Cet article fait partie de la série Domotique (18 articles au total)
Nouveau volet dans notre série d’articles présentant mon petit système domotique, on va voir aujourd’hui comment programmer/piloter nos appareils électriques ! Si vous avez envie de vous lever avec le café prêt, que votre machine à laver ne tourne qu’en heures creuses ou d’allumer vos luminaires à distance pour simuler une présence : ce billet est pour vous ! Celui-ci laissera de côté la question du chauffage : plus complexe, je lui consacrerai un article prochainement.

 

Que piloter ?

Tous vos appareils électriques ne pourront pas bénéficier de ce traitement… En effet, par « pilotage », j’entends : pouvoir activer ou couper la source d’alimentation de votre appareil, comme si vous branchiez/débranchiez la prise du mur.
Et c’est là tout le paradoxe : plus les appareils sont simples, plus vos chances de pouvoir les piloter sont grandes… Par exemple le fait de « brancher » une simple cafetière à filtre pourra permettre de déclencher l’écoulement du café (il suffit que son interrupteur soit dans la bonne position), alors qu’avec une machine Nespresso, il faudra forcément une intervention supplémentaire. Donc en résumé, si vous avez un moyen de faire en sorte qu’un appareil démarre en branchant sa prise électrique, alors vous pourrez le piloter simplement !
Quelques idées d’appareils qui peuvent se prêter au jeu
  • Lave-linge
  • Lave-vaisselle
  • Machine à café
  • Chauffe-eau
  • Ventilateur
  • Luminaires
  • La « prise anti-moustiques » (celle qu’on oublie de débrancher le matin;)

 

La liste des courses

Toujours pas besoin de fer à souder ! Pour piloter nos appareils on va réutiliser les prises télécommandées vendues par différentes marques comme Chacon, DI-O, Blyss (Castorama) etc…
Une prise radiocommandée et sa télécommande

Une prise radiocommandée et sa télécommande

Ces prises sont généralement vendues avec une télécommande qui sert à les activer/désactiver. Ici on va simplement simuler ces télécommandes avec le RFXCom piloté par Domoticz. Les références de prises compatibles ne manquent pas, il va falloir les choisir en fonction des critères qui les différencient :

  • avec (ou sans) variateur,
  • avec (ou sans) bouton pour activer la prise
  • prise d’intérieur ou d’extérieur
  • la puissance max supportée par la prise (300W ? 1800W ? 3500W ?)
Ce dernier critère est le plus important ! N’essayer pas de commander un chauffe-eau de 1000W avec une prise qui n’en supporte que 300W ! Quelques références d’exemple :
Pour ma part, je n’ai que des prises Chacon/DI-O (ces deux marques sont compatibles entre elles : la télécommande Chacon peut piloter la prise DI-O et inversement) : j’en suis extrêmement content ! Je ne saurais que trop vous conseiller d’avoir au moins une télécommande : si jamais le système domotique tombe en panne, la télécommande permettra de ne pas vous retrouver avec une maison paralysée !

 

A propos des prises avec variateurs
Les prises avec variateurs sont utiles pour l’éclairage car elles permettent de changer l’ambiance d’une pièce au gré de vos envies. Attention cependant aux ampoules utilisées, toutes ne sont pas compatibles ! Si vous souhaitez adopter un éclairage variable, il faudra éviter les ampoules fluocompactes (aussi appelées « ampoules à économies d’énergie »), et la majorité des ampoules LED (il existe des leds compatibles – on parle de leds « dimmables »- mais elle sont très chères). Personnellement j’utilise des ampoules halogènes pour cet usage. Après niveau consommation, même si c’est mieux que des ampoules à incandescence, on reste loin du rendement des fluocompactes et des leds.

