels. Pour ce type d’appareil, le meilleur côtoie le pire et pour avoir eu un multimètre de chez Auchan à 10€, je peux vous dire que l’on trouve beaucoup mieux pour pas beaucoup plus cher ! J’ai découvert il y a quelques années la marque « UNI-T » qui fait de bons appareils à tous les prix. Plusieurs comparatifs mettent en avant la précision de leurs modèles face à de grandes marques pour un prix beaucoup plus doux.

Mon multimètre est donc un modèle de chez eux, le modèle UNI-T UT136B pour être précis. Parfait pour un usage amateur, voici quelques unes de ses fonctions clés :

  • Très bonne finition, ce multimètre est loin de faire « cheap »
  • Calibrage automatique (fini les fusibles grillés parce qu’on a décalé la molette d’un cran)
  • Rétro-éclairage (pour y voir même à la cave)
  • Testeur de continuité avec buzzer (ça a l’air bête, mais mon précédent multimètre ne l’avait pas, et bien ça n’était pas du tout pratique !)
  • Permet de mesurer courant, tension continue ou alternative, résistance, capacité (rare à ce prix !), continuité…
  • Extinction automatique (parfait pour les étourdis comme moi !).

Suivant la période, on le trouve sans trop de mal entre 25 et 35€. Cela doit faire 2 ans que j’ai le mien et il ne montre aucun signe de faiblesse.

De bonnes pinces pour sauver vos doigts (et votre temps)

Quand on manipule des fils électriques pour la première fois, on est souvent surpris par leur rigidité, particulièrement quand la section du fil dépasse 2,5mm². Quand on fait des travaux d’électricité « classiques », ça n’est pas forcément un problème, mais quand on se retrouve à devoir caser un (gros) module domotique derrière un interrupteur, on se rend vite compte de la difficulté de tout rentrer « à mains nues ».

Manche qui glisse, mâchoires mal ajustées, trop grande épaisseur sont les symptômes des pinces de mauvaise qualité. J’ai démarré avec ça, mais heureusement je n’en ai (presque) plus :)

Parmi les différentes marques de pinces, il y en a une qui pour moi surpasse toutes les autres, c’est la marque Knipex. Difficile à trouver en magasin de bricolage, on peut en trouver à des prix corrects sur Amazon. C’est fabriqué en Allemagne et garanti à vie. Ceux qui en ont eu en main ne jurent que par le confort et la qualité de cette marque, je ne dérogerai pas à la règle. Comptez entre 20 et 30€ par paire de pinces. Si vous devez vous en acheter une seule pour démarrer, je vous recommande la pince à bec courbé qui est celle que j’utilise le plus. Elle permet de manipuler aisément les fils récalcitrants et peut également les couper.

Quelle que soit la marque qui fait craquer, prenez un modèle isolé. En général le surcoût est faible (3-4€ chez Knipex) mais c’est toujours ça de pris pour votre sécurité !

Adieu les dominos, bonjour les bornes automatiques

Quand j’étais plus jeune et que je regardais mon père travailler sur de l’électricité, je ne le voyais utiliser que les fameux « dominos » pour raccorder des fils entre eux. Ça fait le boulot, mais ça n’est pas toujours pratique à manipuler quand on est dans des endroits difficiles d’accès. Il existe depuis d’autres types de raccordement, les « bornes automatiques », dont la marque Wago s’est fait la spécialiste.

Les bornes automatiques, pour connecter vos fils sans outil et en toute sécurité.

Concrètement, plus besoin de tournevis : on enfiche les câbles dénudés dans une borne… Et c’est tout :) Je peux vous dire que ça fait gagner un temps monstrueux ! On en trouve pour des fils électriques jusqu’à 4mm². S’il vous faut plus gros il faudra se contenter des dominos !

Le basic souvent de piètre qualité : le tournevis

Qui a des tournevis ? Tout le monde. Qui a des tournevis de qualité ? Beaucoup moins de monde :)
En domotique ou en électricité, on use et on abuse des tournevis. Pour remplacer un domino, installer un module domotique, démonter un interrupteur, modifier le tableau électrique, etc… Il faut toujours un tournevis. Ajoutez à cela le fait que les anciennes installations électriques nécessitent des tournevis plats, alors que les nouvelles installations font plutôt appel à des tournevis cruciformes et vous comprenez qu’il va vous en falloir quelques uns ! Après en avoir ruiné 3 ou 4 différents, j’ai opté pour un jeu de tournevis isolés Facom.

