Cet article fait partie de la série Domotique (18 articles au total)

Quelles que soient vos raisons, vous pouvez avoir besoin de laisser vos clés à quelqu’un en cas d’absence. Femme de ménage, locataires Airbnb, un ami de passage… Ce ne sont pas les motifs qui manquent ! Quand un de mes amis m’a demandé ce que je pourrais lui conseiller pour cet usage, moi qui suis très tourné vers la “maison intelligente”, je lui ai immédiatement répondu “une serrure connectée” ! Sauf que, si sur le papier, la serrure connectée c’est le top, dans la pratique cela ne s’adapte pas à toutes les portes (et certainement pas celle qui nous intéressait), et les tarifs dépassent souvent les 400€. Une belle somme pour un usage qui n’est pas forcément très fréquent…

Et pourquoi pas une boîte  à clés connectée ?

La boîte à clés, c’est la solution de simplicité : pas besoin de changer de serrure ou de clé, cela se matérialise par un boîtier sécurisé de la taille de 2 paquets de cigarettes. Elle se fixe sur un mur et permet d’y stocker des clés. Pour accéder au précieux sésame, c’est généralement via une combinaison chiffrée que l’on déverrouille l’appareil pour y récupérer les clés.

Ce type d’appareil n’est pas nouveau, mais j’ai découvert lors de mes recherches que la société Master Lock en proposait un modèle “connecté” ! Il fallait donc que je teste ça au plus vite :)

La promesse

Avec sa boîte à clés connectée, MasterLock nous promet les choses suivantes :

  • Savoir qui ouvre la boîte et quand
  • La possibilité de générer des codes temporaires, que l’on peut faire expirer à tout moment (pratique pour ne donner accès aux clés que sur une période limitée !)
  • La possibilité de déverrouiller la boîte sans code, uniquement avec son smartphone.

Découverte de l’objet

La boîte à clés connectée de MasterLock n’est visuellement pas très différente des modèles que l’on peut croiser dans la ville où je vis. D’aspect robuste, le poids conséquent de l’appareil rassure (1kg sur la balance !). La communication avec l’extérieur se fait via bluetooth : c’est simple mais cela engendre évidemment quelques limites, j’en reparlerai plus loin. En terme de fixation, il existe 2 versions de la boîte à clés. Une qui visuellement ressemble à un gros cadenas (ce qui permet de la fixer temporairement du moment que vous avez un point d’arrimage solide). L’autre version, celle que je me suis procurée, est à fixer sur un mur via 4 vis de maçonnerie. Ce modèle est évidemment destiné à un usage plus sédentaire.

Plus d’1kg pour cette boîte à clés connectée de chez Master Lock, cela inspire confiance.

Aussitôt déballée, aussitôt testée ! Première limitation de l’appareil : sa contenance. Cette boîte à clés connectée n’existe que dans un seul format, contrairement aux modèles non connectés de la marque. Le volume n’est pas négligeable mais si vous avez un gros trousseau, ou comme moi, une grande clé, cela peut s’avérer limitant (ma clé de 10 cm passe tout juste, et dans une seule position). Par défaut c’est un code bateau qui permet de déverrouiller la boîte, le temps que vous configuriez l’appareil.

Un petit trousseau avec une grande clé ! ça passe mais on est au max niveau dimensions.

Une appli qui n’est pas des plus ergonomiques

Pour configurer ce mini “coffre-fort”, il faut passer par une application disponible sur iPhone et Android. Celle-ci n’est pas un monstre d’ergonomie mais elle permet gérer tout un tas de choses :

  • Ouvrir la boîte via la connexion bluetooth
  • Consulter l’historique des ouvertures / fermetures
  • Définir le code principal d’ouverture de la boîte
  • Définir des codes secondaires d’ouverture de la boîte (par exemple pour vos proches)
  • Récupérer un code temporaire qui ne sera valide que quelques heures (par exemple pour la récupération des clés d’un invité)
  • Donner un accès à quelqu’un avec un planning particulier (par exemple pour la femme de ménage, vous pouvez l’autoriser à déverrouiller la boîte uniquement en journée le jeudi)

Historique de la boîte à clés. Ici on peut voir les différentes ouverture(s) ou tentatives d’ouverture(s).

Un mot sur les accès temporaires

L’avantage d’une boîte à clés connectée, pour moi, est de pouvoir donner un accès temporaire à celle-ci. Premier cas de figure auquel je pense : des gens de passage à qui on souhaite donner l’accès uniquement pour X jours (et ainsi être sûr qu’ils ne viennent pas ouvrir la boîte sur une période non autorisée). Autre exemple qui me vient en tête : la femme de ménage à qui on souhaite donner accès un jour particulier uniquement.

Sur cette fonctionnalité, il y a de bonnes idées et d’autres moins bien. Par exemple pour donner un accès limité dans le temps, ou selon un planning particulier, votre “invité” est obligé de créer un compte MasterLock (et le moins que l’on puisse dire c’est que l’inscription est particulièrement fastidieuse), impossible de passer par un simple code ! Je trouve cela très contraignant et pas cohérent avec la cible que pourraient représenter des utilisateurs d’un service comme AirBnB.

Si l’on accepte de s’astreindre à l’utilisation de l’application, on peut configurer un accès à la boîte à clés de manière très fine. Dommage que l’on ne puisse pas associer cet accès à un simple code numérique.

