Comment réparer (presque) tout et n’importe quoi

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Il y a des gens pour qui le « DIY » consiste à élaborer des recettes de cuisine ou construire des meubles en palettes. Même si ces activités me parlent, ce que je préfère, c’est comprendre comment les appareils qui m’entourent fonctionnent et quand ils sont en panne, les réparer. Dans mon entourage, je croise pas mal de personnes qui pensent qu’il faut des compétences folles pour arriver à faire repartir des objets électr(on)iques modernes, mais je vais vous montrer que ça n’est pas le cas !

Aujourd’hui j’ai décidé de partir d’un cas pratique, un vidéoprojecteur en panne, et de lister les grandes étapes qui m’ont permis de le réparer ! J’ai choisi ce cobaye pour écrire cet article car avant de m’atteler à la tâche je n’y connaissais rien aux vidéoprojecteurs en général, et celui-ci était destiné à la benne par son propriétaire.

Si aujourd’hui on parle vidéoprojecteur, sachez que les mêmes étapes sont applicables pour de nombreux types d’appareil et que vos meilleurs outils pour arriver à relancer votre machine seront votre patience et sens de l’observation !

Le malade et les symptômes du mal

Le patient du jour est un vidéoprojecteur Acer H5360. Un modèle de salon sorti en 2011 et qui s’est bien vendu cette année là. 4 ans plus tard, celui-ci fait des siennes et refuse de démarrer, le rendant inutilisable. Voyons ce que l’on peut faire !

Mon patient du jour, le vidéoprojecteur Acer H5360

Examen extérieur

Cela peut sembler bête, mais un examen extérieur de la machine est la première chose à faire et peut vous en dire long. Un morceau de plastique cassé vous mettra sur la piste d’un impact, tandis qu’une zone brunie pourra révéler le stigmate d’une surchauffe de l’appareil. Dans mon cas, je ne relève rien d’anormal ! Je passe donc à la suite.

Allumage et observation

Je branche le câble d’alimentation presse le bouton « power » et observe : plusieurs voyants clignotent, j’entends un ventilateur qui démarre, c’est bon signe : l’alimentation fonctionne (c’est pourtant un organe qui peut facilement être défectueux, comme j’ai pu le constater par le passé).

Devant moi, j’ai l’impression que l’appareil « essaie » de démarrer plusieurs fois (une diode bleue clignote sans arrêt), avant d’abandonner (et là un double clignotement bleu alterne avec un clignotement rouge, plus long). Au milieu des clignotements de leds et du souffle du ventilateur, je perçois néanmoins un grésillement irrégulier qui va de paire avec des flashs lumineux derrière la grille de ventilation. Peut-être le début d’une piste.

Examen intérieur

Ce bruit accompagné de flash m’intrigue. Histoire de voir si un élément défaillant ne serait pas à l’origine de ces comportement, je décide d’ouvrir le vidéoprojecteur (éteint!). Un tournevis suffit, et quelques tours de poignet plus tard j’ai accès aux entrailles de l’appareil. Je vérifie les connexions des nappes, cherche des condensateurs malades, au final je ne vois rien d’anormal. J’allume donc l’appareil, toujours ouvert (attention danger, les précautions habituelles s’appliquent si vous ne souhaitez pas vous blesser, vous ou votre appareil), et là je constate que les grésillements et les flashs ont la même origine : une cage isolée de l’appareil (où, je le découvrirai plus tard, est enfermée la lampe du vidéoprojecteur).

Read The Fucking Manual

Par acquis de conscience, je télécharge le manuel de l’appareil et me rends directement à la section « Dépannage ». Cette partie du manuel n’est pas toujours d’une grande aide, mais aujourd’hui j’ai de la chance : au milieu des conseils de base je trouve un tableau qui donne le sens des différents clignotements des diodes de l’appareil.

Un extrait du manuel avec les 2 zones qui m'ont aidé

Un extrait du manuel avec les 2 zones qui m’ont aidé

Ici 2 lignes attirent mon attention car elles semblent correspondre au comportement que j’ai face à moi :
D’après le tableau (1) le clignotement rapide de la diode bleue indique une « Nouvelle tentative lampe ».

Quant à la deuxième zone qui m’intéresse (2), il semblerait que l’alternance de la diode bleue clignotante avec la diode rouge fixe puisse correspondre à 2 symptômes différents : panne de la lampe ou panne de « la roue de couleur ».

Là clairement, les choses se précisent !

Lampe ou « roue de couleur » ?

Je le rappelle, je ne connais pas les vidéoprojecteurs, et si j’arrive à visualiser quelle peut-être l’utilité de la lampe, je n’ai aucune idée de celle d’une « roue de couleur », ni à quoi ça sert… En fait, quelques minutes de recherche sur wikipedia m’apprendront qu’un vidéoprojecteur contient notamment une lampe (ok), et une « roue chromatique » ! Comme quoi il faut se méfier de la traduction !

