Cet article fait partie de la série Domotique (18 articles au total)

Oyez, oyez ! Je sais que je m’étais engagé à écrire le prochain article de domotique sur un capteur Z-Wave mais je me suis fait rattraper par l’actualité ! Du coup je me permets de faire une petite entorse à mes prévisions pour parler détecteur de fumée ! Lequel choisir et comment l’intégrer dans notre système actuel basé sur Domoticz ? Ce sera l’objet de cet article.

Une obligation d’ici le 8 mars 2015

C’est l’actualité du moment, suite à la loi Morange votée en mars 2010, les français ont jusqu’au 8 mars pour s’équiper d’un « détecteur avertisseur autonome de fumée ». Vous connaissez peut-être ce détecteur, il se fixe au plafond ou en haut de vos murs et vous alerte via une sirène pas très agréable de la présence de fumée ! La loi en exige un par étage, à vous de faire le calcul pour votre domicile. Si vous êtes locataire le texte stipule que détecteur doit être financé par votre propriétaire, mais c’est à l’occupant de veiller à l’entretien et au bon fonctionnement du dispositif. Si vous souhaitez un peu plus d’infos sur le sujet, la page officielle du site « service public » est plutôt claire.

Que risquez vous si vous n’en avez pas ?

Ça c’est une loi bien « à la française », avec un dispositif obligatoire, mais avec aucune sanction de prévue si vous ne vous équipez pas. A chacun donc d’être responsable, après tout on n’installe pas un détecteur de fumée pour faire plaisir à l’administration mais pour se protéger soi et sa famille. Côté assurance, on ne peut (pour l’instant en tous cas) vous refuser la prise en charge d’un incendie sous prétexte que vous n’avez pas de détecteur de fumée… mais cela pourrait changer…

Quel modèle choisir et où l’installer ?

Là c’est la jungle, il existe des centaines de modèles différents. Je n’ai pas la prétention de les tester tous, sachez que la seule chose à surveiller impérativement quand vous choisirez le vôtre est qu’il soit siglé « CE » (les pouvoirs publics recommandent de prendre un modèle certifié NF EN 14604 mais ça n’est pas obligatoire). Niveau tarif, on en trouve facilement à moins de 20€ pour les plus basiques et tout le monde s’y met (même mon buraliste en vend !). Des modèles plus évolués peuvent embarquer également un détecteur de monoxyde de carbone, et d’autres sont interconnectables entre eux (si un se déclenche, tous les détecteurs sonnent).

Pour l’installation du détecteur, il est recommandé de le disposer dans un lieu de passage, comme un couloir par exemple, et de ne pas l’installer dans la cuisine ou la salle de bain pour éviter les déclenchements intempestifs. En terme de position, le milieu du plafond est apparemment optimal mais vous pouvez aussi l’installer en haut d’un mur sans problème.

Schéma d'installation d'un détecteur de fumée

Schéma d’installation d’un détecteur de fumée

 

Et si on s’attarde sur le cas du NEST ?

Le détecteur de fumée et monoxyde de carbone NEST Protect

Le détecteur de fumée et monoxyde de carbone NEST Protect

Dans mon entourage, on me pose ces derniers temps pas mal de questions à propos des périphériques NEST et plus particulièrement leur détecteur de fumée et monoxyde de carbone. S’agissant d’un détecteur dit « connecté », il est possible d’être notifié sur son téléphone en cas de d’alerte, voire de l’intégrer à un éventuel système domotique via son interface de programmation « Works with NEST ». La plupart des tests produits sont élogieux (exemple ici) à son sujet et ce détecteur est bien homologué norme NF EN 14604. Il a cependant pour moi quelques inconvénients :

  • Son prix. A 140€ le détecteur, ça commence à faire un sacré investissement, surtout s’il vous en faut plusieurs pour couvrir votre habitation. A sa décharge, il ne faut pas oublier qu’il fait également détecteur de monoxyde de carbone, un type de périphérique qu’il est difficile de trouver en dessous des 50€.
  • Cette combinaison détecteur de fumée/monoxyde de carbone me parait hasardeuse : un détecteur de monoxyde sera placé près d’un appareil susceptible d’en produire (chaudière, cuisine, etc…), qui sont justement des endroits où l’on évite de positionner un détecteur de fumée (qui se déclencherait de manière intempestive).
  • Son API, qui même si elle est bien pensée, repose sur les serveurs de la société NEST, ce qui empêche toute intégration dans un système domotique en cas de coupure de ligne internet et vous rend dépendant du futur de la société NEST. Ça ne dérangera pas forcément grand monde mais je préfère que ma solution reste autonome.