De même, le bluetooth exigeant une certaine proximité avec l’objet, vous pouvez vous demander comment “créer” un code temporaire pour quelqu’un si vous êtes loin de la boîte à clés. Pour cela MasterLock a prévu quelque chose de bien pensé : l’application est capable de vous donner un code valide pour un créneau de 4h dans le futur. Ainsi, si je veux donner accès à la boîte à Tante Yvonne le 1er septembre 2018 entre 10h du matin et 14h, je peux d’ores et déjà lui dire qu’il faudra utiliser le code 09072.

Un exemple pour partager un “code futur” : des codes sont déjà paramétrés dans la boîte en fonction de la date, vous pouvez donc donner accès aux clés sur une fenêtre de temps bien limité, et cela sans avoir à être à proximité de la boîte à clés. L’inconvénient : les créneaux ne sont pas configurables.

Les limites de la communication en bluetooth

Bien que cette boîte à clés connectée soit un produit intéressant, elle souffre pour moi d’une limite de taille : son mode de communication. En effet, le fait qu’elle ne communique que via Bluetooth implique qu’il faille être à proximité de l’appareil pour bénéficier de la plupart des fonctionnalités (historique, changement du code principal et des codes secondaires, ouverture sans code, etc…). Si vous êtes éloigné du produit, vous pourrez seulement utiliser les fonctions qui permettent de créer des “codes temporaires” ou des accès selon des plannings particuliers. Ok, c’est le principal attrait du produit mais mieux vaut avoir en tête ces limites.

Gestion de l’énergie

Je n’ai pas trouvé d’information sur l’autonomie de la pile à l’intérieur. En cas de batterie faible, vous serez notifié par email et par l’application à condition de passer à proximité avec votre téléphone bluetooth. Visuellement, le voyant central s’allume en jaune pour vous alerter également. La pile doit bien durer plus d’un an et reste facile à changer (il s’agit d’une pile CR123A, accessible via 2 petites vis à l’intérieur du boîtier). En cas de panne de batterie, vous ne pourrez plus ouvrir la boîte à clés de manière classique, vous serez obligés de passer par une procédure d’urgence avec une pile 9V. Tout est expliqué ici : https://www.youtube.com/watch?v=geK2frzx4LI

Le dessous de la boîte à clés connectée avec les fameux contacts nécessaires à l’utilisation de la pile 9V.

Si je devais créer le produit parfait

Je n’ai pas trouvé sur le marché d’autres boîtes à clés connectées, il faut donc saluer MasterLock pour son innovation. Si je devais concevoir le produit parfait, je proposerais de remplacer la liaison bluetooth par du wifi ou un réseau de communication longue portée (comme SigFox ou Lora, ou tout simplement un réseau cellulaire classique via une carte SIM) afin de pouvoir bénéficier de l’ensemble des fonctionnalités à distance. De même, je ferais en sorte que l’on puisse systématiquement passer par des codes de déverrouillage (plutôt que l’app) afin de limiter la complexité de l’appareil au propriétaire de l’objet.

En conclusion : un produit plus adapté aux résidences principales que secondaires

Au final, de part sa conception, cette boîte à clés me semble davantage s’adresser à une utilisation en résidence principale où l’on aura un accès régulier afin de communiquer avec le produit. Pour une résidence secondaire dans laquelle on ne mettra les pieds que quelques fois dans l’année, on fera une croix sur les fonctionnalités d’historique et il faudra opter pour une stratégie de remplacement de la pile préventive pour ne pas se retrouver avec une boîte à clés inanimée. A 150€ pour cette boite à clé “Select Access Smart” de chez MasterLock, on est quand même 100€ plus cher que pour une boîte à clés standard, à vous de décider si cela vaut le coup. Pour ma part, bien que perfectible, je garde une impression positive de ce produit. Si vous avez des retours d’expérience sur cet appareil, des idées de produits alternatifs pour cet usage, n’hésitez pas à m’en faire part dans les commentaires.

 


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Quand on réfléchit à protéger son domicile des incidents domestiques, on pense immédiatement aux risques d’incendies, mais on oublie plus facilement un autre fléau auquel j’ai dû me frotter il y a un peu plus d’un an : le risque d’inondation. Dans cet article je vais donc partager avec vous une petite mésaventure que j’ai vécu fin 2014 et ce que j’ai fait pour éviter que cela arrive de nouveau.

On remonte 15 mois en arrière

Je rentre de weekend et trouve accroché un mot sur ma porte : ma voisine du dessus qui me prévient qu’elle a coupé le circuit d’eau de mon appartement car il “pleuvait” de son plafond. A l’intérieur de chez moi je découvre qu’un raccord sur l’arrivée d’eau de mon ballon d’eau chaude avait rompu, débitant plusieurs dizaines (centaines ?) de litres d’eau chez moi. Si l’intervention de la voisine a sauvé quasiment tous mes biens, c’est tout le parquet de l’appartement qui est bon pour la poubelle…

Mon parquet, gorgé d'eau, qui émettait de joyeux bruits de "succion" à chaque pas.

Mon parquet, gorgé d’eau, qui émettait de joyeux bruits de “succion” à chaque pas.

1 an et 7000€ de parquet plus tard

Cette mésaventure derrière moi, je suis tombé un peu par hasard sur un appareil que fabrique la marque Fibaro : le Fibaro Flood Sensor FGFS-101. Vous l’aurez deviné, il s’agit d’un détecteur d’inondation. Compatible Z-Wave, celui-ci s’interface donc avec mon système domotique et permettra de déclencher des scénarios ou tout simplement m’alerter en cas de fuite d’eau.