 

Intégration des prises dans Domoticz

J’ai pour habitude de commencer par associer la prise à sa télécommande (voir le manuel de votre modèle, les procédures changent en fonction des marques).
Une fois l’association faite et que votre prise réagit bien à la télécommande, allez faire un tour dans l’onglet « Devices » de Domoticz. Vous devriez-voir une ligne correspondant à votre prise (si ce n’est pas le cas, appuyez sur le bouton de la télécommande correspondant à votre prise avant de rafraîchir la page : Domoticz détecte automatiquement ce genre d’équipements).
L'écran "Devices" (Périphériques) de Domoticz : chaque prise va correspondre à une ligne dans ce tableau

L’écran « Devices » (Périphériques) de Domoticz : chaque prise va correspondre à une ligne dans ce tableau

Comme pour les sondes de températures, un clic sur la flèche verte permettra de signaler à domoticz que vous souhaitez enregistrer cette prise. Vous pourrez rentrer un nom pour votre prise (Ex : Machine à café). A partir de ce moment,votre prise devrait être accessible dans l’onglet « Switches » de Domoticz.
L'écran switches (interrupteurs) de Domoticz : Chaque bloc correspond à un appareil (=prise) différent

L’écran switches (interrupteurs) de Domoticz : Chaque bloc correspond à un appareil (=prise) différent

Un clic sur l’ampoule permet d’allumer éteindre l’appareil. Si vous avez correctement associé la télécommande à la prise, vous remarquerez que le logiciel détecte l’allumage/l’extinction de l’appareil même lorsque vous passez directement par la télécommande ! Cela vous permet d’utiliser la télécommande et/ou Domoticz !

 

Gérer le planning de votre appareil

C’est une fonction très utile, elle permet de planifier le fonctionnement d’un appareil. Par exemple ci-dessous, je planifie l’allumage de la machine à café à 7h en semaine et 9h le weekend, avec une extinction prévue à chaque fois 30minutes après le départ.
L'écran "Timer" de mon appareil de test : c'est ici que l'on gère le planning de déclenchement de l'appreil

L’écran « Timer » de mon appareil de test : c’est ici que l’on gère le planning de déclenchement de l’appreil

 

C’est tout… pour le moment :)

L’article du jour touche à sa fin, je suis sûr que déjà plein d’idées vous viennent à l’esprit sur ce que vous pourriez automatiser. Pouvoir avoir la main sur tout cela au quotidien permet un gain de confort et de sérenité ! Pour ma part, j’ai donc utilisé ce procédé pour mon chauffe-eau, les lampadaires de mon salon et ma fameuse prise anti-moustiques !
A bientôt pour la suite, et n’oubliez pas que vous pouvez consulter les autres articles de cette série si besoin !

Cet article fait partie de la série Domotique (18 articles au total)

Nous y voilà. Il est temps de poser les premières briques du système.

Pour avoir en tête le contexte : j’ai 25 ans, et comme beaucoup de gens de mon âge je suis locataire. En l’occurrence, j’occupe un T2 de 45m² dans le centre ville de Bordeaux. L’appart a été entièrement rénové (eau/électricité/isolation) en 2011, l’immeuble lui, est plus ancien (XVIIIème). Tout fonctionne en électrique (chauffage, chauffe-eau, etc…).

Quelle technologie choisir ?

Du sans-fils me paraissait évident avec mes contraintes… Le problème c’est qu’en domotique, des protocoles sans-fils il y en a un paquet ! Après pas mal de recherches, plutôt que de partir sur une solution clés en main (souvent onéreuse), j’ai décidé de partir sur des modules radio fonctionnant sur la fréquence de 433Mhz.

Pourquoi ces modules ?
  • Ils sont peu chers (entre 10 et 25€ pièce)
  • Ils sont trouvables partout (sur internet mais aussi chez Castorama, Leroy Merlin… même à la FNAC !)
  • Ils ne sont pas fabriqués par une seule et unique marque (pour éviter de se retrouver prisonnier d’un système)
  • Ils sont bien connus de la communauté DIY et facilement interfaçables avec un PC

Ceux qui connaissent le marché savent qu’il existe plus performant, plus fiable… mais c’est (beaucoup) plus cher !

 

Comment piloter tout ça ?