Mon assortissement de tournevis isolés Facom. Garantie à vie, ils mélangent empreintes plates et cruciformes.

Ces outils sont garantis à vie, et à moins de 20€ les 5 tournevis on ne prend pas de grand risque. Cela fait pas mal de temps que je maltraite les miens sans qu’ils ne montrent de signe de faiblesse.

Mon parent pauvre : la pince à dénuder

Dénuder les fils électriques, c’est certainement l’opération la plus répétitive et rébarbative quand on fait de la domotique, ou tout simplement que l’on travaille sur l’électricité. Et à l’heure où je vous dévoile les entrailles de ma caisse à outils, je ne peux que reconnaître la piètre qualité de mon matériel dans le domaine :

Ma pauvre pince à dénuder, bientôt au bout de sa vie. Il est temps de lui chercher un remplaçant !

Tranchant usé, poignées qui menacent de s’échapper, mâchoire mal ajustée, mais comment ai-je pu laisser passer ça ? Je crois que là j’ai trouvé mon prochain outil à remplacer ! Si je pense choisir une pince de ma nouvelle marque fétiche, Knipex, je ne sais pas si je dois opter pour : une pince à sertir, une pince à dénuder manuelle, une pince à dénuder automatique ou encore un « outil universel à dégainer« …

De gauche à droite et de haut en bas : une pince à sertir/dénuder, une pince à dénuder manuelle, une pince à dénuder automatique et un outil universel à dénuder/dégainer. Et ça n’est qu’une partie des outils à dénuder proposés par knipex !

Parmi tous ces outils permettant de dégainer du fil électrique, l’outil universel semble le meilleur et le plus polyvalent, c’est donc aussi en toute logique le plus cher ! Voilà qui va me donner l’occasion de réfléchir ! Et vous, vous prendriez quel outil ? Plusieurs ?

Pour terminer

On arrive au bout de cette liste d' »essentiels » pour tout bricoleur en domotique et électricité qui se respecte. Chaque fois que je me suis équipé d’un de ces outils cités, je n’ai cessé de m’en féliciter, mais je pense que c’est aussi quelque part parce que j’ai déjà travaillé avec du matériel pas terrible ! Un proverbe anglais dit « You buy cheap, you buy twice » que l’on pourrait traduire « qui achète peu cher, achète deux fois ». Faites moi plaisir, si vous pouvez vous le permettre, prenez des outils de qualité ! J’ai testé pour vous le pas cher, maintenant je suis en train de remplacer tous mes outils ! Enfin, si vous avez vous aussi des outils fétiches dans le domaine, n’hésitez pas à les partager dans les commentaires !

 


Si vous êtes sur ce blog c’est peut-être parce que vous vous intéressez à la domotique et notamment à la gestion du chauffage. Dans mon précédent logement, j’avais dompté mes radiateurs électriques (cf cet article et celui-ci), mais quand j’ai emménagé dans ma nouvelle demeure cet été, j’y ai trouvé un chauffage central… au gaz ! Il me fallait donc tout recommencer ! Depuis mon premier article sur la domotique et le chauffage j’ai vieilli grandi et le marché de la « maison intelligente » a commencé à bien se développer. Je me suis dit qu’il était donc grand temps d’endosser la tenue de monsieur tout le monde et de tester une solution un peu plus « clé en main » que ce que j’avais pu faire de par le passé. Rassurez-vous, si vous aimez la bidouille, j’ai aussi quelque chose pour vous en fin d’article :)

L’idée : remplacer un thermostat mécanique d’un autre âge par un modèle intelligent et connecté

Pour vous situer le contexte : mon nouveau logement est une maison individuelle, toujours sur la Métropole de Bordeaux, et équipée d’un chauffage central au gaz. On ne parle pas ici d’un modèle high tech à condensation qui sort du magasin, mais une vénérable chaudière d’une marque française achetée et installée en 1998. Bien que pas toute jeune celle-ci fonctionne très bien mais était pilotée via un branchement très « créatif » par un thermostat mécanique à la précision toute relative : on ajuste une température à l’aide d’une magnifique molette crantée et…c’est tout. Pas de gestion de planning, de jour/nuit, d’absence et encore moins de contrôle à distance. ça aurait été criminel de ma part de la laisser comme ça ;)

Mon magnifique thermostat mécanique. Si on me dit que c’est le plus vieux du monde je veux bien le croire tellement il est simple. Le comble, celui-ci n’était même pas branché à la chaudière, il pilotait directement l’alimentation de la prise électrique sur laquelle la chaudière était branchée ! Pas génial…