Le Flood Sensor, dans sa boîte ! Il tient dans la main.

Le Flood Sensor, dans sa boîte ! Il tient dans la main.

Découverte du Fibaro Flood Sensor FGFS-001

La promesse

Fibaro nous livre ici un objet bien fini qui, de part son fonctionnement, vous rappellera peut-être la logique des détecteurs de fumée. On pose le détecteur par terre. S’il détecte de l’eau il se met à émettre une sonnerie ma foi particulièrement désagréable jusqu’à avoir les pieds au sec. Simple et efficace, c’est ce que je cherche.

On aperçoit ici les fameux "picots" chargés de détecter la présence d'eau.

On aperçoit ici les fameux “picots” chargés de détecter la présence d’eau.

Un détecteur complet

Comme a son habitude, Fibaro a inclus d’autres capteurs dans son appareil. En plus de détecter les fuites d’eau, celui-ci pourra relever la température du sol, vous prévenir si quelqu’un le déplace ou tente de le saboter. Autres petites fonctionnalités : le constructeur nous promet une autonomie de 2 ans avec la pile au lithium intégrée (CR123A) mais vous pouvez aussi choisir de l’alimenter via un adaptateur de 12 à 24V. De la même manière, le détecteur peut-être accroché en hauteur et vous devrez alors y raccorder une sonde externe pour détecter une fuite. Un bornier de type “contact sec” permet également de relier si besoin l’appareil à votre alarme.

Petit plus en cas de sinistre, outre sa capacité à détecter la présence d’eau, il est étanche (certifié IP44) et capable de flotter s’il y a vraiment beaucoup d’eau. Bon ok, si on arrive là j’aurais d’autres soucis que la bonne santé du capteur ;)

Un objet à l’esthétique très réussie

Pas vraiment de reproche à faire à Fibaro sur l’esthétique de l’appareil. L’objet est élégant et très compact. Pour l’ouvrir il faut dévisser la partie supérieur qui va dévoiler la pile, le bornier pour y connecter des entrées/sorties, et enfin le bouton d’association pour rattacher le détecteur au réseau Z-Wave.

Le Flood Sensor FGFS-101 ouvert, au côté d'un simple stylo. Notez la compacité de l'appareil Fibaro !

Le Flood Sensor FGFS-101 ouvert, au côté d’un simple stylo. Notez la compacité de l’appareil Fibaro !

Si vous souhaitez utiliser ce détecteur sans sytème domotique c’est possible : il suffit d’enlever la languette de protection sur la pile et de le poser à un endroit stratégique : dans votre salle de bain, votre cuisine, près de votre machine à laver ou comme moi : sous votre ballon d’eau chaude ! En cas de fuite celui-ci retentira un peu à la manière d’un détecteur de fumée. Maintenant, vu le prix du jouet, l’intérêt principal est de le relier au système domotique, dans mon cas Domoticz.

Ajouter le Fibaro Flood Sensor dans Domoticz

Association du Fibaro FGFS-101

Rien de très compliqué ici, si vous avez comme moi déjà quelques périphériques z-wave vous devez commencer à maîtriser la procédure ! On commence par enlever la languette de protection de la pile du flood sensor. On éteint Domoticz, débranche la clé Z-wave de chez Aeon Labs. On passe en mode association en cliquant sur le bouton du Z-Stick et on triple-clique sur le bouton d’association du capteur. Le Z-Stick doit clignoter rapidement à ce moment vous indiquant qu’il a bien reconnu le flood sensor. Vous pouvez alors rebrancher le Z-Stick et redémarrer le RaspberryPi.

Si la manoeuvre a bien fonctionné, vous devez voir le Flood Sensor apparâitre dans l'onglet Setup > Hadware et en cliquant sur le bouton "Setup" du ZStick

Si la manoeuvre a bien fonctionné, vous devez voir le Flood Sensor apparâitre dans l’onglet Setup > Hadware et en cliquant sur le bouton “Setup” du ZStick. Ici il a le NodeId numéro 6.

Sélection du Fibaro Flood Sensor dans Domoticz.

Ici aussi rien de très original. Rendez-vous dans l’onglet Setup > Devices, et repérez la ligne du flood sensor. On clique sur la flèche verte pour lui choisir un petit nom. Chez moi ce sera “Inondation Chauffe-eau”. (Notez que d’autres lignes apparaissent si vous souhaitez utiliser le capteur de température / sabotage / déplacement du Fibaro Flood Sensor).

VOici les différents "devices" qui apparaissent après l'association du Fibaro Flood Sensor. Ici, seule la ligne "Flood" m'intéresse.

VOici les différents “devices” qui apparaissent après l’association du Fibaro Flood Sensor. Ici, seule la ligne “Flood” m’intéresse.

Votre détecteur d’inondation est maintenant disponible dans l’onglet Switches de Domoticz. Vous pouvez changer le logo de votre module pour avoir quelque chose de plus explicite en cliquant sur le bouton Edit.

Le Flood Sensor apparaît tel que je l'ai nommé. Ici "Inondation Chauffe-eau"

Le Flood Sensor apparaît tel que je l’ai nommé. Ici “Inondation Chauffe-eau”

Paramétrer une alerte en cas d’inondation.

C’est tout l’intérêt de la manœuvre : être prévenu immédiatement en cas de fuite. Pour cela, sur le widget matérialisation votre Flood Sensor, vous trouverez un bouton Notifications qui vous permettra d’ajouter une alerte en cas d’anomalie. Plusieurs méthodes de préventions sont disponibles, elles sont configurables en détail dans l’onglet Setup > Settings > Notifications.