Un détecteur de fumée dans Domoticz ?

Choisir une référence compatible

Si vous souhaitez relier un détecteur de fumée à un système domotique basé sur Domoticz, c’est possible à condition de choisir un modèle compatible. C’est le cas des détecteur de fumée Chacon par exemple. Certifié CE NF EN14604 et vendu souvent par paire, ceux-ci sont interconnectables entre eux (le déclenchement d’un fait sonner tous les détecteurs du domicile) et sont reconnus par le RFXCom. Il y a plusieurs avantages à relier les détecteurs à Domoticz :

  • Être notifié en cas d’alerte, même en étant à l’extérieur du domicile
  • Déclencher des actions du système en réponse à un démarrage d’incendie (ex : allumer toutes les lumières du domicile pour réveiller les occupants/faciliter l’évacuation)
  • Utiliser la sonnerie des détecteurs de fumée dans des scénarios personnalisés (détection de présence inhabituelle, inondation, etc…)
Les détecteurs de fumée Flamingo, compatibles Domoticz

Les détecteurs de fumée Flamingo (clone des modèles chacon), compatibles Domoticz

Si vous souhaitez vous équiper avec un de ces détecteurs, sachez qu’on les trouve à des tarifs plutôt raisonnables (environ 30 euros la paire) et que plusieurs constructeurs les vendent sous des références différentes ! J’ai mené ma petite enquête, et voici les références compatibles que j’ai trouvé.

Soyons honnêtes, ces modèles ne sont pas les plus discrets ni les plus esthétiques du genre, mais ils remplissent leur rôle à la perfection.

Intégrer le détecteur dans Domoticz

Vérifiez dans l’onglet Setup/Settings que l’ajout de nouveaux périphériques est autorisé (la case Accept new Hardware Devices doit être cochée) et pressez quelques secondes le bouton « TEST » du détecteur (attention aux oreilles).

Sans cette case de cochée, vous risquez de batailler ;)

Sans cette case de cochée, vous risquez de batailler ;)

Allez dans l’onglet Setup/Devices de Domoticz. Une nouvelle ligne apparait alors avec la mention KD101 smoke detector. On clique sur le bouton avec la flèche verte et on choisit un nom pour le détecteur (dans mon cas Détecteur de fumée entrée).

Le détecteur prêt à être ajouté dans Domoticz

Le détecteur prêt à être ajouté dans Domoticz

Le détecteur de fumée sera ensuite visible dans l’onglet Switches où vous pourrez notamment paramétrer des notifications.

Le détecteur de fumée une fois ajouté dans Domoticz

Le détecteur de fumée une fois ajouté dans Domoticz

Pour ma part cela va faire environ un an et demi que je suis équipé d’un de ces détecteurs et j’en suis satisfait. Il s’est déclenché une fois lors d’un petit soucis « culinaire » et j’ai du remplacer les piles au bout de 13/14 mois. Au passage, impossible d’ignorer le niveau de batterie faible sur ces modèles puisqu’en dessous d’un certain niveau, le détecteur en mal de piles se met à émettre un bip strident chaque minute !

Voilà, je pense avoir fait le tour du sujet mais si jamais vous avez des questions, je me ferai une joie de vous aider dans votre démarche ! N’oubliez pas le plus important : quel que soit le modèle que vous choisirez, équipez-vous pour votre propre sécurité !


Cet article fait partie de la série Domotique (18 articles au total)

Aujourd’hui on va parler de Z-Wave, ce protocole domotique qui a le vent en poupe et on va voir comment l’intégrer à notre système existant.

Avant de démarrer, voici deux mots sur la domotique et les protocoles : en domotique, contrairement à l’informatique, on n’a pas un protocole standardisé qui fédère les constructeurs. Chacun prêche un peu pour sa paroisse et on voit sortir chaque année de nouveaux protocoles qui cherchent à s’imposer avec plus ou moins de succès.

Dans mes précédents épisodes domotiques, j’ai utilisé des modules et des sondes qui parlaient des protocoles différents. Leurs fréquence étant commune (433Mhz pour les intimes), mon récepteur (le RFXCom) parvenait à discuter avec chacun d’eux sans problème.