A ce moment l’appareil est toujours ouvert devant moi. Je repère donc la fameuse roue chromatique et relance la machine, ça tourne ! Concernant la lampe, elle continue de grésiller et flasher. Toujours en me référant au manuel, je démonte la lampe et effectivement, celle-ci semble mal en point !

La lampe HS (à droite) à côté d'une lampe neuve (à gauche). Tu vois ce qui cloche ?

La lampe HS (à droite) à côté d’une lampe neuve (à gauche). Tu vois ce qui cloche ?

Savoir identifier précisément l’élément à remplacer.

J’ai toujours entendu dire « quand tu dois changer la lampe d’un vidéoprojecteur, c’est souvent plus rentable de remplacer complètement l’appareil »… Et j’ai compris pourquoi ! La lampe de mon vidéoprojecteur est enfermée dans un châssis ultra spécifique. Bien entendu, pour remplacer le bloc complet (chassis + lampe), je trouve des prix tournant autour des 250€. Pour un appareil qui aujourd’hui doit coûter dans les 400€, ça fait cher la pièce !

Mais mon châssis, il est impeccable ! Pourquoi ne pas changer que la lampe à l’intérieur ? Je démonte donc le chassis et relève donc les références au dos de la lampe : OSRAM P-VIP 200/0.8 E20.8, une pièce vendue entre 65 et 80€.

De 250 à 65€, il n'y a qu'un pas... ou qu'un châssis... enfin bref t'as compris :)

De 250 à 65€, il n’y a qu’un pas… ou qu’un châssis… enfin bref t’as compris :)

Trouver la pièce de rechange

Dans le cas du vidéoprojecteur, rien de plus simple : j’ai trouvé en 5 minutes une petite dizaine de sites capables de me vendre cette référence de lampe, mais ça n’est pas toujours si simple… Je me souviens notamment d’une bouilloire dont la pièce HS n’était vendue… que par paquet de 1000. Rageant pour une pièce vendue à l’époque 17 centimes !

Dans mon cas j’opte pour Amazon.fr, capable de me fournir la lampe rapidement, et dont la politique de retour me met en confiance (ben oui, parce que 65€, c’est quand même pas rien non plus !).

Remonter et tester !

Quelques jours plus tard, la lampe est reçue, et je passe un petit quart d’heure à tout réassembler. Je branche et… tadaaaa :

Il est vivant !

Il est vivant !

Bilan de la réparation

Quelques jours ont passé depuis et le vidéoprojecteur fonctionne bien ! J’avoue que j’ai pas mal hésité à commander la pièce : dépenser 65€ sans être assuré de réussir, je reconnais l’avoir fait un peu par défi ! Concernant la réparation, niveau matériel je n’ai utilisé qu’un jeu de tournevis et 2 bonnes heures de mon temps pour faire le diagnostic et les recherches associées : rien d’insurmontable non plus… Comme quoi votre prochaine réparation n’est forcément hors de portée !

Si vous n’avez pas de jeu de tournevis universel, je vous en recommande d’investir dans un kit de qualité raisonnable comme celui de chez iFixit, vous ne le regretterez pas !

Pour vous prouver que les appareils réparables ne sont pas si rares voici quelques machines sauvées par mes soins :

  • Une timecapsule Apple (2 condensateurs HS, réparée avec des condensateurs récupérés sur une vieille carte mère destinée à la décharge. coût de la réparation : 0€)
  • Une Xbox360 (problème de connexion électrique, réparée avec des patins pour meuble et du scotch double face ! coût de la réparation : 4,5€)
  • Une radio sony (le haut parleur était HS, réparé avec un haut parleur récupéré. coût de la réparation : 0€)
  • Notre fameux vidéoprojecteur (lampe HS, coût de la réparation : 65€)

Et parce qu’il y a aussi des fins moins heureuses, j’ai dû baisser les bras pour :

  • Une TV LCD Sony 46 pouces dont la dalle LCD était HS (pièce introuvable ou hors de prix)
  • Ma bouilloire à température réglable (pièce HS au coût ridicule vendue uniquement aux grossistes)

5 commentaires

  1. Bjr, superbe article. Je vais aussi ouvrir le mien, même référence. Après un orage, impossible d’afficher image en HDMI? Savez&vous comment tester le port HDMI? Je n’ai aucune autre entre vidéo a dispose, que du HDMI.
    Merci pour votre retour.

  2. Merci pour cet article. Ça m’encourage à ne pas baisser les bras au regard de la qualité avec laquelle les dépannages et réparations sont effectuées ici au Cameroun. Avec cette connaissance ci j’ai l’assurance que je pourrais apporter toute la qualité et le professionnalisme que j’ai toujours désiré voir chez les techniciens réparateurs.
    Merci infiniment.

  3. Bonjour,
    En lisant votre blog, cela fait vraiment envie d’avoir des compétences en élec et tout le reste. Avez-vous des livres à conseiller pour (ré)apprendre les bases ?
    Merci

  4. Bonsoir
    Comment avez vous fait pour enlever le capot du vidéoprojecteur ? J’ai un problème de ventilateur sur le même modèle et je n’ose pas forcer pour l’ouvrir.
    Par avance merci

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