Il est possible d'être notifier vers tout un tas de canaux, paramètrables dans les options de Domoticz.

Il est possible d’être notifié vers tout un tas de canaux, paramètrables dans les options de Domoticz.

Pour aller au bout des choses : couper automatiquement l’arrivée d’eau.

Je ne pouvais pas conclure cet article sans vous parler de ce que je considère être la “protection ultime” pour éviter de subir des dégâts en cas d’inondation : poser une électrovanne contrôlée par le système domotique sur votre arrivée d’eau. En cas d’alerte du capteur vous pouvez donc programmer une coupure du circuit d’eau le temps de vérifier l’étendue du problème.

Il existe des électrovannes Z-Wave, comme la Fortrezz WV-01, mais leur prix de vente est particulièrement dissuasif : 450€ la bête ! Solution alternative : poser une électrovanne “standard” et la piloter à l’aide d’un module domotique (qu’il soit Z-Wave ou pas).

Si cette solution vous intéresse, j’ai trouvé deux vannes motorisées différentes (elle n’ont besoin d’être alimentée que pour changer d’état), qui seraient pilotables avec un module Fibaro FGS-222. Le prix étant plus doux, on peut s’offrir l’électrovanne + le module domotique de contrôle pour moins de 100 euros. Si cette option vous intéresse, vous trouverez la première électrovanne ici, la seconde là.

Je n’ai pas pu tester ce dispositif pour le moment étant locataire, mais faites moi confiance pour installer ce système quand ça ne sera plus le cas !

Un exemple d'électrovanne pilotable avec un module Fibaro "classique".

Un exemple d’électrovanne pilotable avec un module Fibaro “classique”.

Conclusion

Peu fréquemment adressée, la prévention des inondations n’en reste pas moins une problématique pour laquelle il y a des solutions, que vous ayez une installation domotique ou pas. Si un détecteur seul ne fera que vous prévenir, cela permettra déjà de ne pas laisser la situation dégénérer. Et pour les plus vaillants qui le combineront à une électrovanne, vous aurez là une installation robuste qui vous tranquillisera. Le seul bémol du système, pour moi, est le prix de revient. Pour avoir une installation efficace, vous aurez besoin de multiplier les flood sensors pour en installer près des différents équipements “à risque” : machine à laver, chauffe-eau, cuisine, salle de bain ce qui peut faire rapidement gonfler la facture. Après, c’est sûr que c’est peu par rapport au coût des réparations en cas de sinistre… Et ça n’est pas mon assurance qui vous dira le contraire ;) Si vous souhaitez acheter le Fibaro Flood Sensor, vous le trouverez facilement ici.


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En domotique, le pilotage de l’éclairage est un sujet traité maintes et maintes fois, et pourtant il continue de déclencher les réflexions (et les discussions !). Dernier cas de figure auquel j’ai été confronté : comment piloter l’éclairage de mon entrée, actionné à l’origine par un va-et-vient traditionnel ?

Petit rappel sur le va-et-vient

En électricité, ce que l’on désigne par va-et-vient est une installation électrique qui permet de piloter une charge (comme un luminaire), indifféremment depuis deux interrupteurs. Si l’on dresse un petit schéma, voici ce que cela donne en terme de câblage électrique :

Va-et-vient traditionnel

Va-et-vient traditionnel

Ici, seul le luminaire est relié au neutre, les interrupteurs ne servant qu’à acheminer la phase à la lampe moyennant deux fils “navettes”.

Mes contraintes : un seul module, sans neutre, et pas de câble supplémentaire.

Des méthodes pour domotiser les va-et-vient, j’en ai trouvé plusieurs elles demandaient au choix de…

  • Tirer des câbles supplémentaires : bonjour la galère !
  • Multiplier les modules domotiques : à 60€ pièce, inutile de vous expliquer pourquoi l’idée me plaisait moyennement
  • supprimer un des 2 interrupteurs

Heureusement, il existe une solution pour avoir le beurre et l’argent du beurre : un va-et-vient parfaitement fonctionnel, sans tirer de câble supplémentaire, et piloté par le système domotique. L’astuce ? Remplacer les interrupteurs à bascule classiques par des interrupteurs poussoirs (comme ceux que l’on trouve dans les paliers d’immeubles par exemple).

Domotisation du va-et-vient

On retrousse ses manches et on y va. Comme d’habitude, les précautions d’usage sont à observer dès lors que l’on manipule le circuit de courant fort de la maison.

Matériel nécessaire

Tout le matériel nécessaire au chantier !

Tout le matériel nécessaire au chantier !

Le principe

C’est le module domotique qui pilotera la lampe, et les boutons poussoirs ne feront qu’envoyer des ordres au module (comme pourra le faire le système domotique). Plus tard, avec le module contrôlé par Domoticz, on sera en mesure de piloter l’éclairage du va-et-vient soit en utilisant les boutons poussoirs, soit en passant par l’interface de domoticz, des scénarios, ou encore en réagissant à d’autres capteurs domotiques (détection de mouvement, ouverture de porte, etc…)

Attention aux ampoules leds et fluo compactes

Bien que très intéressant, ce module Fibaro a tout de même quelques limites ! Il faut en effet que vos ampoules soient “dimmables” (c’est à dire compatibles avec un variateur de luminosité). C’est le cas de toutes les ampoules à incandescences et halogènes, mais ça n’est pas le cas de toutes les ampoules leds et à ma connaissance, aucune ampoule fluo compacte n’est dimmable. Si ça n’est pas le cas, les phases d’allumage/extinction risquent de s’accompagner d’un clignotement peu gracieux. Si c’est le cas vous savez ce qu’il vous reste à faire !