Cet article fait partie d’une série dédiée à la domotique dont vous pourrez trouver le sommaire au bas de cet article.

 

De nouvelles problématiques

Pendant plusieurs années, j’ai donc utilisé avec succès différents modules plus ou moins prévus pour la domotique dans le cadre de l’automatisation de mon quotidien. Il y a quelques mois j’ai déménagé pour un logement plus grand et me voici confronté à de nouvelles problématiques :

Des soucis de portée : certaines de mes sondes situées en périphérie de mon logement ne sont pas toujours à portée de ma centrale. Cela varie en fonction de la météo, de la configuration de mes portes/fenêtres, le niveau de batterie etc… Ce qui conduit à une perte de précision dans mes relevés.

Une prise de conscience en matière de sécurité : quand j’ai commencé la domotique en 2010, j’étais un peu un ovni dans mon entourage (pourtant très technophile) et je n’avais pas à me soucier d’éventuelles compromissions de mon système. Maintenant que de plus en plus de monde s’y met, je préfère prévenir que de voir mon voisin Roland jouer avec mes lumières :)

La réponse du Z-Wave

Parmi les protocoles domotiques qui ont le vent en poupe, on trouve le Z-Wave. Ce protocole, conçu pour une utilisation sans-fils, répond à mes soucis : en proposant un fonctionnement en réseau maillé, chaque module répète les ordres à destination de ses voisins de manière à ce que même les plus éloignés du cœur du système restent joignables. En chiffrant les communications entre les modules et le cœur du système il répond aussi à mes inquiétudes en matière de sécurité.

Parmi ses autres avantages, on citera :

  • le fait qu’il soit promu par plusieurs dizaines de constructeurs (il existe plusieurs centaines de modules Z-Wave sur le marché)
  • la communication bi-directionnelle entre module et centrale domotique : le module peut ainsi signaler son état au cœur du système, en l’occurrence mon RaspberryPi avec Domoticz.

Ajouter du Z-Wave dans Domoticz

Domoticz a l’avantage de supporter de nombreux protocoles, à conditions de lui adjoindre l’interface physique adéquate. Il me fallait donc en trouver une pour que mon RaspberryPi puisse « parler » Z-Wave. Attention dans votre quête, la fréquence de fonctionnement du Z-Wave varie selon votre position sur le globe. En Europe le Z-Wave utilise la fréquence de 868Mz contre 915Mh en Amérique du nord.

Quelle interface Z-Wave choisir ?

Pour ajouter à Domoticz la faculté de recevoir et émettre des ordres Z-Wave, il existe deux interfaces assez populaires sur le marché : la carte fille Razberry de ZWave.Me et le Z-Stick S2 d’Aeon Labs au format « clef USB ». Ces deux interfaces sont vendues sensiblement au même tarif (un peu moins de 60€) mais ont quelques différences qui m’ont poussé à opter pour le module Aeon Labs. En effet, la carte Razberry de ZWave.Me ne peut-être utilisée que sur un RaspberryPi, ce qui me semble limité en terme d’évolution du système. Autre avantage du ZStick d’Aeon Labs : il possède une petite batterie qui permet de se déplacer dans le domicile pour y associer les différents modules Z-Waves (un peu à la manière des télécommandes Chacon).

Le Razberry, une interface un peu trop orientée RaspberryPi à mon goût

Le Razberry, une interface un peu trop orientée RaspberryPi à mon goût

zstick_s2

Le Z-Stick S2 d’Aeon Labs est l’interface Z-Wave que j’ai retenu

Intégrer le Z-Stick S2 d’Aeon Labs dans Domoticz

Concrètement il n’y a pas grand chose à faire pour que ça marche dans Domoticz, mais si vous avez comme moi un RFXCom, il y a une petite manipulation à respecter pour éviter des problèmes à l’avenir ! En effet, au démarrage du RaspberryPi, le système attribue au RFXCom et au Z-Stick des adresses du type « /dev/ttyUSB0 » ou « /dev/ttyUSB1 ». Si l’on ne fait rien, ces adresses peuvent changer et donc empêcher Domoticz de joindre ces périphériques.