Ce qu’il y a de bien avec les chaudières à gaz, c’est justement le fait qu’elles soient prévues depuis très longtemps pour fonctionner avec un thermostat. Véritable « cerveau » du système de chauffage, c’est lui qui décide quand allumer/éteindre votre organe de chauffage et c’est donc logiquement sur lui que vous devez porter votre attention en priorité pour moderniser votre installation. Les gros acteurs du marché l’ont bien compris et on a vu ces dernières années plusieurs sociétés plus ou moins bien implantées se lancer sur le créneau. En France, 2 sortent clairement du lot, Google et Netatmo et c’est naturellement sur ceux là que je me suis focalisé.

  • Le themostat Nest de Google : c’est le pionnier, dessiné par le père de la célèbre « molette » des iPod, il est arrivé avec sur le marché avec un design novateur et s’impose comme un objet de qualité : le thermostat de chez Nest est fait pour être montré. Equipé d’un capteur de présence, le thermostat est capable de détecter quand vous êtes là. Il apprend de vos réglages vos préférences et se propose d’adapter donc la température de votre domicile de manière intelligente après quelques jours d’apprentissage.
  • Le thermostat de Netatmo : arrivé plus tard sur le marché, on sent que des efforts en terme de présentation ont là aussi était fait. Dessiné par Philippe Starck et conçu par Netatmo, une boîte française, on est face à un produit français (cocorico !) qui a su se faire une belle place sur le marché. Moins tourné vers « l’auto apprentissage » que son concurrent de chez Google, le modèle de chez Netatmo sollicite davantage l’utilisateur dans la phase de réglages pour connaitre ses habitudes en posant des questions simples (ex : « A quelle heure vous levez-vous/rentrez vous du travail, etc…). Il va également nécessiter quelques jours d’apprentissage pour connaitre l’inertie de votre logement et l’efficacité de votre système de chauffage pour ensuite vous proposer un algorithme intelligent de chauffage qui prendra tout cela en compte.

Le thermostat Nest de Google. Un très bel objet malgré son fil à la patte.

Le thermostat Netatmo au côté de l’application associé.

Pourquoi j’ai choisi le Netatmo ?

Avant de détailler les différences entre les 2 compétiteurs, voici quelques éléments communs qui vous feront comprendre qu’on est face à 2 très bons produits :

  • Un investissement rentabilisé en 1 an : annonçant chacun une économie similaire (plus de 250€ sur 1 an), l’un comme l’autre serait rentabilisé en moins d’un an
  • La possibilité d’interagir avec l’appareil à distance. Un départ précipité ? Un retour imprévu ? Quelle que soit la raison, vous pouvez à tout moment via un smartphone ou un ordinateur contacter votre thermostat pour l’informer de votre absence/retour.
  • Une ergonomie aux petits oignons. Franchement, si vous avez déjà joué avec un thermostat non connecté qui propose des fonctionnalités avancées (planning, jour/nuit, vacances, etc..), vous savez que la majorité de ces produits proposent une ergonomie au mieux déplorable, au pire inutilisable. Là on n’est pas du tout dans ce modèle là : les fonctionnalités principales sont accessibles simplement sur l’appareil, pour celles plus avancées on aura recours à une application sur son smartphone ou un site avec une belle ergonomie dans chaque cas.

Un extrait de l’interface du site de Netatmo. En un coup d’oeil on a accès aux informations essentielles. C’est très lisible.

Et si pour ma part j’ai choisi le Netatmo, c’est pour quelques raisons dont voici les principales :

  • Le prix. A 249€ pour le modèle de Google contre 159€ chez Netatmo la différence est tout de même palpable.
  • L’évolutivité. Netatmo a annoncé récemment la sortie de vanne de radiateurs complémentaires pour ajuster de manière automatique et indépendante la température de chaque pièce. Ces vannes dialoguent avec le thermostat central pour une efficacité maximum. Il n’y a pas d’équivalent à ce système chez Google, et même si je ne sais pas encore si j’installerai ce type de vannes plus tard je ne souhaite pas me fermer de porte dès maintenant.
  • Le « fil à la patte » du modèle Google. Le termostat du Netatmo est plus chiche que celui de Google mais cette faiblesse et aussi une force : infiniment moins gourmand en énergie, le modèle de Netatmo peut fonctionner sur piles ou fil, alors que celui de Google ne peut fonctionner sans être relié en permanence à une source d’énergie filaire.
  • L’approche du modèle de Google. Même si j’admire la prouesse techno avec le capteur de présence, je préfère un système de planning sur lequel j’interagis. Après tout je n’ai pas envie que le thermostat baisse tout seul le chauffage de mon logement parce que cela fait 2 heures que je ne suis pas passé devant lui !