Voici un schéma de principe de l’installation à mettre en oeuvre :

Schéma de principe : ici le module est connecté en permanence à la phase et au retour lampe. Il sert d'intermédiaire entre les boutons poussoirs et la lampe

Schéma de principe : ici le module est connecté en permanence à la phase et au retour lampe. Il sert d’intermédiaire entre les boutons poussoirs et la lampe

Le pointillés représentent les boîtes d’encastrement. La première va recevoir le module domotique , 3 bornes wago et un bouton poussoir. Quant-à l’autre boîte d’encastrement, celle-ci contiendra uniquement le deuxième bouton poussoir et une borne wago.

Je vous avoue que, comme souvent, le plus compliqué est de faire rentrer tout ce bazar dans la boîte d’encastrement ! La mienne fait seulement 40mm de profondeur, et autant vous dire que j’ai un peu bataillé mais j’ai fini par y arriver !

Le bazar à ranger dans la boîte d'encastrement ! Mes années de pratiques de Tetris auront eu raison du défi

Le bazar à ranger dans la boîte d’encastrement ! Mes années de pratiques de Tetris auront eu raison du défi

Vérifier l’installation

Avant de vous intéresser à Domoticz, je vous conseille de remettre le courant et de tester le système : si vous avez correctement câblé vos boutons poussoirs avec le système, vous devriez pouvoir utiliser le va-et-vient de manière traditionnelle et allumer/éteindre votre luminaire depuis n’importe quel bouton poussoir. Avantage également, en restant appuyé sur un bouton poussoir, on constate que l’intensité de l’éclairage varie ! Un “double-clic” aura lui pour effet de remettre la luminosité à 100%.

Si jamais vos ampoules se mettent à clignoter, c’est qu’elles ne consomment pas assez d’energie pour être gérées correctement par le module Fibaro ! Pas de panique cependant, il suffit d’ajouter en parallèle du luminaire le “bypass” de Fibaro pour résoudre le problème.

Association dans Domoticz

La gymnastique est la même que d’habitude. J’éteins le RaspberryPi, je place le ZStick en mode association (un clic sur le bouton central) et j’associe le module Fibaro (en effectuant un triple clic sur un de mes boutons poussoirs Legrand). Je rebranche ensuite le ZStick et je démarre mon RaspberryPi. Ensuite on passe par les menus habituels (Setup > Devices) et une fois la ligne du module Fibaro repérée, on l’ajoute à nos interrupteurs en cliquant sur la petite flèche verte correspondante et en lui choisissant un petit nom.

Le module fibaro apparaît dans les périphériques détectés par le système

Le module fibaro apparaît dans les périphériques détectés par le système

 

On clique sur la flèche verte et on choisit un nom pour le module

On clique sur la flèche verte et on choisit un nom pour le module

Extinction automatique de la lumière

Si je me suis lancé dans ce chantier, c’est parce que j’oubliais régulièrement d’éteindre la lumière de mon couloir en partant travailler le matin, laissant la lumière allumée pendant plusieurs heures pour personne… Maintenant que le va-et-vient est domotisé, j’ai configuré Domoticz pour que 3 minutes après l’allumage (180 secondes donc), la lumière s’éteigne automatiquement. Pour cela, il faut aller dans l’onglet “Switches”, repérer le luminaire qui vous intéresse et cliquer sur “Edit”. C’est la valeur “Off Delay”, en secondes, qui permet de gérer le délai avant extinction.

La valeur "180" indique le nombre de seconde que Domoticz doit attendre avant d'envoyer l'ordre d'extinction au module.

La valeur “180” indique le nombre de seconde que Domoticz doit attendre avant d’envoyer l’ordre d’extinction au module.

Et voilà, vous savez désormais comment domotiser un va et vient sans tirer de câble supplémentaire, et de manière totalement réversible si vous êtes comme moi locataire. Bien entendu vous pouvez aller plus loin et coupler cela avec un détecteur d’ouverture de porte ou un détecteur de mouvement pour ne même plus avoir à toucher le moindre interrupteur ! N’hésitez pas à partager vos réalisations dans les commentaires, et je vous dis à très bientôt !


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Vous l’avez attendu le voilà :) Le premier article de la série où l’on va enfin ajouter un périphérique Z-Wave à notre installation ! Pour démarrer dans le monde du Z-Wave, j’ai choisi de tester un type de capteur qui a mauvaise réputation dans la gamme chacon (433Mhz) : un détecteur d’ouverture de porte/fenêtre Z-Wave. En effet, le protocole Chacon ne proposant pas de “retour d’état”, les capteurs d’ouverture de porte en 433Mhz ont une fâcheuse tendance à spammer le réseau radio en répétant N fois la même information, brouillant au passage les messages de ses petits copains.

Pourquoi vouloir suivre l’ouverture des portes et fenêtre du domicile ?