Attribuer un nom persistant au ZStick (et au RFXCom)

Pour contourner le problème, on va déclarer des alias pour chacun des périphériques, de manière à ce qu’ils aient toujours les mêmes adresses. Pour ce faire, il va falloir ajouter un fichier dans le répertoire /etc/udev/rules.d du RaspberryPi. J’ai intitulé mon fichier « domoticz.rules » et voici le contenu :

Ces 2 lignes vont permettre au système d’attribuer systématiquement l’adresse /dev/ttyUSB10 au RFXCom et /de/ttyUSB11 au ZStick. On va désormais pouvoir passer aux choses sérieuses dans Domoticz :)

Une fois le fichier sauvegardé, redémarrez le raspberryPi. Vous pouvez vérifier la prise en compte du fichier avec la commande ls -lh /dev/ttyUSB*

Déclaration du Z-Stick dans Domoticz

Maintenant que le Z-Stick est reconnu par le système d’exploitation, il nous reste à le déclarer dans Domoticz.

Attention : pour une raison que j’ignore, les manipulations décrites ci-dessous doivent être effectuées depuis Chrome et pas Firefox. En effet sur le navigateur de Mozilla, les alias créés précédemment (comme ttyUSB10) ne sont pas visibles, j’ignore pourquoi…

Les captures d’écran ci-dessous sont effectuées avec la version 2.2252 de Domoticz affiché en anglais.

Allez dans l’onglet Setup / Hardware où vous retrouverez votre RFXCom.

L'onglet Hardware avant l'intégration du Z-Stick S2 d'Aeon Labs

L’onglet Hardware avant l’intégration du Z-Stick S2 d’Aeon Labs

Si vous avez un RFXCom et que ça n’est pas déjà fait, je vous conseille de définir son « Serial Port » sur /dev/ttyUSB10 afin d’éviter des surprises à l’avenir.

Pour ajouter le ZStick, complétez ensuite le formulaire en bas de page avec les valeurs suivantes :

  • Name : le nom de votre choix (j’ai choisi ZStick S2 dans mon cas)
  • Type : OpenZWave USB
  • Data Timeout : Disabled
  • Serial Port : /dev/ttyUSB11
Formulaire à remplir pour ajouter le Z-Stick

Formulaire à remplir pour ajouter le Z-Stick

Et enfin cliquez sur « Add« . Voilà ! Domoticz est configuré.

Je vous conseille de redémarrer le RaspberryPi une dernière fois pour vérifier que tout fonctionne correctement :) Domoticz devrait retrouver ses petits au démarrage et présenter à la fois le RFXCom et le Z-Stick dans les interfaces disponibles.

Interfaces disponibles dans Domoticz. On voit le Z-Stick aux côtés du RFXCom

Interfaces disponibles dans Domoticz. On voit le Z-Stick aux côtés du RFXCom

Et maintenant la suite ?

Cette étape terminée, vous voilà avec un Domoticz capable de « parler » à la fois Z-Wave et RFXCom. Cela aura pour avantages de choisir les modules les plus adaptés dans chacune de ces technos en fonction de vos besoins/votre budget/la criticité des applications mises en œuvre.

Dans mon prochain article domotique, je vous parlerai donc d’un capteur Z-Wave que j’ai ajouté à mon système et qui pourrait en intéresser plus d’un ;) A très vite !

 


Cet article fait partie de la série Domotique (18 articles au total)

Enfin ! Après des mois de silence me revoici :) Aujourd’hui au programme, un article qu’un bon nombre de personnes attendait : comment piloter son chauffage électrique ! Et quand je parle de chauffage, je désigne par là tout ce qui va du grille pain old-school au dernier radiateur à inertie solide, en passant par les panneaux rayonnants, les radiateurs à fluide etc, etc…

Cet article est le 5ème d’une série dédiée à la domotique dont vous pourrez trouver le sommaire au bas de cet article.

Une contrainte : la présence d’un « fil pilote »

La seule contrainte à respecter est la présence d’un « fil pilote ». Une invention franco-française qui permet normalement de contrôler le déclenchement du chauffage via un thermostat. Physiquement cela se traduit par un fil supplémentaire pour brancher le chauffage (généralement de couleur noire), en plus des habituels fils de phase et neutre (il n’y a souvent pas de prise de terre sur les convecteurs).

Les 3 fils du radiateur. On voit bien ici le fil pilote, en noir.

Les 3 fils du radiateur. On voit bien ici le fil pilote, en noir.