Fin 2016, Netatmo a annoncé l’arrivée prochaine de vannes connectées pour les radiateurs à eau. Un produit qui devrait se révéler complémentaire du thermostat de la marque !

Pourquoi ne pas se baser uniquement sur Domoticz ?

Si vous suivez un peu les sujets abordés sur la partie domotique du blog, vous aurez probablement quelques idées en tête pour arriver à une promesse similaire à ces appareils de chez Google/Netatmo pour un coût bien moindre. Mais ce serait ignorer les atouts de ces cadors, comme l’intelligence de l’algorithme, l’interface à l’ergonomie sans faille et le bel objet physique qui permet même à Mamie Josette de régler la température de votre domicile sans y connaitre quoi que ce soit en chauffage/domotique/thermostat.

Installation : et la chaudière de 1998 devint connectée !

Sans trop m’attarder sur l’installation, sachez qu’il y a plusieurs façons de brancher le thermostat de chez Netatmo suivant que vous remplacez un thermostat filaire, sans fil, ou que tout simplement vous ajoutez un thermostat à votre chaudière qui peut en être dépourvu. Quelle que soit votre configuration, prévoyez environ entre 5 et 30 minutes suivant votre habileté et votre préparation.

Voici les 2 manières d’installer le thermostat de Netatmo. A gauche, le schéma d’installation si vous remplacez un thermostat sans fil ou que vous installez un thermostat sur une chaudière qui n’en a jamais eu (c’était mon cas). A droite, le schéma d’installation pour un thermostat filaire.

Pour ma part, il a fallu :

  • Ouvrir la façade de la chaudière (6 vis à retirer)
  • Repérer sur le bornier de la chaudière les bornes dédiées au thermostat (si vous galérez, j’ai une belle anecdote à vous raconter qui vous redonnera foi en l’humanité en plus de vous aider)
  • Connecter sur ces 2 bornes les fils du relais sans fil du thermostat (2 vis à serrer)
  • Refermer la façade

Au final j’y ai passé un petit quart d’heure. Au passage, je vous conseille de ne pas faire comme moi, et de réaliser avant toute chose la configuration du relais en lui indiquant votre adresse, votre réseau wifi, etc…). ça vous évitera de tout débrancher/rebrancher ensuite !

Au terme de l’opération, vous aurez probablement comme chez moi votre chaudière pas toute jeune affublée d’un petit boitier beaucoup plus jeune.

Ici vous voyez posé sur mon antique chaudière le relais du thermostat Netatmo. Il ne me reste plus qu’à le fixer au mur.

Ici la partie « commande et affichage » du thermostat Netatmo. On peut le fixer au mur ou le poser tout simplement sur un meuble. Le voici ici sous la garde de ma sentinelle personnelle.

 

Configuration

La configuration de l’ensemble est très simple et à la fois ingénieuse. On s’inscrit sur le site, et on va répondre à quelques questions dont en voici quelques unes :

  • A quelle heure vous levez-vous le matin ?
  • A quelle heure partez-vous au travail ?
  • A quelle heure rentrez-vous du travail ?
  • etc…

Un exemple de question posée lors de la configuration du thermostat. L’exercice ne prend que quelques secondes.

A partir de vos réponses et des recommandations de l’ADEME, Netatmo va établir un planning de base sur lequel vous pourrez intervenir ensuite pour en modifier les horaires/températures. Notez qu’il est possible d’avoir plusieurs plannings, personnellement j’en ai configuré 2 : un « classique » pour les semaines travaillées et un « vacances » pour les semaines où je suis en congés. Ainsi je ne dérègle pas tout d’une semaine à l’autre, je switche simplement de planning. Là aussi, en tout et pour tout j’ai dû y passer 30 minutes, mais ça c’est parce que j’ai pas mal traîné pour bien pouvoir vous en parler :)

Un exemple de planning. Les couleurs permettent de visualiser les périodes de chauffe.