Au premier abord suivre ce type d’événement peut paraître anodin, mais il y a pourtant quelques intérêts à le faire :

  • En terme de tranquillité, le système domotique va être capable de vous assurer que toutes vos fenêtres sont bien fermées lorsque vous quittez votre domicile. Ceux qui ont déjà oublié un velux ouvert un jour de pluie comprendront !
  • En terme de sécurité, le système domotique va être capable de vous alerter si une ouverture suspecte intervient alors que vous n’êtes pas chez vous.
  • En terme d’économie d’énergie, il va être possible d’intégrer cette notion de porte ou fenêtre ouverte dans les scénarios de chauffage. Par exemple lorsque vous ouvrez votre fenêtre pour aérer, votre radiateur s’éteindra pour ne se rallumer qu’à la fermeture de la fenêtre.

Et je fais confiance à votre imagination pour trouver d’autres cas d’application !

Un modèle original

Maintenant que vous êtes convaincu de l’utilité de ce genre de module, lequel choisir ? Comme annoncé en introduction, j’ai exclu les modèles fonctionnant en 433Mhz, pour en trouver un plus fiable, en Z-Wave. Là aussi, des capteurs d’ouverture de porte Z-Wave, il en existe des dizaines, et ils ont quasiment tous la même tête : composée de 2 parties distinctes, une est fixée sur l’ouvrant et l’autre sur le montant. Visuellement cela ressemble à ça :

Un détecteur d'ouverture de porte classique

Un détecteur d’ouverture de porte classique… Pas très esthétique.

Pas forcément super esthétique on est d’accord, mais il existe plus discret bien qu’un peu plus long à poser, c’est ce que je vous propose de tester aujourd’hui !

Les modules Aeon Labs DSB54 et ZW089

Conçu pour être intégrer DANS la porte, les modules DSB54 et ZW089 une fois installés sont complètement invisibles ! Si comme chez moi vos portes intérieures sont creuses, alors ce module est le candidat idéal pour une intégration aux petits oignons. Voici quelques images :

Le capteur d'ouverture à côté d'un feutre de tableau blanc

Le capteur d’ouverture à côté d’un feutre de tableau blanc

Le capteur démonté

Le capteur démonté

Vous pouvez vous poser la question de l’autonomie de la pile de ce module. Selon son constructeur, elle durerait au moins 1 an, pour ma part cela fait déjà 5 mois que le capteur est en place et l’état la batterie ne donne pas de signe de fatigue. La pile utilisée est plutôt spécifique (modèle CR2), en tous cas je n’avais jamais croisé ce format qui apparemment est aussi utilisé dans quelques flashs d’appareil photo. Par curiosité, je suis allé voir au supermarché du coin s’ils en avaient, mais que nenni. Il vaudra donc mieux s’orienter vers internet en cas de panne sèche.

Installation

Alors si on se fie à la doc constructeur, Aeon Labs recommande de placer le corps avec la pile dans le montant, et la partie avec l’aimant dans la porte. Sauf qu’avec une profondeur de 6cm, l’installation dans le montant me parait plutôt galère, alors qu’on a une porte creuse à disposition ! J’ai donc choisit de le monter en plaçant le corps dans la porte ! Je vous livre donc le récit de ma petite séquence bricolage !

Matériel nécessaire :

  • un tournevis plat
  • un tournevis cruciforme
  • une perceuse avec une mèche de 19mm

19mm, ce n’est pas le plus simple diamètre à dénicher ! Une fois de plus, internet est venu à mon secours, et j’ai trouvé ma mèche sans trop de mal. Voici les modèles que je vous ai repéré :

Au passage, attention à la perceuse que vous allez utiliser ! La mienne par exemple (un modèle sans fil de chez AEG) n’accepte pas de mèches de plus de 18mm, j’ai donc du sortir la perceuse de papa !

La mèche de 19mm à côté d'un feutre de tableau blanc. Sacré bête

La mèche de 19mm à côté d’un feutre de tableau blanc. Sacré bête

Si comme moi vous vivez en appartement, cela vous donnera l’occasion de convertir votre table de salon en établi ;) J’ai choisi de percer le trou sur le haut de la porte, de manière à ce que le capteur soit complètement invisible.

Perçage en règle de la porte

Perçage en règle de la porte. Ne faites pas comme moi, pensez à désactiver le mode “percussion” !

Le trou percé, on va pouvoir installer le corps du module ! Mais avant de visser celui-ci, il vous faudra enlever la languette plastique qui empêche la pile de se décharger ! Une fois le module en marche, il est prêt à être intégré dans son logement

Le module intégré

Le module intégré

L’astuce de McGyver pour ne pas percer le montant

Bon là je vous avoue, je suis fier de mon coup ^^ ça m’embêtait de percer le montant de la porte car cette opération aurait été visible et pas forcément esthétique (qui plus est, je le rappelle, je ne suis que locataire). Or qu’y- a-t-il dans cette partie du capteur à encastrer ? Un simple aimant. Vu qu’entre la porte et le montant, j’ai bien 5 ou 6 mm de jeu, je me suis donc mis en quête d’un aimant extra-plat à coller sur mon montant, plutôt que de percer ce dernier.

Et voici le graal : des aimants neodym d’1mm d’épaisseur.

Des aimants neodym extra plats permettent d'éviter le perçage du montant

Des aimants neodym extra plats permettent d’éviter le perçage du montant

Mesurant 10 x 1 mm, cet aimant extra plat a trouvé sa place sans mal sur mon montant, et vu que l’encadrement de ma porte est métallique, je n’ai même pas eu besoin de le coller ! Et je vous confirme que mon capteur tourne comme une horloge !