Si vous ignorez si vos radiateurs sont munis de fil pilote, une manière simple de le deviner est de regarder les « réglages » proposés par votre radiateur. Si en plus de la traditionnelle molette, vous avez un curseur avec des positions (« off », « on », …) dont une symbolisée par une petite horloge, alors c’est que votre radiateur possède un fil pilote :)

Si votre radiateur possède la position avec l'icône d'horloge, alors il a un fil pilote.

Si votre radiateur possède la position avec l’icône d’horloge, alors il a un fil pilote.

Attention cher lecteur

Dans l’article d’aujourd’hui, on va manipuler les branchements du radiateur, où circule du 220V ! Toutes ces manipulations doivent être effectuées avec le compteur électrique coupé ! Merci de ne te lancer dans l’aventure que si tu comprends ce que tu fais. Je ne saurais être tenu comme responsable de toute dégradation ou dommage, qu’ils soient matériels ou pas !

Un rappel de mes contraintes

Depuis le départ, je me suis imposé un certains nombres de règles dans la domotisation de mon appartement :

  • Le système domotique doit être le moins traumatisant possible : je suis locataire, pas question d’abîmer quoi que ce soit !
  • En cas de panne du système domotique, il doit être possible de continuer d’utiliser le chauffage manuellement

Bonne nouvelle, l’article d’aujourd’hui permet de respecter tout ça ;)

Un peu de théorie sur le fil pilote

Le fil pilote est un circuit de commande pour le chauffage. En fonction du signal qui circule sur ce fil, le chauffage peut-être allumé, arrêté, mis en mode hors gel, confort, etc… Il y a jusqu’à 6 modes différents. Voici un petit tableau qui récapitule les différents ordres possibles :

Les différents ordres existants sur fil pilote, avec le signal associé.

Les différents ordres existants sur fil pilote, avec le signal associé.

Le principe aujourd’hui, sera donc d’utiliser un module sans-fil branché sur le fil pilote, afin de pouvoir envoyer un signal dessus, et donc piloter le radiateur. On va faire simple puisqu’on ne va gérer que 2 ordres différents : le mode confort et l’arrêt du chauffage. Pour que le chauffage réagisse à ces ordres, il faudra positionner le curseur du radiateur sur la position « Horloge », sans quoi les ordres seraient ignorés. C’est là aussi tout l’avantage de ce procédé : en cas de dysfonctionnement du fil pilote (ou du système qui l’utilise), on pourra toujours utiliser les radiateurs manuellement en sélectionnant un autre mode que cette « position horloge ».

L’accessoire du jour : le module ON/OFF encastrable

Pour parvenir à cet objectif, nous allons utiliser un nouveau type de module sans-fil : les modules ON/OFF encastrables. On les installera derrière chaque chauffage, dans la boite d’encastrement existante, il n’y aura donc aucun fil à tirer ou mur à attaquer. Cette intervention sera complètement invisible une fois terminée.

Module encastrable sans-fil chacon

Module encastrable sans-fil chacon

La liste des courses

Pour l’opération du jour, nous aurons besoin  par radiateur des éléments suivants
Niveau matériel, je vous recommande d’avoir sous la main :

Après t’es grand, si tu préfères tenter le coup avec tes ciseaux « Maped » t’as le droit… Il n’empêche que les bons outils facilitent bien la vie ! Et en plus tu pourras t’en resservir !

Si en plus tu as choisi l’option « bricoleur fou », il te faudra un fer à souder, de l’étain, et un briquet (c’est pour la gaine thermo, mais s’il sert habituellement à allumer tes cigarettes ça marche aussi).

Pour les tests, je vous recommande d’avoir une télécommande compatible avec votre module. Moi j’ai celle-ci, mais n’importe quelle télécommande chacon ou DIO fera l’affaire.

Étape 1/6 : Préparer la diode (facultatif)

Cette étape ne concerne que les bricoleurs fous n’ayant pas choisi d’acheter la diode précablée.

L’opération est simple : on veut rallonger les pattes de la diode et sécuriser le tout. Concrètement, on va souder un bout de fil électrique de chaque côté (dans mon cas un fil de terre), et on va « emballer » le tout dans de la gaine thermo-retractable pour que ce soit propre et sans risque (bon là aussi, si tu préfères utiliser du ruban isolant électrique tu as le droit, ça fera la même chose).

Ici la diode a été soudée, il ne reste plus qu'à protéger le tout dans de la gaine thermo-retractable

Ici la diode a été soudée, il ne reste plus qu’à protéger le tout dans de la gaine thermo-retractable

Ici la diode a été isolée avec de la gaine thermo-retractable.