Ajout du thermostat dans Domoticz

Je confesse que bien que j’utilise toujours Domoticz pour tout un tas de choses, je le sollicite très peu pour le chauffage. Sachez cependant qu’on peut tout à fait intégrer le thermostat de Netatmo (et même le Nest d’ailleurs) au système pour pouvoir influer sur le chauffage ou tout simplement en récupérer certaines informations comme la température définie, le fait que mode « Absence » du thermostat est (des)activé, etc…

  1. Pour cela on se rend dans le menu Setup > Hardware, on ajoute le Hardware « Netatmo » en saisissant login + mot de passe du compte Netatmo
  2. On accède ensuite au menu Setup > Devices où doivent apparaitre les différents périphériques disponibles en rapport avec votre Thermostat.
  3. Comme d’habitude, un petit clic sur la flèche verte des lignes qui vous intéressent vous permettra de sélectionner un nom qui vous sied pour chaque capteur/actionneur. A vous ensuite d’utiliser ces nouveaux paramètres dans vos différents scripts et scénarios !

Ajout du compte Netatmo dans l’onglet « Setup > Hardware »

Les différents périphériques disponibles remontent ensuite dans l’onglet « Setup > Devices ». A vous de sélectionner ceux qui vous intéresse.

Les informations du thermostat (comme la température de consigne actuelle par exemple, visible ici à droite) remontent directement dans Domoticz.

1 mois plus tard, qu’est-ce que j’en pense ?

La version courte, c’est que je suis conquis ! De manière un peu plus détaillée, je suis épaté par le confort que ce type d’appareil procure au quotidien : il fait toujours bon chez moi et je n’ai plus à penser au chauffage ! L’ergonomie « cinq étoiles » fait aussi que les imprévus ne prennent pas plus de 3 secondes à être gérés, et pas seulement par moi ;) Ceux qui cherchent donc un système utilisable par les moins technophiles seront donc séduits. Ensuite, il y a tout un tas de petites fonctionnalités dont je n’étais pas au courant au moment de l’achat qui m’ont agréablement surpris, en voici quelques unes :

  • La gestion des absences. Quand j’indique au thermostat que je vais être absent, cet état est défini jusqu’à « nouvel ordre » mais je peux aussi dire que je reviens mardi à 17h, et le thermostat rebasculera sur le planning de mon choix à ce moment là sans que j’ai besoin d’y penser plus tard
  • La gestion des « exceptions ». Pour avoir un niveau de chauffage correct et respecter certaines considérations éco(no/lo)giques nous avons choisi d’avoir une température de confort à 19°C chez nous, selon les recommandations de l’ADEME. Mais si pour un dîner entre amis je pousse le thermostat un peu plus haut, celui-ci comprend le caractère exceptionnel de la manoeuvre et reprendra sa température de consigne habituelle quelques heures plus tard.
  • Les rapports en fin de mois. Bonne surprise également, à la fin de chaque mois, Netatmo m’envoie un rapport avec le nombre d’heures de chauffage utilisées ce mois-ci, ce qui doit permettre de comparer son usage d’un mois sur l’autre. Autre rapport fourni, une comparaison de ma consommation de chauffage avec celle de mes « voisins » (des gens qui ont un domicile au caractéristiques similaires et situé dans un environnement équivalent). Utile pour remettre en question sa consommation

Mon premier rapporte mensuel Netatmo sur un mois complet ! Les données ne sont pas encore vraiment significatives (normal, c’est mon premier mois !) mais cela vous donne une idée de ce que l’on peut y trouver comme informations.

Bilan

Au final, vous l’aurez compris, je suis très satisfait de ce thermostat. Si je devais reprocher quelque chose, c’est du système de chauffage que je me plaindrais plutôt que du thermostat en lui même. Je m’explique : le thermostat fait bien son boulot, mais le fait que le chauffage soit « central » fait que sans intervention manuelle, il chauffera toujours toutes les pièces de la même manière, alors que je n’ai pas besoin d’avoir ma salle de bain à la même température du matin au soir. Pour arriver à ce niveau de finesse, cela devra passer par l’ajout de vannes connectées sur chaque radiateur de la maison, et là on se parle d’un chantier un peu plus ambitieux (et coûteux). Peut-être l’occasion de vous faire un nouvel article d’ici l’hiver prochain ?

En n’attendant n’hésitez pas à poser vos questions et partager vos expériences dans les commentaires, que vous ayez choisi la solution Netatmo ou pas ! Et si vous désirez vous équiper, vous pouvez acheter le thermostat de Netatmo sur Amazon.

Quelques liens utiles qui peuvent vous intéresser :