Intégration du capteur dans Domoticz

Comme pour tous les périphériques Z-Wave, il faut procéder à un appairage du capteur avec notre contrôleur Z-Wave, en l’occurrence le Z-Stick S2 d’Aeon Labs. Pour ce faire, il faut approcher le Z-Stick S2 (débranché) du capteur, appuyer brièvement sur le bouton du ZStick avant de faire de même sur le capteur (c’est le petit trou visible sur la “face” du capteur, prévoyez donc un trombone pour y accéder). Si l’appairage réussit vous verrez le voyant du capteur clignoter rapidement.

Une fois l’inclusion réalisée avec succès, on rebranche le Z-Stick sur le RaspberryPi avec Domoticz et il faut patienter quelques instants le temps que Domoticz reprenne ses esprits ! Pour vérifier que tout a bien marché, il suffit d’aller ensuite dans l’onglet Setup > Hardware où l’on retrouvera nos différentes interfaces : le RFXCom et bien sûr, le ZStick !

Interfaces disponibles dans Domoticz. On voit le Z-Stick aux côtés du RFXCom

Interfaces disponibles dans Domoticz. On voit le Z-Stick aux côtés du RFXCom

Un clic sur le bouton Setup permet d’accéder à la liste des périphériques Z-Wave associés.

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Ici on voit que le Z-Stick est bien associé au capteur d’ouverture de porte (1ère ligne)

On retrouve le détecteur de porte d’Aeon Labs.

Pour le piloter depuis Domoticz, la mécanique est commune aux modules habituels en 433Mhz : il suffit d’aller dans l’onglet Setup > Devices où sont visibles tous les modules et de cliquer sur la petite flèche verte sur la ligne correspondant à notre capteur. On choisit son nom, dans mon cas un très original “Porte salle de bain“.

03_Include_Door_Sensor

Le capteur est visible aux côtés des autres périphériques (433Mhz et Z-Wave)

Par défaut le capteur est symbolisé par une ampoule, ce qui va bien pour les interrupteur mais ne me parait pas très adapté ici. J’ai donc choisi de modifier l’apparence et de l’afficher comme un contact. L’idéal serait de changer l’îcone en quelque chose qui ressemble plus à une porte mais je n’ai pas encore eu le temps de me pencher sur le sujet !

Changement de l'icône du capteur d'ouverture de porte

Changement de l’icône du capteur d’ouverture de porte

A ce moment le capteur est pleinement fonctionnel, son état remonte dans Domoticz et va pouvoir être utilisé dans vos scripts et scénarios !

En conclusion

J’ai le module DSB54 depuis plusieurs mois et il fonctionne très bien. Entre temps, Aeon Labs a fait évoluer son modèle en une version ZWave+ (le ZW089) capable de couvrir une meilleure distance tout en consommant moins d’énergie ! Si vous cherchez un capteur de porte “invisible”, voici peut-être le meilleur candidat. S’il fallait trouver un bémol ce serait certainement le prix, on paie ici l’intégration parfaite, à vous de décider si c’est justifié comparé à un détecteur plus classique comme le modèle DSB29 également produit par la marque.


Cet article fait partie de la série Domotique (18 articles au total)

Oyez, oyez ! Je sais que je m’étais engagé à écrire le prochain article de domotique sur un capteur Z-Wave mais je me suis fait rattraper par l’actualité ! Du coup je me permets de faire une petite entorse à mes prévisions pour parler détecteur de fumée ! Lequel choisir et comment l’intégrer dans notre système actuel basé sur Domoticz ? Ce sera l’objet de cet article.

Une obligation d’ici le 8 mars 2015

C’est l’actualité du moment, suite à la loi Morange votée en mars 2010, les français ont jusqu’au 8 mars pour s’équiper d’un “détecteur avertisseur autonome de fumée”. Vous connaissez peut-être ce détecteur, il se fixe au plafond ou en haut de vos murs et vous alerte via une sirène pas très agréable de la présence de fumée ! La loi en exige un par étage, à vous de faire le calcul pour votre domicile. Si vous êtes locataire le texte stipule que détecteur doit être financé par votre propriétaire, mais c’est à l’occupant de veiller à l’entretien et au bon fonctionnement du dispositif. Si vous souhaitez un peu plus d’infos sur le sujet, la page officielle du site “service public” est plutôt claire.

Que risquez vous si vous n’en avez pas ?

Ça c’est une loi bien “à la française”, avec un dispositif obligatoire, mais avec aucune sanction de prévue si vous ne vous équipez pas. A chacun donc d’être responsable, après tout on n’installe pas un détecteur de fumée pour faire plaisir à l’administration mais pour se protéger soi et sa famille. Côté assurance, on ne peut (pour l’instant en tous cas) vous refuser la prise en charge d’un incendie sous prétexte que vous n’avez pas de détecteur de fumée… mais cela pourrait changer…

Quel modèle choisir et où l’installer ?

Là c’est la jungle, il existe des centaines de modèles différents. Je n’ai pas la prétention de les tester tous, sachez que la seule chose à surveiller impérativement quand vous choisirez le vôtre est qu’il soit siglé “CE” (les pouvoirs publics recommandent de prendre un modèle certifié NF EN 14604 mais ça n’est pas obligatoire). Niveau tarif, on en trouve facilement à moins de 20€ pour les plus basiques et tout le monde s’y met (même mon buraliste en vend !). Des modèles plus évolués peuvent embarquer également un détecteur de monoxyde de carbone, et d’autres sont interconnectables entre eux (si un se déclenche, tous les détecteurs sonnent).