Ici la diode a été isolée avec de la gaine thermo-retractable.

Étape 2/6 : On coupe le courant !

cette étape est indispensable et concerne tout le monde ! On coupe le courant ! De préférence le disjoncteur général, comme ça on est sûr de ne pas écourter bêtement cette vie de geek.

Étape 3/6 : On débranche le radiateur

Déposer le radiateur et défaire ses branchements

Cette étape dépend du type de radiateur électrique installé. Pour les miens, il faut les incliner pour les décrocher du mur, laissant apparaitre un cadre métallique et le branchement mural du chauffage.

Le radiateur déposé laisse apparâitre son cadre de fixation et ses branchements

Le radiateur déposé laisse apparâitre son cadre de fixation et ses branchements

On décroche alors le cache de la prise (souvent il suffit de tirer sur les coins pour dévoiler les vis de maintien). On pourra alors accéder au câblage du radiateur. Normalement si votre installation électrique est aux normes, vous devez vous retrouver avec un fil rouge ou marron (phase ?), un bleu (neutre ?), un noir (le fil pilote), et un bicolore vert et jaune (la mise à la terre).

De base, il y a au moins 2 câbles (phase + neutre) du radiateur qui sont branchés, il faut tout débrancher !

Étape 4/6 : On installe le module sans-fil

Avant de vous lancer sur les câbles du radiateur, je vous conseille de préparer votre module en lui fixant la diode et de petits morceaux de fil électrique pour faciliter le branchement.

Le module chacon prêt à brancher ! Attention au sens de la diode (cf schéma)

Le module chacon prêt à brancher ! Attention au sens de la diode (cf schéma ci-dessous)

C’est l’étape la plus importante, car un mauvais branchement peut occasionner le décès du module, du radiateur, ou le vôtre suivant votre erreur… Donc encore une fois, ne faites ces manipulations que si vous comprenez ce que vous faites, et faites le toujours avec le courant coupé ! Le schéma suivant montre le câblage à réaliser !

Schéma de câblage pour connecter radiateur, diode et module sans-fil Chacon CH54555

Schéma de câblage pour connecter radiateur, diode et module sans-fil Chacon CH54555

Pour cette étape, les borniers WAGO sont utiles car très compacts et manipulables sans outils. Parfois, avec les câbles multibrins (c’était le cas sur mon radiateur), la flexibilité du câble peut poser soucis pour l’enficher dans le bornier. Une solution que j’ai trouvé pour ne pas me prendre la tête est d’étamer le bout du câble du radiateur, ce qui aura pour effet de le rigidifier !

Une fois terminé, si vous avez bien travaillé, vous ne devriez plus voir aucun morceau de câble dénudé !

Module chacon installé. Là vous devinez que le plus difficile ça va être de tout rentrer dans le mur !

Module chacon installé. Là vous devinez que le plus difficile ça va être de tout rentrer dans le mur !

Étape 5/6 : On teste

Pour cette étape il faut remettre le courant. Avant de le faire, vérifier que toutes les connexions sont isolées électriquement.

Avant de tout rentrer dans la boîte d’encastrement, il faut procéder à l’association du module avec votre télécommande. Cette étape dépend du module acheté, sur les miens il faut presser un petit bouton pour que le module passe en mode « association » et ensuite appuyer sur le bouton ON de la télécommande qui pilotera votre module.

Si vous avez réussi l’étape d’association, vous devriez être en mesure de piloter le module (et donc le radiateur) depuis votre télécommande. Un appui sur OFF va ALLUMER le radiateur, tandis qu’un appui sur ON va l’ETEINDRE. Ce n’est pas une erreur ! C’est le mode de fonctionnement du fil pilote : en l’absence de courant (OFF) sur le fil pilote, le radiateur s’allume. Pour nous le fil pilote se limite donc à ces deux ordres :

Sans courant, on sera en mode "Confort". Avec courant, la diode filtrera les demi-alternances négatives ce qui nous permettra de positionner le radiateur dans le mode "Arrêt".

Sans courant, on sera en mode « Confort ». Avec courant, la diode filtrera les demi-alternances négatives ce qui nous permettra de positionner le radiateur dans le mode « Arrêt ».