 

La partie matérielle

Si la plupart de ces modules sont utilisables indépendamment (par exemple en associant un interrupteur sans fil à une prise télécommandée), ils ne révéleront leur plein potentiel qu’utilisés dans un système centralisé ! Il est donc important de bien choisir l’appareil qui occupera le coeur du système, la tour de contrôle de la maison. Dans mon cas, j’ai choisi d’utiliser un RaspberryPi, cet ordinateur low-cost de la taille d’une carte bleue. Plusieurs raisons à cela :

  • L’évolutivité du système (c’est un ordinateur complet, avec un linux standard, on n’est pas restreint à un appareil propriétaire)
  • La faible consommation : 3Watts (c’est important car il restera allumé 24h/24)
  • Le faible coût (35€ l’ordinateur complet) !
  • Le silence (aucune pièce mécanique !)
  • Le faible encombrement (il tient dans la main ! le mien loge dans mon placard électrique)
Voici donc l’heure des premières dépenses…

Le lien domotique / informatique

Un ordinateur c’est bien beau, mais ça ne dit pas comment il va communiquer avec les modules domotiques qui eux, rappelez-vous, communiquent via ondes radio. En fait il va nous falloir un périphérique pour pouvoir capter et émettre ces ondes. C’est le rôle d’un outil barbare que j’ai choisi : le RfxTrx433 de chez RFXCom (ça fait pas rêver comme nom ? Noter qu’il existe également une version « RfxTrx433E » capable de gérer en plus le matériel Somfy). Cet outil a une bonne communauté, est supporté par pas mal de logiciels (dont plusieurs open-source) et surtout il est capable de communiquer avec une pléthore d’appareils ! Là où ça coince un peu : le prix, 95€. Je comprends que cela en fasse tiquer plus d’un, notamment quand on sait la valeur des composants qui composent cet appareil… Néanmoins ce que l’on paie ici c’est avant tout le suivi de Bert, le Papa du RFXCom, qui met à jour plusieurs fois par mois cet appareil pour qu’il sache dialoguer avec toujours plus de périphériques.

La partie logicielle

Pour le moment, on a donc un RaspberryPi avec ses accessoires, et un RFXCom. Il va falloir insuffler un peu de magie dans tout ça (comprendre : trouver un logiciel capable de tirer partie de ces outils). Chacun verra ici midi à sa porte. Je n’ai pas la prétention d’avoir la science infuse, mais pour mes besoins, j’ai trouvé une petite perle qui, je pense, en satisfera plus d’un : Domoticz.

Domoticz est un projet jeune mais tout à fait fonctionnel qui nous vient de Hollande. Il supporte le RFXCom et offre une interface web pour interagir avec différents équipements. Le développement est très actif et son créateur, Rob, est à l’écoute des suggestions des utilisateurs. Domoticz est gratuit et open-source. Pour ceux qui sont intéressés par la technique, le soft est bâti sur un socle de services en C++, interrogé via une interface en JS et HTML5. A l’utilisation il est très rapide, ce qui est parfait pour une petite machine comme le RaspberryPi.

Je vous mets quelques captures d’écrans pour que vous vous fassiez une idée de l’interface (cliquez pour agrandir).

dashboard

L’écran d’accueil de l’application

  lights

L’écran de gestion des actionneurs (éclairage, chauffage, chauffe-eau…)

temperatures

Le détail d’un module de température et humidité.

 

Pour installer domoticz sur votre RaspberryPi, je pourrais vous écrire un long tuto mais ce serait ignorer l’excellent article de touteladomotique qui détaille étape par étape la procédure d’installation de domoticz. Notez que ce tuto suppose que vous utilisiez le système officiel de la fondation RaspberryPi : Raspbian (un système linux (debian) optimisé pour le RaspberryPi). Vous trouverez un tuto d’installation de Raspbian que vous soyez  sous Windows, Mac ou Linux en suivant ce lien.

Conclusion

Si vous êtes arrivés jusqu’ici, vous voilà donc en possession de la base d’un réseau domotique. Vous avez fait le plus dur ! Ce système reste évolutif et vous ne dépendez de personne :) C’est déjà pas mal non ? Niveau coût, on est à environ 150€, pour un système… qui ne fait rien ! Mais rassurez-vous, c’est de loin la plus grosse dépense et à partir de maintenant, chaque euro dépensé amènera de la valeur ajoutée à votre système ! Cette approche m’a permis de construire le mien petit à petit en fonction de mes envies… et de mes rentrées d’argent :D

Ainsi se termine cette première partie. A bientôt pour la suite ! D’ailleurs, n’hésitez pas à me dire quelle partie vous intéresserait le plus dans les commentaires (Chauffage ? Eclairage ? What else ?) !