Pour l’installation du détecteur, il est recommandé de le disposer dans un lieu de passage, comme un couloir par exemple, et de ne pas l’installer dans la cuisine ou la salle de bain pour éviter les déclenchements intempestifs. En terme de position, le milieu du plafond est apparemment optimal mais vous pouvez aussi l’installer en haut d’un mur sans problème.

Schéma d'installation d'un détecteur de fumée

Schéma d’installation d’un détecteur de fumée

 

Et si on s’attarde sur le cas du NEST ?

Le détecteur de fumée et monoxyde de carbone NEST Protect

Le détecteur de fumée et monoxyde de carbone NEST Protect

Dans mon entourage, on me pose ces derniers temps pas mal de questions à propos des périphériques NEST et plus particulièrement leur détecteur de fumée et monoxyde de carbone. S’agissant d’un détecteur dit “connecté”, il est possible d’être notifié sur son téléphone en cas de d’alerte, voire de l’intégrer à un éventuel système domotique via son interface de programmation “Works with NEST”. La plupart des tests produits sont élogieux (exemple ici) à son sujet et ce détecteur est bien homologué norme NF EN 14604. Il a cependant pour moi quelques inconvénients :

  • Son prix. A 140€ le détecteur, ça commence à faire un sacré investissement, surtout s’il vous en faut plusieurs pour couvrir votre habitation. A sa décharge, il ne faut pas oublier qu’il fait également détecteur de monoxyde de carbone, un type de périphérique qu’il est difficile de trouver en dessous des 50€.
  • Cette combinaison détecteur de fumée/monoxyde de carbone me parait hasardeuse : un détecteur de monoxyde sera placé près d’un appareil susceptible d’en produire (chaudière, cuisine, etc…), qui sont justement des endroits où l’on évite de positionner un détecteur de fumée (qui se déclencherait de manière intempestive).
  • Son API, qui même si elle est bien pensée, repose sur les serveurs de la société NEST, ce qui empêche toute intégration dans un système domotique en cas de coupure de ligne internet et vous rend dépendant du futur de la société NEST. Ça ne dérangera pas forcément grand monde mais je préfère que ma solution reste autonome.

Un détecteur de fumée dans Domoticz ?

Choisir une référence compatible

Si vous souhaitez relier un détecteur de fumée à un système domotique basé sur Domoticz, c’est possible à condition de choisir un modèle compatible. C’est le cas des détecteur de fumée Chacon par exemple. Certifié CE NF EN14604 et vendu souvent par paire, ceux-ci sont interconnectables entre eux (le déclenchement d’un fait sonner tous les détecteurs du domicile) et sont reconnus par le RFXCom. Il y a plusieurs avantages à relier les détecteurs à Domoticz :

  • Être notifié en cas d’alerte, même en étant à l’extérieur du domicile
  • Déclencher des actions du système en réponse à un démarrage d’incendie (ex : allumer toutes les lumières du domicile pour réveiller les occupants/faciliter l’évacuation)
  • Utiliser la sonnerie des détecteurs de fumée dans des scénarios personnalisés (détection de présence inhabituelle, inondation, etc…)
Les détecteurs de fumée Flamingo, compatibles Domoticz

Les détecteurs de fumée Flamingo (clone des modèles chacon), compatibles Domoticz

Si vous souhaitez vous équiper avec un de ces détecteurs, sachez qu’on les trouve à des tarifs plutôt raisonnables (environ 30 euros la paire) et que plusieurs constructeurs les vendent sous des références différentes ! J’ai mené ma petite enquête, et voici les références compatibles que j’ai trouvé.

Soyons honnêtes, ces modèles ne sont pas les plus discrets ni les plus esthétiques du genre, mais ils remplissent leur rôle à la perfection.

Intégrer le détecteur dans Domoticz

Vérifiez dans l’onglet Setup/Settings que l’ajout de nouveaux périphériques est autorisé (la case Accept new Hardware Devices doit être cochée) et pressez quelques secondes le bouton “TEST” du détecteur (attention aux oreilles).

Sans cette case de cochée, vous risquez de batailler ;)

Sans cette case de cochée, vous risquez de batailler ;)

Allez dans l’onglet Setup/Devices de Domoticz. Une nouvelle ligne apparait alors avec la mention KD101 smoke detector. On clique sur le bouton avec la flèche verte et on choisit un nom pour le détecteur (dans mon cas Détecteur de fumée entrée).

Le détecteur prêt à être ajouté dans Domoticz

Le détecteur prêt à être ajouté dans Domoticz

Le détecteur de fumée sera ensuite visible dans l’onglet Switches où vous pourrez notamment paramétrer des notifications.

Le détecteur de fumée une fois ajouté dans Domoticz

Le détecteur de fumée une fois ajouté dans Domoticz

Pour ma part cela va faire environ un an et demi que je suis équipé d’un de ces détecteurs et j’en suis satisfait. Il s’est déclenché une fois lors d’un petit soucis “culinaire” et j’ai du remplacer les piles au bout de 13/14 mois. Au passage, impossible d’ignorer le niveau de batterie faible sur ces modèles puisqu’en dessous d’un certain niveau, le détecteur en mal de piles se met à émettre un bip strident chaque minute !

Voilà, je pense avoir fait le tour du sujet mais si jamais vous avez des questions, je me ferai une joie de vous aider dans votre démarche ! N’oubliez pas le plus important : quel que soit le modèle que vous choisirez, équipez-vous pour votre propre sécurité !