Une fois que le module réagit correctement, il est temps de tout ranger tout ça dans la boîte d’encastrement et de remettre le « capot ». Je vous conseille de couper le courant à nouveau le temps de cette opération.
Le module est enfin casé ! Notez que j'ai du lui couper ses "oreilles" pour le faire loger là !

Le module est enfin casé ! Notez que j’ai du lui couper ses « oreilles » pour le faire loger là !

 

Terminé ! Impossible de faire la différence avec l'installation précédente vu d'ici

Terminé ! Impossible de faire la différence avec l’installation précédente vu d’ici

Etape 6/6 : On règle dans Domoticz

Suite à vos essais avec la télécommande, Domoticz devrait avoir capté le signal émis par celle-ci et afficher un nouvel appareil inconnu dans la section « Périphérique ». Cliquez sur la flèche verte de la ligne correspondante, donnez un nom à votre radiateur (dans mon cas « Radiateur salon ») et tadaaaa ! Votre radiateur est maintenant pilotable en un clic !

Le radiateur est désormais visible dans Domoticz

Le radiateur est désormais visible dans Domoticz

Si vous avez bien respecté la procédure (d’abord l’association à la télécommande puis l’ajout dans Domoticz), vous devriez voir le statut du radiateur se mettre à jour même lorsque vous le changez d’état à l’aide de la télécommande. Ainsi, même en cas de panne de Domoticz, le radiateur est toujours contrôlable sans se lever du canapé ;)

En conclusion

On a vu aujourd’hui comment piloter proprement un radiateur électrique, et cela sans avoir à tirer le moindre câble et pour un budget très correct. Dans un prochain article (que j’espère ne pas mettre 6 mois à écrire), je vous présenterai comment j’ai asservi le déclenchement du radiateur en fonction de la température mesurée dans la pièce, ce qui permet de simuler un thermostat multi-zones… pour 0€.

Au niveau des contraintes initiales, le chauffage reste fonctionnel manuellement comme avant, et si l’on souhaite le gérer dans Domoticz, ou à l’aide de la télécommande, il suffit de passer le radiateur sur la position « fil pilote » (avec la petite horloge en picto). De la même manière, le jour où je déménage il me suffit d’enlever diode et module pour rétablir l’installation d’origine.

En attendant, libre à vous de profiter du déclenchement à distance ou des plannings de Domoticz pour retrouver votre chez-vous à température en rentrant du boulot, ou être sûr qu’il se coupe bien la nuit !


Cet article fait partie de la série Domotique (18 articles au total)
Nouveau volet dans notre série d’articles présentant mon petit système domotique, on va voir aujourd’hui comment programmer/piloter nos appareils électriques ! Si vous avez envie de vous lever avec le café prêt, que votre machine à laver ne tourne qu’en heures creuses ou d’allumer vos luminaires à distance pour simuler une présence : ce billet est pour vous ! Celui-ci laissera de côté la question du chauffage : plus complexe, je lui consacrerai un article prochainement.

 

Que piloter ?

Tous vos appareils électriques ne pourront pas bénéficier de ce traitement… En effet, par « pilotage », j’entends : pouvoir activer ou couper la source d’alimentation de votre appareil, comme si vous branchiez/débranchiez la prise du mur.
Et c’est là tout le paradoxe : plus les appareils sont simples, plus vos chances de pouvoir les piloter sont grandes… Par exemple le fait de « brancher » une simple cafetière à filtre pourra permettre de déclencher l’écoulement du café (il suffit que son interrupteur soit dans la bonne position), alors qu’avec une machine Nespresso, il faudra forcément une intervention supplémentaire. Donc en résumé, si vous avez un moyen de faire en sorte qu’un appareil démarre en branchant sa prise électrique, alors vous pourrez le piloter simplement !
Quelques idées d’appareils qui peuvent se prêter au jeu
  • Lave-linge
  • Lave-vaisselle
  • Machine à café
  • Chauffe-eau
  • Ventilateur
  • Luminaires
  • La « prise anti-moustiques » (celle qu’on oublie de débrancher le matin;)

 

La liste des courses

Toujours pas besoin de fer à souder ! Pour piloter nos appareils on va réutiliser les prises télécommandées vendues par différentes marques comme Chacon, DI-O, Blyss (Castorama) etc…
Une prise radiocommandée et sa télécommande

Une prise radiocommandée et sa télécommande

Ces prises sont généralement vendues avec une télécommande qui sert à les activer/désactiver. Ici on va simplement simuler ces télécommandes avec le RFXCom piloté par Domoticz. Les références de prises compatibles ne manquent pas, il va falloir les choisir en fonction des critères qui les différencient :

  • avec (ou sans) variateur,
  • avec (ou sans) bouton pour activer la prise
  • prise d’intérieur ou d’extérieur
  • la puissance max supportée par la prise (300W ? 1800W ? 3500W ?)
Ce dernier critère est le plus important ! N’essayer pas de commander un chauffe-eau de 1000W avec une prise qui n’en supporte que 300W ! Quelques références d’exemple :
Pour ma part, je n’ai que des prises Chacon/DI-O (ces deux marques sont compatibles entre elles : la télécommande Chacon peut piloter la prise DI-O et inversement) : j’en suis extrêmement content ! Je ne saurais que trop vous conseiller d’avoir au moins une télécommande : si jamais le système domotique tombe en panne, la télécommande permettra de ne pas vous retrouver avec une maison paralysée !

 

A propos des prises avec variateurs
Les prises avec variateurs sont utiles pour l’éclairage car elles permettent de changer l’ambiance d’une pièce au gré de vos envies. Attention cependant aux ampoules utilisées, toutes ne sont pas compatibles ! Si vous souhaitez adopter un éclairage variable, il faudra éviter les ampoules fluocompactes (aussi appelées « ampoules à économies d’énergie »), et la majorité des ampoules LED (il existe des leds compatibles – on parle de leds « dimmables »- mais elle sont très chères). Personnellement j’utilise des ampoules halogènes pour cet usage. Après niveau consommation, même si c’est mieux que des ampoules à incandescence, on reste loin du rendement des fluocompactes et des leds.

 

Intégration des prises dans Domoticz

J’ai pour habitude de commencer par associer la prise à sa télécommande (voir le manuel de votre modèle, les procédures changent en fonction des marques).
Une fois l’association faite et que votre prise réagit bien à la télécommande, allez faire un tour dans l’onglet « Devices » de Domoticz. Vous devriez-voir une ligne correspondant à votre prise (si ce n’est pas le cas, appuyez sur le bouton de la télécommande correspondant à votre prise avant de rafraîchir la page : Domoticz détecte automatiquement ce genre d’équipements).
L'écran "Devices" (Périphériques) de Domoticz : chaque prise va correspondre à une ligne dans ce tableau

L’écran « Devices » (Périphériques) de Domoticz : chaque prise va correspondre à une ligne dans ce tableau

Comme pour les sondes de températures, un clic sur la flèche verte permettra de signaler à domoticz que vous souhaitez enregistrer cette prise. Vous pourrez rentrer un nom pour votre prise (Ex : Machine à café). A partir de ce moment,votre prise devrait être accessible dans l’onglet « Switches » de Domoticz.
L'écran switches (interrupteurs) de Domoticz : Chaque bloc correspond à un appareil (=prise) différent

L’écran switches (interrupteurs) de Domoticz : Chaque bloc correspond à un appareil (=prise) différent

Un clic sur l’ampoule permet d’allumer éteindre l’appareil. Si vous avez correctement associé la télécommande à la prise, vous remarquerez que le logiciel détecte l’allumage/l’extinction de l’appareil même lorsque vous passez directement par la télécommande ! Cela vous permet d’utiliser la télécommande et/ou Domoticz !

 

Gérer le planning de votre appareil

C’est une fonction très utile, elle permet de planifier le fonctionnement d’un appareil. Par exemple ci-dessous, je planifie l’allumage de la machine à café à 7h en semaine et 9h le weekend, avec une extinction prévue à chaque fois 30minutes après le départ.
L'écran "Timer" de mon appareil de test : c'est ici que l'on gère le planning de déclenchement de l'appreil

L’écran « Timer » de mon appareil de test : c’est ici que l’on gère le planning de déclenchement de l’appreil

 

C’est tout… pour le moment :)

L’article du jour touche à sa fin, je suis sûr que déjà plein d’idées vous viennent à l’esprit sur ce que vous pourriez automatiser. Pouvoir avoir la main sur tout cela au quotidien permet un gain de confort et de sérenité ! Pour ma part, j’ai donc utilisé ce procédé pour mon chauffe-eau, les lampadaires de mon salon et ma fameuse prise anti-moustiques !
A bientôt pour la suite, et n’oubliez pas que vous pouvez consulter les autres articles de cette série si besoin !